L’Agence de la biomédecine met en lumière une tendance marquante : près de 80 % des nouveaux inscrits au registre des donneurs sont des femmes. Pourtant, les besoins sont ailleurs. En France, les profils les plus recherchés restent les hommes, les 18-35 ans et les personnes issues d’origines ethniques diverses, afin d’augmenter les chances de compatibilité entre donneurs et patients.L’histoire du petit Elio, âgé de 4 ans et atteint d’un cancer du sang rare, a profondément touché le public. Ses parents ont lancé un appel urgent pour trouver un donneur de moelle osseuse.
Relayé massivement sur les réseaux sociaux, jusqu’à atteindre le président Emmanuel Macron, cet élan de solidarité a permis de remettre en avant un enjeu crucial : le don de moelle osseuse, encore trop peu connu et insuffisamment diversifié en France.
Depuis le mois de mars, la mobilisation a été spectaculaire. L’Agence de la biomédecine indique avoir reçu plus de 66 000 demandes de préinscription sur son site. À titre de comparaison, le rythme habituel est d’environ 20 000 nouveaux inscrits par an. Avant cette vague de solidarité, le registre comptait déjà 430 000 donneurs volontaires, un chiffre désormais en forte progression.
Malgré cet élan encourageant, un déséquilibre persiste. Comme le souligne l’agence, la majorité des nouveaux inscrits sont des femmes, ce qui accentue le besoin de recruter davantage de profils masculins et de personnes aux origines variées. Cette diversité est essentielle pour améliorer les chances de trouver des correspondances compatibles entre donneurs et patients.
Un engagement de long terme

Face à cet afflux massif de volontaires, le père d’Elio a exprimé une inquiétude concernant les délais d’envoi des kits de prélèvement salivaire, indispensables pour déterminer la compatibilité. Ce délai peut sembler long, mais il s’explique par l’ampleur de la mobilisation et les ajustements nécessaires du système.
L’Agence de la biomédecine tient à rassurer : ces délais n’impactent pas directement les malades. En effet, devenir donneur de moelle osseuse s’inscrit dans une démarche durable. Une fois inscrit, un donneur peut être contacté plusieurs semaines, mois, voire années plus tard… et parfois jamais. En moyenne, le délai avant une éventuelle sollicitation est d’environ 4 ans.
Ce point est essentiel à comprendre : le don repose sur une compatibilité très complexe entre deux individus. C’est pourquoi chaque nouvelle inscription renforce les chances globales, même si elle ne débouche pas immédiatement sur un don.
Avec cette hausse soudaine des inscriptions, l’agence doit adapter toute son organisation, depuis la gestion administrative jusqu’à l’envoi des kits. Cette réorganisation peut entraîner un allongement temporaire des délais, mais elle est indispensable pour garantir un suivi efficace et fiable des donneurs.
Pour s’inscrire, il faut avoir entre 18 et 35 ans au moment de l’enregistrement sur le site officiel dondemoelleosseuse.fr. Une fois inscrit, il est possible de rester donneur jusqu’à l’âge de 60 ans, ce qui permet de contribuer sur le long terme à sauver des vies.
Source : BFMTV
