Lauren Vitale, une enseignante américaine de 31 ans actuellement mère d’un nourrisson de deux mois, garde encore aujourd’hui de profondes séquelles après les événements qu’elle affirme avoir subis au sein d’un établissement scolaire de Staten Island, à New York. Alors qu’elle était enceinte de six mois au moment où son histoire a été révélée, elle dénonce plusieurs années de pressions, de harcèlement et de discrimination qui auraient finalement conduit à son licenciement après une violente agression perpétrée par l’un de ses élèves. Son témoignage, relayé par le New York Post, décrit une situation particulièrement éprouvante.
« Ce fut l’une des périodes les plus difficiles de toute ma vie », confie l’enseignante, qui estime avoir été trahie par la direction de son école. Selon elle, au lieu de recevoir le soutien attendu après les incidents qu’elle a traversés, elle aurait été progressivement isolée, surveillée et finalement écartée de son poste.
Une grossesse qui aurait déclenché un climat de discrimination
D’après la plainte déposée devant la Cour suprême de Manhattan, les difficultés auraient commencé dès son arrivée dans l’établissement en 2023. Lauren Vitale affirme que le directeur lui aurait posé, sur un ton qu’elle juge déplacé, une question concernant une éventuelle grossesse à venir. Si cette remarque lui avait semblé étrange à l’époque, elle explique qu’elle n’imaginait pas encore les conséquences qui suivraient.
La situation se serait fortement dégradée au début de l’année 2024. Après avoir signalé, avec le soutien de son syndicat, un incident impliquant un élève qui l’aurait agressée avec une tringle à rideaux, elle indique avoir été convoquée par la direction. Lors de cet entretien, le directeur l’aurait qualifiée de « lanceuse d’alerte », un épisode qui, selon elle, a marqué un véritable tournant dans ses relations avec l’administration.
Quelques mois plus tard, alors qu’elle n’était enceinte que de huit semaines, Lauren Vitale décide d’annoncer sa grossesse à une conseillère d’orientation en qui elle pensait pouvoir avoir confiance. Elle affirme cependant que cette information confidentielle aurait été immédiatement transmise à la direction. Peu après, elle raconte avoir été retenue dans sa salle de classe par le directeur afin qu’elle confirme officiellement sa grossesse. Dès lors, elle explique avoir fait l’objet d’un plan d’amélioration professionnelle, d’une surveillance renforcée et de multiples pressions qu’elle considère comme injustifiées.
« J’avais peur de perdre mon bébé »
Selon son récit, la situation aurait atteint son point critique en janvier dernier. L’administration aurait affecté dans sa classe de maternelle un élève présentant un historique de comportements particulièrement violents, sans l’en avertir au préalable.
Au cours d’une journée de classe, l’enfant lui aurait d’abord craché au visage avant de lui porter un violent coup de pied dans le ventre. Immédiatement transportée aux urgences obstétriques, Lauren Vitale explique avoir souffert de saignements, de contractions ainsi que d’une diminution des mouvements de son bébé. Une expérience qu’elle décrit comme l’un des moments les plus angoissants de sa vie.
« J’avais peur de perdre mon bébé », confie-t-elle avec émotion, évoquant la crainte permanente qui l’a accompagnée après cette agression.
Une enseignante licenciée après avoir dénoncé les faits
À son retour dans l’établissement, Lauren Vitale affirme ne pas avoir reçu le soutien espéré. Au contraire, elle explique que la direction lui aurait reproché de ne pas avoir réussi à éviter les coups portés par l’élève. Face à ces accusations, elle répond avec ironie : « Je ne suis pas Keanu Reeves, je ne peux pas esquiver une balle. »
L’enseignante accuse également son administration d’avoir modifié son rapport d’accident, de l’avoir faussement accusée de châtiments corporels, de lui avoir réduit son salaire et d’avoir refusé toute demande d’indemnisation liée à cette agression.
Une semaine seulement après le dépôt d’une nouvelle plainte avec le soutien de son syndicat, en avril, elle affirme avoir été licenciée, quelques jours avant de pouvoir obtenir sa titularisation définitive.
Lauren Vitale réclame désormais justice
Aujourd’hui, Lauren Vitale est la maman d’une petite fille âgée de deux mois, mais elle se retrouve sans emploi. Elle affirme vouloir faire reconnaître les préjudices qu’elle estime avoir subis et espère pouvoir retrouver un poste auprès des enfants, un métier qu’elle dit exercer avec passion.
« J’ai le cœur brisé. Je souhaite simplement retrouver ma place auprès des enfants. » Par cette procédure judiciaire, l’enseignante espère obtenir réparation et faire toute la lumière sur les circonstances qui ont conduit à son éviction.
Sollicitées par le New York Post, les autorités municipales de New York n’ont, à ce stade, formulé aucun commentaire concernant cette affaire.
Source : La dépêche
