Le TDAH concerne de nombreux enfants et adolescents, mais obtenir un diagnostic et accéder à un accompagnement adapté peut encore prendre beaucoup de temps. Pour améliorer le parcours des familles et faciliter l’accès aux soins, la Haute Autorité de Santé (HAS) propose de nouvelles recommandations.
Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche environ 5 % des enfants en France. Il peut avoir des répercussions importantes sur la scolarité, les relations sociales, la vie familiale et, plus largement, sur le quotidien du jeune.
Pourtant, malgré la fréquence de ce trouble, le parcours vers le diagnostic reste souvent compliqué. Beaucoup de familles doivent patienter longtemps avant de pouvoir consulter un professionnel formé au TDAH, faute de spécialistes disponibles en nombre suffisant.
Face à ces difficultés, la Haute Autorité de Santé souhaite rendre la prise en charge plus accessible et mieux coordonnée. On fait le point sur ses nouvelles recommandations.
Privilégier les interventions non médicamenteuses
La HAS accorde une place importante aux approches non médicamenteuses dans l’accompagnement des enfants et adolescents atteints de TDAH. L’objectif est de proposer des solutions adaptées aux difficultés rencontrées par chaque jeune, aussi bien à la maison qu’à l’école.
Parmi ces approches, la psychoéducation joue un rôle essentiel. Elle permet à l’enfant et à ses parents de mieux comprendre le fonctionnement du TDAH, ses manifestations et son influence sur le quotidien. Mieux connaître le trouble aide la famille à adopter des stratégies plus adaptées pour gérer les symptômes au jour le jour.
Les aménagements scolaires font également partie des mesures importantes. Adapter le cadre éducatif aux besoins particuliers de l’élève peut faciliter son intégration en classe et l’aider à apprendre dans de meilleures conditions.
Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut s’avérer nécessaire. Il ne doit toutefois jamais représenter l’unique réponse. La HAS recommande de l’associer systématiquement à d’autres formes de soutien psychologique, comme les thérapies cognitivo-comportementales (TCC).
Cette approche permet une prise en charge globale, pensée pour les besoins de chaque jeune, tout en limitant les risques d’un accompagnement reposant uniquement sur les médicaments.

Former davantage de professionnels de santé
Autre point central des recommandations : améliorer l’accès au diagnostic. Aujourd’hui, l’un des principaux obstacles reste le nombre limité de professionnels formés au TDAH, capables de diagnostiquer puis de suivre les enfants concernés.
Pour réduire l’attente, la HAS souhaite développer la formation des médecins généralistes, afin qu’ils puissent eux aussi poser un diagnostic et intervenir en première ligne. L’idée est de désengorger les services spécialisés et d’offrir aux familles une prise en charge plus rapide.
La télémédecine est également proposée comme une solution complémentaire pour assurer un suivi à distance. Elle peut être particulièrement utile aux familles qui vivent dans des zones rurales ou mal desservies par les spécialistes.
À travers ces nouvelles recommandations, la HAS espère améliorer l’accompagnement des jeunes et limiter les conséquences à long terme du TDAH chez l’enfant et l’adolescent sur leur développement.
En bref
- La HAS recommande de privilégier les approches non médicamenteuses : psychoéducation, aménagements scolaires et TCC.
- Un traitement médicamenteux, si besoin, doit toujours s’accompagner d’un soutien psychologique.
- Former les médecins généralistes et développer la télémédecine doit raccourcir les délais de prise en charge.
