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CP : votre enfant devra passer ce bilan médical obligatoire à l’école à la rentrée

À l’entrée au CP, votre enfant peut être concerné par un bilan médical obligatoire réalisé à l’école au cours de sa sixième année. Vue, audition, langage, développement psychomoteur, vaccinations, croissance… cet examen permet de faire un point complet sur sa santé et de repérer suffisamment tôt d’éventuelles difficultés pouvant avoir un impact sur sa scolarité. Voici concrètement ce que le médecin vérifie, comment se déroule la visite et ce que les parents peuvent demander.

Cette visite ne se résume pas à vérifier si votre enfant voit correctement ce qui est écrit au tableau ou s’il entend bien les consignes de son enseignant. Elle permet aussi d’observer son développement global, son langage, sa motricité, sa croissance et certains signes pouvant révéler une difficulté d’apprentissage encore discrète. À cet âge, quelques problèmes peuvent en effet passer presque inaperçus au quotidien avant de devenir plus gênants lorsque les apprentissages scolaires s’intensifient.

Les parents occupent également une place importante dans ce rendez-vous. Ils peuvent partager leurs observations, évoquer des inquiétudes et apporter des informations utiles sur la santé ou le comportement de leur enfant.

Un bilan médical obligatoire à 6 ans

Le Code de l’éducation prévoit plusieurs visites médicales et de dépistage obligatoires au cours de la scolarité. Parmi elles figure le bilan de santé réalisé au cours de la sixième année de l’enfant.

Lorsque les parents reçoivent une convocation, ils sont en principe tenus de présenter leur enfant à cette visite. Une exception existe cependant : si l’examen correspondant à son âge a déjà été effectué par un professionnel de santé choisi par la famille, les parents peuvent fournir un certificat médical permettant d’en attester.

Un point mérite d’être précisé : la visite n’est pas liée à une classe précise. Elle peut donc être organisée en grande section de maternelle ou au CP. C’est bien l’âge de l’enfant qui détermine le moment du bilan.

Que vérifie le médecin lors du bilan des 6 ans ?

Le bilan médical des 6 ans va bien au-delà d’un examen de routine. Le médecin de l’Éducation nationale cherche à obtenir une vision aussi complète que possible de la santé et du développement de l’enfant. Pour cela, il peut s’appuyer sur les informations communiquées par les parents, sur certaines observations de l’enseignant et, lorsque la famille l’accepte, sur le carnet de santé.

D’après l’annexe fixant le contenu de cette visite, plusieurs aspects peuvent être évalués :

  • la vision et l’audition, notamment grâce à des tests auditifs et à un examen otoscopique ;
  • le langage oral ainsi que les compétences nécessaires à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ;
  • le neurodéveloppement et le développement psychomoteur, avec une attention particulière portée à certains troubles praxiques ou difficultés de coordination ;
  • la croissance, le poids, la taille et l’IMC, qui peuvent être reportés sur les courbes du carnet de santé ;
  • l’état de santé général et la santé bucco-dentaire ;
  • le statut vaccinal afin de vérifier que les vaccinations obligatoires sont à jour ;
  • les éventuelles contre-indications à la pratique sportive ;
  • les habitudes de vie, le sommeil, l’alimentation et le développement psycho-affectif de l’enfant.
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Le médecin reste également attentif à tout élément pouvant évoquer une situation de vulnérabilité ou relever de la protection de l’enfance.

L’objectif n’est donc pas simplement de rechercher une maladie. Il s’agit surtout de vérifier que l’enfant dispose des meilleures conditions possibles pour grandir, apprendre et s’adapter à sa vie scolaire.

Le parent peut-il assister à la visite médicale ?

Oui. La présence des parents est non seulement possible, mais elle est également prévue par les textes. Une convocation leur est adressée afin qu’ils puissent, s’ils le souhaitent, accompagner leur enfant pendant le bilan médical.

