À l’approche de la rentrée scolaire, une inquiétude revient dans de nombreux foyers : celle du budget. Entre les fournitures, les vêtements, la cantine et les activités extrascolaires, certaines familles voient leurs dépenses grimper rapidement. Plusieurs parents racontent comment ils tentent de faire face à cette période devenue particulièrement coûteuse.
Lorsque septembre se rapproche, le même rituel recommence pour des millions de parents. Les rayons des supermarchés, papeteries et librairies se remplissent de familles venues acheter les fournitures scolaires indispensables pour la nouvelle année : cahiers, classeurs, stylos, trousses ou encore matériel de géométrie. Mais ces achats ne représentent finalement qu’une partie du coût de la rentrée scolaire.
À cette première liste viennent en effet s’ajouter les vêtements devenus trop petits pendant l’été, les chaussures, les frais de cantine, la garderie, les transports ou encore les inscriptions aux activités sportives et culturelles. Mis bout à bout, tous ces postes peuvent représenter une somme importante pour le budget des familles, particulièrement lorsque plusieurs enfants sont scolarisés.
Avec la hausse générale du coût de la vie, ces dépenses de rentrée sont devenues encore plus difficiles à absorber. De nombreux parents cherchent désormais les promotions plusieurs semaines à l’avance et réutilisent autant que possible le matériel de l’année précédente. Selon le baromètre annuel de Familles de France, le panier de fournitures scolaires atteint environ 181 euros pour l’année. Une somme qui ne tient pourtant pas compte de toutes les autres dépenses liées à la scolarité.
Le prix de la rentrée scolaire : une véritable angoisse pour les parents

Pour aider les ménages à faire face à ces frais, près de trois millions de familles en France peuvent bénéficier de l’allocation de rentrée scolaire. Cette aide, versée sous conditions de ressources, permet notamment de financer une partie des achats indispensables au retour en classe. Pour les foyers concernés, elle représente un soutien précieux à un moment où les dépenses se concentrent sur quelques semaines seulement.
Son montant est toutefois parfois jugé insuffisant face à l’ensemble des frais à régler. Surtout, toutes les familles n’y ont pas droit. Celles dont les revenus dépassent les plafonds prévus doivent alors financer seules les frais de rentrée, même lorsqu’elles disposent déjà d’un budget particulièrement serré. Résultat : certains parents comparent les prix, surveillent les promotions et anticipent leurs achats plusieurs mois à l’avance.
C’est notamment le cas de Jessica, 44 ans, interrogée par Ouest-France. Cette mère de famille explique consulter attentivement les prospectus des supermarchés afin de « repérer les meilleures offres ». Ne bénéficiant d’aucune aide financière, elle affirme devoir faire particulièrement attention à chacune de ses dépenses.
Une situation dans laquelle de nombreux foyers de la classe moyenne peuvent se reconnaître. Jessica rappelle notamment que les frais ne s’arrêtent pas au matériel scolaire : « la cantine, la garderie, l’aide aux devoirs » représentent eux aussi des sommes importantes au fil des mois. Des dépenses parfois difficiles à réduire puisqu’elles sont directement liées à l’organisation quotidienne de la famille et à la scolarité des enfants.
Sacrifier les loisirs en famille pour le sport
Face à ces dépenses, certaines familles sont contraintes de faire des choix. Jessica et son mari ont par exemple préféré renoncer à un voyage en famille afin que leur fille puisse continuer à pratiquer le sport qui lui plaît : le patinage sur glace. L’activité représente un budget d’environ 500 euros, mais le couple considère cette dépense comme prioritaire.
« Nous préférons qu’elle fasse du sport plutôt qu’être collée aux écrans », explique la mère de famille. Pourtant, Jessica et son conjoint gagnent ensemble environ 6 700 euros nets par mois. Un niveau de revenus qui pourrait sembler confortable, mais qui ne les empêche pas de devoir arbitrer entre plusieurs projets lorsque s’accumulent les dépenses liées aux enfants et au quotidien.
Jessica souligne également une évolution concernant le calcul de certains tarifs. « Avant, les tarifs étaient basés sur le quotient familial, maintenant, très souvent, on nous demande juste notre feuille d’impôt », raconte-t-elle. Une situation qui peut modifier sensiblement le montant demandé aux familles pour certaines activités et réduire les possibilités de bénéficier de tarifs adaptés à leur situation.
Un autre parent, conseiller bancaire et également interrogé par Ouest-France, raconte avoir adopté une stratégie similaire. Pour préparer la rentrée de son enfant dans de bonnes conditions, il a choisi de réduire le budget consacré aux vacances afin de « mettre de l’argent de côté » en prévision des dépenses de septembre.
Pour lui, la priorité est claire : les frais liés à l’école doivent passer avant les loisirs. « On n’a pas le choix : ce sont des dépenses de première nécessité, ça passe avant tout », résume-t-il. Une phrase qui illustre les arbitrages auxquels certaines familles doivent aujourd’hui faire face, y compris lorsqu’elles disposent de revenus réguliers.
Entre fournitures scolaires, repas à la cantine, garde des enfants, vêtements et activités extrascolaires, la rentrée est donc devenue une période particulièrement sensible pour le portefeuille. Les parents tentent de préserver autant que possible le bien-être et les activités de leurs enfants, mais cela suppose parfois de renoncer à d’autres dépenses. Pour beaucoup de foyers, préparer septembre signifie désormais anticiper, comparer et surtout faire des choix.
