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« J’ai eu deux césariennes et cela ne m’a pas traumatisée : il faut arrêter de culpabiliser les femmes qui passent par là »

Valentine est maman de Diane, 2 ans et demi, et Édouard, 4 mois. Deux enfants nés par césarienne. Aujourd’hui, elle souhaite faire passer un message clair : il vaut mieux une césarienne réussie qu’un accouchement par voie basse compliqué. À travers son expérience, elle encourage les mamans à déculpabiliser et à voir cette intervention autrement.

Une première naissance via césarienne

 

cesarienne
Photo : Vecteezy

« En août 2021, à 30 ans, j’apprends que je suis enceinte de mon premier enfant. Avec mon mari, c’est une immense joie. La date prévue d’accouchement est fixée au 2 mai 2022, et nous commençons à imaginer cette nouvelle vie à trois.

Le week-end de Pâques, nous sommes entourés de nos proches. Le dimanche matin, vers 8 h, je remarque une perte de liquide inhabituelle, sans odeur. Un peu plus tard, je perds aussi le bouchon muqueux. Rien d’alarmant sur le moment, car cela peut arriver bien avant le travail. Vers 11 h 30, j’appelle la maternité : on me rassure et on me conseille de surveiller l’évolution.

Mais en fin de journée, tout s’accélère. Les contractions deviennent intenses, régulières, difficiles à gérer. Nous prenons la route pour la maternité, située à 1 h 30. À notre arrivée, le diagnostic tombe : je perds beaucoup de liquide amniotique, la poche des eaux est fissurée. Je dois rester hospitalisée et commencer un traitement antibiotique pour protéger mon bébé.

Mon col est encore fermé, pourtant les contractions sont très douloureuses. Pendant deux heures, je lutte sans vraiment comprendre comment gérer la douleur. Je réalise que ma préparation à la naissance ne m’a pas suffisamment aidée. L’impression est intense, presque insurmontable. La péridurale change tout : je peux enfin me reposer. En peu de temps, la dilatation progresse rapidement jusqu’à 10.

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Au moment de pousser, quelque chose ne fonctionne pas. On m’explique que je ne pousse pas efficacement. Pendant ce temps, le cœur de mon bébé ralentit. L’équipe tente une aide avec des forceps, sans succès. La décision est prise : ce sera une césarienne en urgence. Étonnamment, je reste calme. Je fais confiance à l’équipe.

Vers 4 heures du matin, ma fille naît. Je la découvre avec émotion, mais aussi avec une fatigue immense. Pendant que je suis prise en charge, elle est en peau à peau avec son père. Ce moment crée un lien fort entre eux, immédiat et sincère.

Un rendez-vous médical post-césarienne

Un rendez-vous médical post-césarienne (1)

Après l’intervention, je passe par la salle de réveil. Rapidement, je dois me remettre en mouvement pour éviter les complications. Les premiers pas sont difficiles, mais chaque jour apporte une amélioration. La cicatrisation se passe bien, sans douleur particulière.

Trois mois plus tard, lors du suivi, la chirurgienne revient sur l’intervention. Elle m’explique les raisons de la césarienne et s’assure que je n’en garde pas de traumatisme. Elle découvre également que je souffre d’ovaires polykystiques, ce qui rend ma grossesse encore plus précieuse. Ses mots résonnent : « Vous avez eu de la chance, bon courage pour le deuxième. »

Une deuxième naissance en césarienne, pour non-engagement

Quinze mois plus tard, je tombe de nouveau enceinte. Une belle surprise, arrivée rapidement. Malgré un cytomégalovirus (CMV) contracté avant la grossesse, le suivi est rassurant et tout évolue favorablement.

Fin avril, les contractions réapparaissent. Dans la nuit, elles deviennent très rapprochées. À la maternité, on m’annonce que je suis déjà à 6 cm. La douleur est intense, mais la péridurale me soulage rapidement. En peu de temps, j’atteins 10 cm.

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En salle d’accouchement, je reconnais la sage-femme qui m’avait accompagnée pour mon premier enfant. Cela me rassure immédiatement. Pourtant, malgré un essai de poussée, le scénario se répète : le bébé ne s’engage pas correctement et son rythme cardiaque devient préoccupant.

Étant donné mon précédent accouchement, la décision est rapide : une seconde césarienne. Cette fois, mon mari est présent à mes côtés. L’intervention se déroule rapidement. Mon fils naît, je le vois, je lui parle… puis je m’endors, apaisée.

Déculpabilisons la césarienne

Avec du recul, je peux le dire sincèrement : je n’ai jamais vécu mes césariennes comme des échecs. Au contraire, j’y vois des aspects positifs. Je n’ai pas souffert de lésions liées à un accouchement par voie basse, ni de complications physiques importantes.

Bien sûr, certaines études évoquent une immunité différente chez les bébés nés par voie basse. Pourtant, dans mon expérience, mes enfants sont en bonne santé. Ma cicatrice est discrète et ne m’a pas posé de problème.

Chaque accouchement est unique. Certaines femmes vivent mal une voie basse difficile, d’autres redoutent la chirurgie. Mais une chose est sûre : une césarienne n’est pas un échec. Comme l’a si bien dit ma sage-femme : « le bébé sort simplement par la fenêtre plutôt que par la porte ».

Source: Les témoignages sur le site de nos confrères magicmaman

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