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Mon enfant affirme qu’il ne m’aime plus quand je le gronde, que faire?

Si vous êtes parent, vous avez sûrement déjà vécu ces moments où votre enfant se met en colère. C’est normal, mais parfois cela peut être difficile à gérer. Voici quelques astuces pour faire face à ces situations délicates.

Parfois, nos enfants nous surprennent avec des mots comme « Je ne t’aime plus, tu n’es plus ma maman ! ». Leur colère peut venir de différentes sources : frustration, besoin d’attention, ou même simple refus. Il est important de comprendre que les cris et les pleurs sont leur manière de communiquer, de partager leurs émotions et leurs sentiments. Même si cela peut être difficile à entendre pour nous, en tant que parents, ces réactions ne reflètent pas nécessairement la réalité, mais plutôt un besoin de s’exprimer.

Pourquoi mon enfant dit qu’il ne m’aime plus ?

Dès l’âge de 18 mois, les enfants commencent à exprimer leur refus, même s’ils ne peuvent pas encore le verbaliser. À cet âge, dire non équivaut à dire ‘je’.

« Entre 5 et 6 ans, les enfants peuvent se sentir tout-puissants, pensant qu’ils peuvent tout faire et tout avoir. C’est une phase normale de développement. Cependant, lorsque les adultes fixent des limites, cela peut perturber leur vision du monde.

Il est également courant pour les enfants d’utiliser la colère et le refus comme moyen de communication. Certains enfants semblent plus enclins à s’opposer à leurs parents, ce qui peut être lié à des troubles comme le trouble oppositionnel avec provocation, également appelé ‘TOP’.

Les enfants touchés par ce trouble peuvent être rebelles, difficiles, désobéissants et irritables. Il est important de noter que ce trouble ne doit pas être confondu avec un trouble des conduites. Les enfants atteints d’un trouble des conduites agissent sans conscience et violent les droits des autres, contrairement au « TOP ». Il est crucial de comprendre que le trouble oppositionnel avec provocation n’est pas une pathologie en soi, mais plutôt le résultat d’un environnement familial ou parental peu structuré pour l’enfant. Ce dernier se sent souvent envahi par un sentiment de toute-puissance et incapable de gérer la frustration.

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Certains signes peuvent indiquer que votre enfant souffre de ce trouble. Il peut souvent se disputer avec des adultes, voire provoquer délibérément des conflits, et il peut également faire preuve de colère fréquente. De plus, il peut nourrir des rancœurs en réaction à des disputes ou à des reproches. Si vous remarquez ces comportements chez votre enfant, consulter un psychologue pour une thérapie peut être utile. Que vous soyez parent ou enseignant, apprendre des techniques comportementales peut également améliorer votre relation avec un enfant souffrant du « TOP ».

Que faire en réponse à ce propos ?

« Comment est-il possible que mon enfant ne m’aime plus, alors que je lui donne tout ? » se demande souvent tout parent, pour qui son petit garçon ou sa petite fille devient la priorité absolue. On les élève avec amour et dévouement, on les nourrit, on les abrite, on leur offre tout ce qu’ils ont besoin pour un avenir radieux. Cependant, selon la psychomotricienne, « le défi des parents est d’accepter que l’amour de l’enfant ne soit pas toujours acquis, et de supporter les critiques et les mots blessants, même si c’est douloureux ». Elle analyse également que « demander à un enfant de combler un vide narcissique chez l’adulte n’est pas sain et peut devenir pathologique ».

Pour faire face à ces situations, il est important pour les parents d’accepter d’être confrontés à la colère de leur enfant et de ne pas réagir de manière négative. Selon Anne Gatecel, « reconnaître et accepter la colère de l’enfant en lui montrant de l’empathie est une solution efficace ». Par exemple, leur dire « D’accord, je t’aime toujours autant. Je comprends que tu sois en colère parce que je n’ai pas pu dire oui à ce que tu voulais. Mais si je te disais oui, je serais une mauvaise maman et ce ne serait pas bon pour toi. Je dois faire ce qui est juste en tant que parent. »

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Il est également essentiel de se rappeler que les paroles blessantes d’un enfant sous le coup de la colère ne reflètent pas nécessairement ses véritables sentiments. La spécialiste conseille de rester calme et d’expliquer calmement pourquoi vous agissez de la sorte pour rassurer l’enfant et lui montrer que vous contrôlez la situation.

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Pourquoi est-il important de dire non à mon enfant ?

« Comme le disait le psychanalyste français Jacques Lacan, ‘Le manque et l’absence structurent tout être humain’. » souligne Anne Gatecel. Elle insiste sur le fait que dire « non » à son enfant est bénéfique pour son développement. Bien que la bienveillance soit recommandée en réponse aux colères de votre enfant, il est important de faire preuve d’autorité pour prévenir ou désamorcer les crises.

Aujourd’hui, les relations entre parents et enfants sont souvent basées sur le sentiment plutôt que sur l’autorité. Cependant, Anne Gatecel met en garde contre la confusion entre autorité et autoritarisme. « L’autoritarisme consiste à imposer les décisions du parent à l’enfant sans lui laisser de choix. L’autorité, quant à elle, consiste à écouter l’enfant tout en lui expliquant pourquoi il est important de dire ‘non’. »

La vie est pleine d’obstacles que les enfants doivent apprendre à affronter. Éviter toute frustration peut avoir des conséquences négatives à court terme, notamment sur leur réussite scolaire. Selon la psychologue, « Si un enfant n’a jamais fait face à la frustration et que tout lui a été permis, il aura du mal à faire face aux défis de l’école. Cela pourrait être une rude épreuve pour lui. »

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@Anne Gatecel, psychologue et psychomotricienne

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