Le ministère indique d’ailleurs que la présence d’un parent est fortement conseillée. Elle facilite les échanges avec le médecin et permet de transmettre des informations qui ne sont pas forcément visibles pendant quelques minutes d’examen.

Vous pouvez par exemple évoquer une fatigue inhabituelle, des maux de tête réguliers, des difficultés à distinguer certains éléments de loin, un retard ou une gêne dans le langage, une maladresse persistante, un sommeil compliqué ou encore des difficultés de concentration.

Même lorsqu’un problème paraît mineur, il peut être utile de le signaler. Mis en relation avec les observations réalisées à l’école, un détail peut parfois aider le professionnel à mieux comprendre les besoins de l’enfant.

Le carnet de santé n’est pas transmis automatiquement

Le médecin scolaire peut consulter le carnet de santé de l’enfant, mais l’école ne le récupère pas automatiquement. Il appartient aux parents de décider s’ils souhaitent le transmettre.

Lorsque la famille accepte, le carnet peut être remis sous enveloppe cachetée, à l’attention du médecin de l’Éducation nationale. Cette précaution permet de préserver la confidentialité des informations médicales qu’il contient.

Le médecin peut également prendre en considération les informations fournies directement par les parents. Selon la situation, il peut recueillir certains éléments auprès de l’enseignant ou des professionnels intervenant auprès de l’enfant afin de mieux comprendre son fonctionnement au quotidien.

Ce que l’école ne peut pas faire avec les informations médicales

Parce que l’examen se déroule dans un établissement scolaire, certains parents peuvent se demander qui aura ensuite accès aux résultats. Sur ce point, la règle est claire : le secret médical continue de s’appliquer.

L’enseignant ou l’équipe pédagogique ne peut donc pas consulter librement le dossier médical de l’enfant.

Saisi par le Conseil national de l’Ordre des médecins, le Conseil d’État a annulé, le 24 novembre 2017, une disposition de l’arrêté de 2015 qui prévoyait la mise à disposition de certaines données issues de ces visites auprès des personnels de l’Éducation nationale chargés du suivi des élèves.

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Le dispositif réécrit en 2021 prévoit désormais une transmission beaucoup plus encadrée. Certains éléments peuvent être communiqués aux infirmiers scolaires, psychologues de l’Éducation nationale ou assistants de service social, mais uniquement lorsque cela est nécessaire au suivi de l’enfant et avec l’accord des parents.

Le médecin scolaire peut bien sûr échanger avec l’enseignant ou la direction lorsqu’un aménagement pédagogique semble utile. Il peut, par exemple, recommander de rapprocher l’enfant du tableau ou d’adapter certaines conditions de travail. Cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble de ses informations médicales est transmis à l’équipe éducative.

Autre point essentiel : un dépistage n’est pas un diagnostic. Si le médecin observe un signe nécessitant une exploration plus poussée, il peut conseiller à la famille de consulter un ophtalmologue, un ORL, un orthophoniste, un pédiatre ou un autre professionnel compétent.

Peut-on demander une copie du bilan médical ?

Les résultats des visites médicales obligatoires sont normalement inscrits dans le carnet de santé de l’enfant par le professionnel ayant réalisé l’examen. C’est donc le premier support à consulter lorsque vous souhaitez retrouver les conclusions de la visite.

Les parents disposent également d’un droit d’accès aux informations médicales concernant leur enfant mineur. Si aucun compte rendu détaillé ne vous est remis à la fin du rendez-vous, vous pouvez vous rapprocher du médecin de l’Éducation nationale ou du service de santé scolaire de votre département.

Vous pourrez notamment demander comment obtenir les informations consignées lors de l’examen ou connaître les éventuelles recommandations formulées à l’issue du bilan.

