À Lorient, dans le Morbihan, un père de famille a réagi de manière particulièrement impulsive après avoir découvert que sa fille de 9 ans était victime de harcèlement scolaire depuis plusieurs mois. Selon les informations rapportées par Le Télégramme, il reproche à l’établissement d’avoir eu connaissance de la situation sans avoir pris, selon lui, des mesures suffisamment rapides pour protéger son enfant.
Le père explique avoir appris l’ampleur des faits seulement après de longues semaines de souffrance. Estimant que face au harcèlement à l’école, une intervention immédiate est indispensable, il regrette que les démarches n’aient pas permis de mettre un terme aux violences subies par sa fille. À ses yeux, attendre plusieurs semaines avant d’agir peut avoir de lourdes conséquences sur le bien-être des victimes.
Des mois de souffrance avant que la fillette ne trouve le courage de parler
Pendant plusieurs mois, Emma (prénom modifié), âgée de 9 ans, aurait gardé le silence malgré les difficultés qu’elle rencontrait quotidiennement dans son école. Ce n’est que le 17 juin, après avoir atteint un point de rupture, qu’elle s’est finalement confiée à ses parents en leur racontant ce qu’elle vivait.
La fillette a décrit des violences répétées de la part de plusieurs élèves. Elle a notamment expliqué que certains camarades l’attendaient régulièrement à la sortie des toilettes afin de lui faire subir des agressions. Des révélations qui ont profondément bouleversé ses proches, jusque-là loin d’imaginer l’ampleur de la situation.
« Je les ai grondés une bonne fois pour toutes »
À la suite des confidences de leur fille, le protocole de lutte contre le harcèlement scolaire a été mis en œuvre au sein de l’établissement. Malgré cela, selon le témoignage de la famille, les incidents auraient continué, plongeant l’enfant dans une profonde angoisse à l’idée de retourner en classe.
Face à une fillette en pleurs et tremblante avant d’entrer à l’école, son père a perdu son sang-froid. Il est entré dans l’établissement et est allé à la rencontre des élèves qu’il considère comme responsables du harcèlement. Au Télégramme, il a expliqué les avoir interpellés et sévèrement réprimandés afin de leur faire comprendre la gravité de leurs actes.
Conscient que sa réaction dépassait le cadre habituel, le père de famille a ensuite pris l’initiative de se présenter à la gendarmerie afin d’expliquer les circonstances de son intervention.
Le père dénonce un manque de réactivité de l’établissement
Au-delà de son geste, ce qui continue de révolter le père d’Emma est le sentiment que l’école connaissait la situation depuis plusieurs jours sans avoir réussi, selon lui, à protéger efficacement sa fille. Il estime que les alertes auraient dû conduire à une intervention plus rapide afin d’éviter que les violences ne se poursuivent.
De son côté, l’établissement assure que les procédures prévues contre le harcèlement scolaire ont bien été appliquées et que toutes les mesures nécessaires ont été engagées dès que les faits ont été signalés.
Une nouvelle école pour repartir de zéro
Après cette épreuve, Emma souhaite désormais tourner la page. La fillette espère pouvoir intégrer un nouvel établissement afin de retrouver un environnement plus serein et reprendre sa scolarité dans de meilleures conditions.
Son père, quant à lui, souhaite que cette affaire serve à sensibiliser davantage le public aux conséquences du harcèlement scolaire. Il estime qu’il est essentiel de libérer la parole et d’agir rapidement dès les premiers signes afin d’éviter que d’autres enfants ne vivent une situation similaire. Selon lui, plus les faits sont signalés tôt, plus il est possible de protéger efficacement les victimes.
Source : La dépêche
