Pour les ParentsPhilippe, 64 ans : « Je suis dégoûté de voir comment nous...

Philippe, 64 ans : « Je suis dégoûté de voir comment nous sommes considérés », il touche 724 € de retraite et 274 € de complémentaire

Philippe, 64 ans, touche 998 euros par mois : 724 euros de retraite de base et 274 euros de complémentaire. Ancien ouvrier passé par l’armée puis par l’invalidité, il se dit « dégoûté ». Son histoire montre ce qui arrive quand une pension d’invalidité devient une retraite, et surtout quelles aides existent pour les petites pensions.

Philippe, 64 ans : une carrière commencée à 15 ans

D’après Nextplz, qui reprend un témoignage publié par le magazine Pleine Vie, Philippe a commencé à travailler à 15 ans, en apprentissage. Il s’est ensuite engagé trois ans dans l’armée, puis a alterné emplois et périodes de chômage.

Deux accidents du travail l’ont arrêté pendant sept ans au total et l’ont laissé avec une pension d’invalidité. À 62 ans, cette pension a été remplacée par une retraite, avec 175 trimestres. Il s’attendait à environ 1 600 euros selon un simulateur ; il touche finalement 998 euros. « Je me suis tué au travail pour me retrouver en dessous du seuil de pauvreté », résume-t-il.

De l’invalidité à la retraite : le choc du passage à 62 ans

C’est ce passage qui révolte le plus Philippe. Pour les salariés, la règle est la suivante : à l’âge légal de départ, la pension d’invalidité est remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, versée au taux plein, sans nouveau contrôle médical. La Carsat envoie le formulaire de demande quelques mois avant.

Mais « taux plein » ne veut pas dire « même montant » : la retraite est calculée sur les salaires et les trimestres de toute la carrière. Avec des années à bas salaire, de chômage et d’arrêt, la pension peut être nettement plus faible que prévu.

LIRE AUSSI :   Des conseils pour les parents : les 5 choses que les enfants n'oublient jamais

Courrier de retraite, calculatrice, lunettes et quelques pièces sur une table de cuisine

Petite précision : ce qui est vérifié et ce qui ne l’est pas

  • Le seuil de pauvreté : l’Insee l’a fixé à 1 337 euros par mois pour une personne seule, sur les revenus 2024. Avec 998 euros, Philippe est bien en dessous.
  • La pension moyenne : selon la Drees, elle atteint 1 705 euros brut par mois fin 2024, pour les retraités vivant en France (droits directs, hors réversion).
  • « Il faut être invalide à 80 % pour garder sa pension d’invalidité » : c’est le ressenti de Philippe, pas la règle générale. Pour un salarié, la pension d’invalidité peut être maintenue après l’âge légal s’il continue à travailler, jusqu’à l’arrêt de son activité et au plus tard 67 ans.
  • Les 5,7 millions de retraités sous 1 000 euros cités par l’article et la comparaison avec « un fonctionnaire à 2 200 euros minimum » n’ont pas pu être vérifiés : ce sont des chiffres à prendre avec prudence.
  • La valeur des points « divisée par 3 » pendant l’invalidité est la réponse que Philippe dit avoir reçue de sa Carsat : son cas personnel ne peut pas être vérifié.

Utile : l’ASPA, le minimum vieillesse que l’article cite sans détail

L’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) complète les petites retraites. En 2026, pour une personne seule :

  • le montant maximum est de 1 043,59 euros par mois, et il est réduit du montant de vos autres revenus ;
  • le plafond de ressources est le même : 1 043,59 euros par mois ;
  • elle se demande en principe à partir de 65 ans, mais plus tôt, dès l’âge légal, pour les personnes reconnues inaptes au travail ou fortement handicapées ;
  • elle peut être récupérée sur la succession, mais seulement sur la part de l’héritage qui dépasse 108 586,14 euros (en métropole, pour un décès en 2026).
LIRE AUSSI :   Comment aider votre bébé à faire ses nuits, âge par âge

Pour une personne dans la situation de Philippe, l’écart avec le plafond est faible : il vaut tout de même le coup de faire une simulation, car l’ASPA peut s’ajouter aux autres aides.

Utile : les autres démarches pour une petite retraite

Ces conseils ne viennent pas d’une étude : ce sont des réflexes de bon sens.

  1. Vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr : une période d’armée, de chômage ou d’invalidité oubliée peut changer le montant.
  2. Demandez une explication écrite à votre Carsat si le montant est très loin de la simulation, et faites une réclamation si un trimestre manque.
  3. Faites une demande d’aide au logement auprès de la CAF ou de la MSA : avec moins de 1 000 euros par mois, elle est souvent possible.
  4. Renseignez-vous sur la Complémentaire santé solidaire sur ameli.fr : selon vos ressources, elle peut être gratuite ou coûter au maximum environ 1 euro par jour.
  5. Contactez le CCAS de votre mairie : il peut accorder des aides ponctuelles (énergie, alimentation, factures).

En bref

Philippe, 64 ans, ancien ouvrier passé par l’invalidité, vit avec 998 euros par mois, sous le seuil de pauvreté de 1 337 euros.
À l’âge légal, la pension d’invalidité d’un salarié devient une retraite pour inaptitude à taux plein, calculée sur toute la carrière, d’où un montant parfois bien plus faible.
L’ASPA (jusqu’à 1 043,59 euros par mois en 2026), l’aide au logement, la Complémentaire santé solidaire et le CCAS peuvent aider les petites retraites.

Sources

LIRE AUSSI :   Les bienfaits de jouer au sol pour votre bébé

Exclusive content

Latest article

More article