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Ce rapport préconise d’interdire les lieux « no kids » en France et d’adapter l’espace public aux enfants.

Les espaces « no kids », qui interdisent ou limitent l’accès aux enfants, sont de plus en plus présents en France. Hôtels réservés aux adultes, campings refusant les mineurs ou encore wagons de train accessibles uniquement aux voyageurs de plus de 12 ans : cette tendance est vivement critiquée par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH). Dans un rapport remis le 6 juillet 2026 à Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’Enfance, l’institution estime que ces pratiques relèvent d’une discrimination fondée sur l’âge. Au-delà de leur interdiction, elle appelle également à redonner toute leur place aux enfants dans l’espace public.

Comme le souligne Libération, la Commission s’inquiète d’un phénomène qui prend de l’ampleur depuis plusieurs années. Selon elle, « La présence des enfants dans l’espace public s’est considérablement réduite depuis une quarantaine d’années ». Un constat qui, pour les auteurs du rapport, doit pousser les pouvoirs publics à agir afin de garantir aux plus jeunes une place à part entière dans la société.

Interdire les endroits no kids

no kids

Dans son rapport, la CNCDH considère que l’exclusion des enfants de certains établissements s’inscrit dans un phénomène d’adultisme, c’est-à-dire une domination des adultes sur les plus jeunes. Si la diminution de la présence des enfants dans les espaces publics peut en partie s’expliquer par le souhait de certains parents de mieux les protéger en limitant leurs déplacements ou leurs activités extérieures, la Commission estime que cette réalité ne suffit pas à expliquer le phénomène.

Elle pointe également « une intolérance croissante, et parfois assumée, d’une partie de la population à la présence des enfants, considérés comme sources de nuisances, notamment sur le plan sonore ». Pour les auteurs du rapport, cette évolution des mentalités contribue à banaliser des pratiques d’exclusion qui touchent directement les mineurs.

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Afin de répondre à cette situation, la Commission recommande « d’interdire les espaces no kids lorsqu’ils ne sont pas justifiés par la nécessité de protéger l’enfant ». L’objectif est de mettre fin aux restrictions d’accès qui ne reposent sur aucune raison liée à la sécurité ou au bien-être des enfants.

Interrogée sur RMC, Ophélie Marrel, juriste à la CNCDH et autrice du rapport, rappelle que ces pratiques relèvent du droit pénal : « C’est discriminatoire. Faire une distinction fondée sur l’âge, c’est une infraction pénale ».

Un avis partagé par Arthur Melon, délégué général du Conseil français des associations pour les Droits de l’enfant et corapporteur du texte. Selon lui, « Le droit existant est tout à fait suffisant pour pouvoir prendre en charge ce type de phénomène ». Il rappelle notamment l’existence de deux lois adoptées en 1972 et en 2008, qui interdisent les discriminations liées à l’âge.

À ce jour, aucune décision de justice n’a toutefois concerné directement des établissements refusant les enfants, ces textes ayant principalement été utilisés dans des affaires touchant les personnes âgées. Une situation qui pourrait bientôt évoluer avec l’action engagée par une famille contre un établissement appliquant une politique « no kids ».

Sarah El Haïry indique attendre cette future décision avec attention. « Nous attendons cette décision de justice. Soit la jurisprudence sera très claire et condamnera l’établissement. Soit il n’y aura pas de condamnation et nous clarifierons la loi de lutte contre les discriminations sur le critère d’âge par un complément législatif », explique la Haute-Commissaire à l’Enfance.

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Intégrer les enfants dans l’espace public

Pour les auteurs du rapport, la lutte contre les espaces « no kids » ne doit pas se limiter à leur interdiction. Ils estiment qu’il est également indispensable de repenser l’espace public afin que les enfants puissent y circuler, y jouer et s’y déplacer en toute sécurité.

La CNCDH recommande ainsi plusieurs mesures concrètes : réduire la circulation automobile dans les centres-villes et les zones résidentielles, abaisser la vitesse des véhicules, développer les « rues aux écoles » – des espaces piétons aménagés à proximité des établissements scolaires –, installer des panneaux de signalisation à hauteur des enfants ou encore favoriser le développement des classes en plein air. L’objectif est de créer un environnement plus adapté aux besoins des plus jeunes tout en améliorant leur autonomie.

Lors d’une table ronde organisée à l’occasion de la remise du rapport, Jean-Marc Treuil, responsable plaidoyer de l’association nationale Citoyenneté Enfance Jeunesse, a dénoncé une organisation de l’espace public qui privilégie encore largement les véhicules motorisés. « L’espace public est un espace de domination, où c’est toujours le plus petit, qu’il soit un vélo, une trottinette ou un piéton, qui est mis en danger », a-t-il déclaré.

Enfin, la CNCDH insiste sur un point essentiel : cette transformation ne pourra être pleinement efficace qu’en associant les premiers concernés. Selon la Commission, les enfants doivent être consultés lors des projets d’aménagement afin que les espaces publics répondent réellement à leurs besoins et favorisent leur place dans la vie collective.

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