Pourquoi le bilan médical est particulièrement important au CP

L’entrée dans les apprentissages fondamentaux change beaucoup de choses pour l’enfant. Lire, écrire, mémoriser des consignes ou rester concentré plus longtemps sollicitent des compétences qui étaient parfois moins visibles auparavant.

Un léger trouble de la vision peut par exemple devenir gênant lorsqu’il faut recopier un texte écrit au tableau. Une difficulté auditive peut compliquer la compréhension des consignes. De la même manière, certains troubles du langage, de la coordination ou du développement peuvent commencer à peser davantage sur les apprentissages.

C’est précisément pour cette raison que le texte prévoit, au cours de la sixième année, une attention particulière au dépistage des troubles spécifiques du langage et des apprentissages.

Le but est de détecter d’éventuels signaux suffisamment tôt pour que l’enfant puisse bénéficier, si besoin, d’une évaluation complémentaire et d’un accompagnement adapté.

Il faut toutefois conserver une distinction importante : repérer une difficulté ne signifie pas poser un diagnostic. Le bilan scolaire peut attirer l’attention sur certains signes, mais seul un examen plus complet réalisé par les professionnels concernés permettra, si nécessaire, d’identifier précisément un trouble des apprentissages ou du neurodéveloppement.

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Rentrée 2026 : l’objectif est de mieux repérer les besoins de chaque enfant

Pour la rentrée 2026, le ministère de l’Éducation nationale affiche des objectifs particulièrement ambitieux concernant le suivi de la santé des élèves.

Selon les informations publiées sur le suivi de la santé des élèves, l’objectif est que 100 % des enfants âgés de 3 à 4 ans puissent bénéficier d’un dépistage des troubles de santé et que 100 % des enfants de 6 ans disposent d’une analyse personnalisée de leur situation de santé.

Cette formulation mérite cependant d’être bien comprise. Une analyse personnalisée ne signifie pas nécessairement que chaque enfant sera reçu individuellement lors d’une consultation physique avec un médecin scolaire.

Le dispositif vise d’abord à repérer les besoins. Selon les informations disponibles et les éventuelles difficultés détectées, l’enfant pourra ensuite être orienté vers le médecin scolaire, l’infirmier, le psychologue de l’Éducation nationale ou un autre professionnel compétent.

Cette volonté de renforcer le suivi intervient dans un contexte où la médecine scolaire rencontre depuis plusieurs années des difficultés à assurer l’ensemble des visites prévues.

Dans un rapport, la Cour des comptes relevait ainsi que la visite de la sixième année n’était réalisée que pour moins d’un élève sur cinq. Les objectifs annoncés pour 2026 cherchent donc à améliorer le repérage, même lorsque les ressources médicales disponibles restent limitées.

Les autres bilans de santé prévus à l’école

Le bilan médical des 6 ans représente une étape importante, mais ce n’est pas le seul rendez-vous de santé prévu pendant la scolarité. D’autres examens permettent de suivre l’évolution de l’enfant à différents moments de son développement.

  • Entre 3 et 4 ans, un premier bilan de santé est généralement organisé à l’école par les services de protection maternelle et infantile, la PMI. Il s’intéresse notamment à la croissance, au développement physique, psychoaffectif et neurodéveloppemental, au langage oral, à la vision, à l’audition et aux vaccinations.
  • Au cours de la douzième année, souvent lorsque l’enfant est en classe de sixième, une nouvelle visite de dépistage est organisée. Elle est généralement assurée par l’infirmier de l’Éducation nationale et peut porter sur la vue, l’audition, le dos, le développement pubertaire, la perception que l’élève a de sa santé, mais aussi sur le repérage du harcèlement et des conduites à risque.

Ces rendez-vous permettent ainsi de suivre la santé de l’enfant à différents âges et d’intervenir plus rapidement lorsqu’une difficulté apparaît. Pour les parents, ils constituent aussi une occasion précieuse de poser des questions et de signaler des changements qui, à la maison comme à l’école, méritent peut-être davantage d’attention.

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