Pourquoi vous devez parler aux bébés prématurés

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Pourquoi vous devez parler aux bébés prématurés
© Photo : Getty Images

Catherine Vanier, psychanalyste, aide les bébés prématurés à survivre depuis plus de 20 ans par ses caresses et sa communication. Son travail avec ces nourrissons démontre l’importance de communiquer avec les enfants nés trop tôt.

Une naissance prématurée augmente la possibilité de survie de l’enfant à tout moment. Il arrive souvent que les parents perdent une grossesse idéale et se retrouvent dans un service de néonatalogie avec un bébé avec lequel ils n’ont pas toujours pu nouer un lien étroit parce que le nouveau-né devait être pris en charge immédiatement. Or, le développement d’un bébé prématuré peut être favorisé par la communication. Comment entamer ce dialogue et créer ce lien privilégié avec le prématuré ?

Ces nourrissons ont retenu l’attention particulière de la psychanalyste Catherine Vanier. Elle a travaillé pendant près de 20 ans dans le service de néonatalogie de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, en banlieue parisienne. La psychanalyste Catherine Vanier a raconté ses 20 ans d’expérience dans le livre « Naître prématuré », publié par Bayard, et décrit comment elle encourageait les parents de ces nouveau-nés prématurés à parler et à communiquer avec leurs enfants afin d’aider les bébés à vivre. Elle a volontiers accepté de répondre à nos questions.

Comment la communication verbale peut-elle favoriser le développement des bébés prématurés ?

Cathy Vanier Pour aider les prématurés à devenir des sujets à part entière, la communication verbale est essentielle. Il faut par exemple leur expliquer pourquoi ils sont dans cette couveuse et pourquoi ils ont besoin de soins. Pour elle : « La parole est cruciale. Elle aide l’enfant à réaffirmer sa volonté de grandir en le réinscrivant dans une histoire ».

Parler aux bébés prématurés, évident ou nouveau pour les parents ?

C.V. : Quand tout va bien, les parents le voient tout de suite. Face à un grand prématuré, les parents ne veulent rien faire. Les bébés trouvent cela très difficile. Certaines personnes ont du mal à tisser des liens avec leur nouveau-né et ont du mal à communiquer avec lui une fois qu’il est né, car elles ne savent pas si leur enfant va survivre ou non. Ils ont du mal à s’en occuper et ne veulent pas s’y accrocher. Dans l’unité de soins intensifs, il y a aussi tellement de règlements médicaux à suivre que certains parents ont rarement l’occasion de rendre visite à leur enfant.

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Quelles évolutions pouvons-nous observer chez le bébé prématuré à qui nous parlons ?

C.V. : Dans l’unité néonatale, la majorité des femmes que j’ai rencontrées étaient déjà des mamans. Elles avaient déjà tissé des liens avec leur enfant et étaient capables de communiquer avec lui alors qu’il était encore en elles. C’est nettement plus difficile dans le cas d’un premier-né prématuré. Parler au bébé est toujours bénéfique pour sa croissance. La vie, c’est parler au bébé ! Le contact est également très important. Se rapprocher de son nourrisson et pratiquer le contact peau à peau…

La prise en charge des nouveau-nés ont-ils évolué dans les services de néonatologie ?

C.V. : Oui, la façon dont les bébés sont soignés s’est améliorée. Le personnel communique avec le nourrisson plus fréquemment. Les bébés prématurés sont mieux traités aujourd’hui qu’il y a 20 ans, selon une étude de 2017 publiée dans le British Medical Journal, mais il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Près de 60 000 bébés sont mis au monde prématurément en France chaque année.

Référence : @Paroledemamans