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Sylvie, 67 ans, aide-soignante à la retraite : « Ma pension est de 1 790 euros par mois, mais cela ne me semble pas juste compte tenu de la difficulté du travail »

Pendant près de 25 ans, Sylvie a accompagné des patients à toutes les étapes de la vie, de la néonatologie jusqu’aux soins en Ehpad. Aujourd’hui âgée de 67 ans, cette ancienne aide-soignante perçoit une pension de retraite de 1 790 euros bruts par mois. Un montant qu’elle juge difficile à accepter après autant d’années passées dans un métier exigeant, aussi bien physiquement que mentalement.

Sylvie a consacré près d’un quart de siècle au métier d’aide-soignante. À la retraite, elle touche désormais 1 790 euros bruts par mois, soit environ 1 625 euros nets. Avant de quitter définitivement les services hospitaliers, son dernier salaire dans un Ehpad public atteignait environ 2 300 euros bruts, soit près de 1 900 euros nets.

La différence n’est pas spectaculaire sur le papier, mais elle prend une autre dimension lorsque l’on considère les contraintes accumulées durant toute une carrière. Sylvie résume d’ailleurs son sentiment très simplement : « Ma pension est de 1 790 euros par mois. Mais cela ne me semble pas juste compte tenu de la difficulté du travail. »

Elle a pris sa retraite en octobre 2020, à l’âge de 62 ans, avec une pension à taux plein. Au fil de sa carrière, elle avait cotisé auprès de plusieurs régimes, notamment la CNRACL pour ses années dans la fonction publique hospitalière, ainsi que l’Agirc-Arrco pour certaines périodes effectuées dans le secteur privé.

Son parcours soulève ainsi une question familière pour de nombreux professionnels du soin : comment un métier reconnu comme pénible peut-il aboutir à une retraite ressentie comme une perte importante de niveau de vie ?

Une vie d’aide-soignante entre hôpitaux, Ehpad et néonatologie

Sylvie débute sa carrière dans les années 1990 et multiplie ensuite les expériences dans plusieurs établissements de l’Ouest de la France, comme le rappelle le média El Blog Salmón. Le Mans, Laval, Angers, Rennes, maisons de retraite médicalisées : son parcours professionnel évolue au rythme des mutations et de sa vie familiale.

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Mais quel que soit l’établissement, le quotidien reste exigeant. Une aide-soignante en hôpital ou en Ehpad accompagne les patients dans les gestes les plus essentiels : toilette, habillage, repas, déplacements, installation au lit, soins de confort ou encore surveillance de l’état général. Elle travaille également en lien étroit avec les infirmiers, les médecins et le reste de l’équipe soignante.

Durant trois années, Sylvie exerce également en néonatologie auprès de bébés prématurés. Une expérience particulièrement intense, où chaque geste demande précision et attention. À la fragilité des nourrissons s’ajoute l’accompagnement des parents, souvent confrontés à l’inquiétude et à l’incertitude.

En fin de carrière, elle rejoint un Ehpad public. Les journées y sont rythmées par les toilettes, les levers, les repas, les couchers et parfois l’accompagnement des résidents en fin de vie. Avec des équipes qui peuvent être réduites, la charge physique et émotionnelle devient particulièrement lourde.

Après des années consacrées aux autres, Sylvie explique avoir choisi la retraite pour « prendre enfin soin d’elle-même ». Une décision presque symbolique après une carrière passée à porter, rassurer et accompagner des personnes dépendantes.

Combien touche une aide-soignante à la retraite : où se situe Sylvie ?

Le montant de la retraite d’une aide-soignante dépend de plusieurs éléments : durée de carrière, statut public ou privé, nombre de trimestres validés, échelon atteint et rémunération indiciaire en fin de parcours.

Pour une aide-soignante de la fonction publique hospitalière ayant effectué une carrière complète, la pension nette se situe fréquemment entre 1 200 et 1 750 euros par mois. Elle correspond généralement à environ 65 à 75 % du dernier traitement indiciaire, c’est-à-dire le salaire de base utilisé pour le calcul de la retraite, sans intégrer la majorité des primes.

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À titre indicatif, un traitement indiciaire proche de 2 038 euros bruts en fin de carrière peut conduire à une pension avoisinant 1 529 euros bruts. Pour les agents ayant atteint les échelons les plus élevés, la pension peut approcher 1 900 à 2 000 euros bruts mensuels.

Avec ses 1 790 euros bruts de retraite, Sylvie se situe donc plutôt dans la partie haute de la fourchette. Pourtant, cette comparaison ne raconte pas toute l’histoire. Son salaire lorsqu’elle travaillait comprenait également des primes liées aux week-ends, aux nuits, aux jours fériés ou encore une prime de service.

Or ces compléments de rémunération ne sont pas intégrés de la même manière dans le calcul de la pension principale versée par la CNRACL. La retraite de base repose essentiellement sur le traitement indiciaire des six derniers mois.

Les primes peuvent ouvrir des droits à la Retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), mais le montant obtenu reste généralement limité par rapport au revenu qu’elles représentaient pendant la vie active. C’est précisément ce mécanisme qui explique pourquoi le niveau de vie peut diminuer sensiblement au moment du départ en retraite.

Dans le cas de Sylvie, le passage d’environ 2 300 euros bruts de salaire à 1 790 euros bruts de pension représente ainsi une baisse proche de 22 % du revenu brut mensuel.

Aide-soignante : un métier pénible encore imparfaitement reconnu en France

Dans la fonction publique hospitalière, certaines fonctions d’aide-soignante relèvent de la catégorie active. Ce classement reconnaît officiellement les contraintes et la pénibilité du métier et peut permettre, sous certaines conditions de durée de services, un départ à la retraite plus tôt que pour d’autres agents publics.

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Une bonification appelée « majoration du dixième » peut également augmenter la durée d’assurance retenue pour le calcul des droits. Ces mécanismes permettent notamment de limiter une éventuelle décote ou d’avancer l’âge auquel un départ devient possible.

Ils ne compensent toutefois pas directement toutes les conséquences financières liées à une carrière difficile.

Car le quotidien d’une aide-soignante reste particulièrement éprouvant. Les professionnels sont exposés aux troubles musculo-squelettiques liés aux transferts de patients, au travail debout, aux gestes répétitifs et aux manutentions. À cela s’ajoutent les horaires décalés, le travail de nuit, les week-ends, les risques infectieux et une importante charge émotionnelle.

Accompagner régulièrement la dépendance, la maladie ou la fin de vie laisse aussi des traces qui sont plus difficiles à mesurer qu’une simple durée de cotisation.

Le parcours de Sylvie met donc en lumière un paradoxe : la pénibilité du métier est reconnue par certains dispositifs de départ anticipé, mais elle reste beaucoup moins visible dans le montant final de la pension. Pour les soignantes concernées, cette différence nourrit un sentiment d’injustice : après avoir consacré leur carrière à prendre soin des autres, beaucoup espèrent que cette usure professionnelle sera davantage prise en compte au moment de leur propre retraite.

En bref

  • Sylvie perçoit 1 790 euros bruts de retraite après près de 25 ans comme aide-soignante.
  • Sa pension se situe plutôt dans le haut de la fourchette, mais la disparition de nombreuses primes réduit nettement son revenu.
  • Son parcours relance le débat sur la reconnaissance de la pénibilité des aides-soignantes à la retraite.

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