Théorie de l’attachement : pourquoi mon enfant embête que moi parmi tout le monde ?

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© Photo : Istock

Est-ce qu’il vous fait une « scène » quand vous sortez de l’école, au milieu du magasin, ou quand vous sortez de la baignoire ? C’est normal et bon ! Marie-José Sibille, psychothérapeute et auteur de Adopter sa famille*, explique pourquoi ces réponses sont saines.

« Je ne comprends pas, il est parfait avec nous ! » et « Dès qu’il est avec vous, il est diabolique ! ». Vous avez tous entendu cette réflexion d’un côté ou de l’autre, qu’elle vienne de la nounou, des parents ou des amis. Même si cela vous fait frémir, vous vous demandez s’ils n’ont pas raison. Pourquoi votre enfant se comporte-t-il de manière inappropriée envers vous alors qu’il ne le ferait pas envers les autres ? Tout simplement parce qu’il a une confiance totale en vous. C’est ce que démontre la théorie de l’attachement, selon Marie-José Sibille. Souriez donc, c’est une excellente nouvelle si votre enfant se met à faire des siennes dès qu’il rentre de l’école.

Qu’est-ce que la théorie de l’attachement ?

Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste, a proposé au XXe siècle plusieurs hypothèses applicables à l’homme après avoir étudié les animaux.

Il a pu déterminer que les oisons réagissaient de la même manière à tout objet en mouvement qu’ils voyaient dès leur naissance, qu’il s’agisse de leur mère ou non, en étudiant leur comportement et leur tendance à suivre leur mère de manière répétée.

Il a donc développé la théorie de l’empreinte, selon laquelle l’impression initiale que nous avons d’un être à la naissance détermine si nous penserons ou non que cette créature est capable de satisfaire toutes nos exigences.

Il s’agit d’une réaction de sécurité fondamentale. Plus tard, John Bowlby a décrit la théorie de l’attachement, qui met l’accent sur le fait qu’un enfant s’accroche principalement à une figure d’attachement – typiquement la mère – qui sera la personne de référence de l’enfant en cas de besoin, de peur ou de détresse émotionnelle et vers laquelle l’enfant se tourne pour contrôler ses angoisses et ses peines.

L’enfant peut identifier des figures d’attachement secondaires, telles que les pères et les maris, qui peuvent répondre à ses besoins avec suffisamment d’empathie et de chaleur. Il y a toujours une figure d’attachement primaire, mais l’enfant peut aussi reconnaître d’autres figures d’attachement.

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Il agit ainsi parce qu’il se sent en sécurité avec vous.

Les enfants peuvent baisser leur garde dans le cercle familial. Pour que le cerveau se développe correctement, le stress et les émotions doivent être contrôlés. Cependant, les jeunes n’ont pas la capacité d’autoréguler leurs émotions comme les adultes, qui le font, et n’acquièrent cette capacité qu’à l’approche de la puberté.

En raison du lien de confiance qu’ils créent, la régulation est donc effectuée par les parents. Les enfants ne se permettent donc pas d’exprimer leur tension ou leur frustration aux autres. Ils ne le font qu’avec les parents car ils sont persuadés que seuls ces derniers peuvent les comprendre et les soutenir. Le conseiller dit : « Vos enfants se libèrent avec vous et pas avec les autres parce qu’ils savent qu’ils peuvent le faire en toute sécurité. Ce n’est ni un test ni même un avertissement de leur part.

Il s’agit plutôt d’une réaction vraiment saine. S’il est vrai que les enfants n’agissent pas forcément de la sorte avec les grands-parents ou la nounou, c’est naturel. S’ils le font, cela signifie qu’ils ont confiance en votre capacité à résoudre leurs problèmes. D’un autre côté, certains enfants ne le font tout simplement pas, ce qui peut indiquer une faiblesse émotionnelle, voire un abus ou un traumatisme.

Acceptez la fureur et prenez distance

Bien sûr, nous ne pouvons pas toujours réagir de la meilleure façon, et avoir la réponse idéale dans chaque situation n’est pas quelque chose qui nous vient naturellement.

En réalité, nous nous comportons souvent de la manière dont nous avons été élevés. Pour cette raison, certains parents peuvent avoir besoin de se concentrer sur leur enfant intérieur pour se débarrasser de certaines méthodes d’adaptation malsaines.

Les parents doivent reconnaître que ces crises de colère ne sont pas entièrement dirigées contre eux, même lorsqu’ils pensent être concernés, afin de répondre à leur enfant d’une manière adaptée.

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Le conseiller conseille également aux parents de ne pas intervenir lorsque leurs enfants expriment leur stress, leur mécontentement ou leur rage avant l’adolescence. Un jeune a le droit de ressentir n’importe quelle émotion, aucune n’est indésirable.

Lorsqu’un jeune semble faire une crise de colère après l’école, il est en fait stressé parce qu’il n’a pas d’exutoire approprié pour ses émotions refoulées. La clé est de ne pas le laisser seul dans une situation éprouvante et d’essayer de comprendre sa réaction sans s’engager émotionnellement dans ce qui l’a mis en colère.

La réaction appropriée

Vous pouvez vous sentir impuissant si votre enfant est stressé, en colère ou contrarié. Utilisez ces suggestions pour gérer son énergie aussi efficacement que possible. Approchez-le d’un point de vue bas, prenez-le par les épaules et dites-lui gentiment : « Je vois que ça ne va pas, je comprends ». Marie-José Sibille propose : « Est-ce que tu veux en parler ?

Il arrive fréquemment qu’ils se calment après cette réponse facile. Si vous êtes trop en colère pour répondre de cette manière, dites simplement que vous vous occuperez de la question plus tard, lorsque vous serez plus calme, car vous ne pouvez pas le faire pour le moment.

De cette manière, les cris ne vont pas aller crescendo. Nous devons modifier nos comportements pour qu’ils correspondent à nos sentiments et à nos paroles dans le lien d’attachement si nous voulons nous sentir en sécurité.

La congruence est le nom de la caractéristique clé que les parents doivent favoriser chez leurs enfants. Par conséquent, résistez à l’envie de crier sur votre enfant lorsqu’il commence à hurler et à vous taper sur les nerfs.

Il se souviendra de vos actions et de votre comportement plus que de vos paroles, en fait. Mais si vous gardez constamment vos distances, même lorsque vous êtes en colère, vous êtes certain d’atteindre le plus haut niveau de tranquillité. Une méthode formidable pour favoriser le développement de votre enfant.

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