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Mardi 13 octobre : école en grève, mamans en grève… ce qui attend vraiment les familles

Demain, mardi 13 octobre, beaucoup de familles vont vivre une journée pas comme les autres. D’un côté, les syndicats de l’Éducation nationale appellent à la grève, dans le sillage de la colère des lycéens. De l’autre, un mouvement baptisé « les femmes s’arrêtent » invite les femmes à tout poser pendant 24 heures : travail, ménage, courses.

Résultat, des milliers de parents se posent la même question ce soir : est-ce que mon enfant aura classe ? Et si maman s’arrête, qui gère la maison ? On fait le point, simplement.

Pourquoi les enseignants font grève ce mardi

Six organisations syndicales appellent à la mobilisation : la FSU, l’UNSA Éducation, FO, la CFDT, la CGT Éduc’action et SUD Éducation. Elles reprochent au gouvernement de ne pas avoir répondu aux lycéens, qui ont déjà manifesté les 6 et 8 octobre contre les classes surchargées, le manque de professeurs et les bâtiments dégradés.

Leurs principales demandes :

  • renoncer aux suppressions de postes prévues dans le budget 2027 et créer des emplois ;
  • mieux payer les personnels et améliorer leurs conditions de travail ;
  • donner un vrai statut aux AESH, celles et ceux qui accompagnent en classe les élèves en situation de handicap ;
  • lancer un grand plan de rénovation des écoles et des établissements.

Côté manifestation parisienne, le rendez-vous est fixé à 14 heures, place d’Italie.

Mon enfant aura-t-il école demain ?

Un appel national à la grève ne veut pas dire que toutes les écoles ferment. Tout dépend du nombre d’enseignants grévistes dans l’établissement de votre enfant.

En maternelle et en élémentaire

Ici, la loi protège les familles. Les professeurs des écoles qui veulent faire grève doivent le déclarer au moins 48 heures avant. L’école sait donc déjà, à la veille du mouvement, combien de classes seront touchées.

  • Si 25 % ou plus des enseignants de l’école sont grévistes, la mairie doit organiser un service minimum d’accueil gratuit, parfois dans d’autres locaux que l’école, avec du personnel qu’elle a recruté.
  • En dessous de ce seuil, c’est l’école qui s’organise, souvent en répartissant les élèves dans les autres classes.
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Ce service d’accueil couvre seulement le temps de classe. La cantine et le périscolaire (garderie du matin, étude du soir) dépendent de chaque commune : renseignez-vous, et prévoyez un repas froid au cas où.

Au collège et au lycée

Aucun service d’accueil n’est prévu par la loi. L’établissement reste en général ouvert, les élèves sont pris en charge par les adultes présents, mais certains cours peuvent sauter et l’emploi du temps être chamboulé. Les lycées sont les plus touchés par la mobilisation, avec parfois des blocages devant les grilles. Si votre adolescent ne va pas en cours, prévenez l’établissement sans tarder.

Comment savoir à coup sûr

Regardez l’affiche sur la porte de l’école, le cahier de liaison, les messages du directeur ou de l’ENT (l’espace numérique de l’établissement), et le site ou la page Facebook de votre mairie. C’est elle qui annonce les modalités du service d’accueil.

Maman et son enfant qui lisent l'affiche de grève sur la grille de l'école

Je dois garder mon enfant : ai-je droit à un congé ?

C’est la mauvaise surprise de beaucoup de parents : il n’existe pas de congé spécial pour garder son enfant un jour de grève. Le congé pour enfant malade (3 jours par an, ou 5 si l’enfant a moins d’un an ou si vous avez au moins trois enfants de moins de 16 ans) ne s’applique qu’en cas de maladie ou d’accident, avec un certificat médical à la clé.

Il faut donc s’arranger avec son employeur : un jour de congé, une RTT, du télétravail ou une absence convenue à l’avance. Le mieux est de le prévenir par écrit dès ce soir, et de garder une trace de l’information donnée par l’école ou la mairie.

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« Les femmes s’arrêtent » : de quoi parle-t-on ?

Le même jour, le collectif international World with Women, né en janvier 2026, appelle les femmes qui le peuvent à suspendre pendant 24 heures leur travail, leurs tâches domestiques et leurs achats. Les hommes sont invités à soutenir le mouvement en prenant le relais.

L’idée vient d’Islande. Le 24 octobre 1975, neuf Islandaises sur dix avaient cessé toute activité, au bureau comme à la maison. Le pays s’était retrouvé paralysé, les pères avaient dû emmener les enfants au travail, et cette journée est restée comme un tournant dans l’histoire de l’égalité.

Concrètement, ce n’est pas une grève classique : les organisateurs proposent aux femmes de prendre un jour de RTT ou de congés. À Paris, un rassemblement gratuit est prévu place de la Bastille, entre 11 h 30 et 15 h 30, avec des tables rondes, des performances artistiques et un geste collectif à 13 heures. Parmi les revendications : une loi globale contre les violences sexuelles, la parité dans les lieux de décision et une meilleure reconnaissance des métiers du soin et de l’éducation, très majoritairement occupés par des femmes.

Et à la maison, qui fait quoi ?

Que l’on participe ou non, la journée pose une question que chaque famille connaît bien. Dans les couples, quand il s’agit des tâches liées aux enfants, 46 % des femmes disent s’en occuper elles-mêmes, contre moins de 6 % des hommes, selon des données du ministère des Solidarités relayées par l’Observatoire des inégalités.

Et si vous profitiez de ce mardi pour faire un petit test en famille ?

  • listez ensemble tout ce qui se fait en une journée : préparer les sacs, signer les mots, penser aux rendez-vous chez le médecin, racheter du pain, laver les tenues de sport… On est souvent surpris par la longueur de la liste ;
  • confiez à chaque enfant une mission adaptée à son âge : mettre la table, ranger ses chaussures, préparer son goûter ;
  • parlez-en simplement avec eux : chez vous, qui fait quoi, et pourquoi ?
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Les enfants reproduisent ce qu’ils voient. Un garçon qui grandit en voyant son père cuisiner et une fille qui voit sa mère bricoler n’auront pas la même idée de ce qui est « normal » plus tard.

La check-list des parents pour demain

  • vérifier ce soir l’affichage de l’école et les messages de la mairie ;
  • préparer un pique-nique si la cantine est incertaine ;
  • prévenir son employeur par écrit si l’on doit garder son enfant ;
  • prévoir une personne de confiance pour récupérer les enfants si les horaires changent ;
  • en Île-de-France, anticiper les transports, déjà perturbés par des travaux cette semaine.

En bref

Mardi 13 octobre, six syndicats de l’Éducation nationale appellent à la grève, surtout suivie dans les lycées.
En maternelle et en élémentaire, la mairie doit organiser un accueil si au moins 25 % des enseignants de l’école font grève.
Le même jour, le mouvement « les femmes s’arrêtent » invite les femmes à poser une journée, avec un rassemblement place de la Bastille à Paris.

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