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Grand-Est : la région supprime une subvention qui permettait à 700 enfants défavorisés de partir en vacances

Sous prétexte de maîtrise budgétaire, la région Grand-Est a décidé de ne plus accorder plusieurs subventions destinées aux associations qui financent les départs en vacances d’enfants issus de familles modestes. Une décision qui inquiète fortement le secteur du tourisme social et solidaire, déjà fragilisé par des réductions de financements répétées.

Pour de nombreuses structures associatives, cette suppression représente bien plus qu’une simple coupe budgétaire. Derrière ces aides se trouvent des centaines d’enfants qui, sans ce soutien, risquent de ne jamais pouvoir quitter leur quotidien pendant l’été.

Des centaines d’enfants privés de départ en vacances

centaine enfant
Photo : Shutterstock

« Pour cette année, c’est terminé », regrette Olivier Kull, président de l’Union régionale de Jeunesse au Plein Air (JPA). Cette organisation rassemble 39 structures engagées dans l’accès aux loisirs et aux vacances pour les jeunes.

Depuis 2018, la JPA recevait chaque année entre 50.000 et 60.000 euros de la région Grand-Est. Grâce à cette enveloppe, près de 700 enfants pouvaient partir en vacances chaque été, découvrir de nouveaux lieux et vivre des expériences souvent impossibles pour leurs familles.

Mais en février dernier, l’association a appris que cette aide financière ne serait pas renouvelée en 2026. Une annonce vécue comme un véritable choc par les acteurs du secteur associatif.

Selon Olivier Kull, cette décision envoie « un très mauvais signal » à l’ensemble des associations engagées dans le tourisme social. Il rappelle également que de nombreuses structures doivent déjà faire face à des baisses de subventions régulières, mettant en danger leurs actions sur le terrain.

Une économie minime face à un budget régional de plusieurs milliards

Pour les responsables associatifs, cette suppression soulève de nombreuses interrogations. Le montant de ces aides reste extrêmement faible comparé au budget global de la collectivité.

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Le budget adopté par la région Grand-Est atteint en effet 4,14 milliards d’euros. Dans ce contexte, la subvention accordée aux associations représentait une part infime des dépenses régionales.

Malgré cela, le Conseil régional justifie cette décision par un contexte financier jugé « extrêmement contraint ». Les élus évoquent des arbitrages difficiles et des priorités budgétaires revues à la baisse.

Pour Olivier Kull, les conséquences sociales risquent pourtant d’être importantes. Il rappelle qu’en France, près de cinq millions d’enfants ne partent jamais en vacances, principalement pour des raisons financières, selon les chiffres de l’Observatoire des inégalités.

Selon lui, réduire ce type d’aides contribue à accentuer la précarité de familles déjà confrontées à de nombreuses difficultés économiques et sociales.

La Région défend un recentrage de ses compétences

Du côté du Conseil régional, cette décision est présentée comme un recentrage des politiques publiques sur les compétences directes de la collectivité.

Elisabeth Del Genini, vice-présidente de la Région en charge de la citoyenneté, de l’engagement et de la vie associative, rappelle que la politique jeunesse régionale cible principalement les jeunes âgés de 15 à 29 ans, notamment à partir du lycée.

Les aides aux vacances concernaient quant à elles des enfants de 6 à 14 ans. Selon l’élue, ces actions relèvent davantage des politiques sociales portées par l’État, les départements, les communes ou encore les Caisses d’allocations familiales (CAF).

La Région reconnaît néanmoins que ce dispositif représentait jusqu’ici une démarche « très volontariste » en faveur des familles modestes.

D’autres associations également impactées par la suppression des aides

La JPA n’est pas la seule structure touchée par cette décision. D’autres associations majeures de solidarité voient également leurs financements supprimés ou réduits.

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Le Secours populaire français bénéficiait par exemple d’une subvention d’environ 39.000 euros pour organiser la « Journée des oubliés des vacances ». Cette initiative permet chaque année à près de 2.000 enfants de la région de profiter d’une journée exceptionnelle loin de leur quotidien.

Camille Vega, responsable du Secours populaire dans le Bas-Rhin, explique que l’événement devrait malgré tout être maintenu en 2026. Toutefois, l’absence de cette aide financière risque d’avoir un impact direct sur le nombre d’enfants accueillis.

Caritas contraint de réduire ses séjours pour enfants

L’association Caritas-Secours Catholique Alsace fait également partie des structures pénalisées par cette baisse de soutien financier.

Après avoir reçu 10.000 euros l’année précédente, l’organisation doit désormais rechercher de nouveaux partenaires financiers pour maintenir ses actions.

Biruté Abeciunaite, responsable de l’Accueil familial de vacances (AFV), explique que l’association avait déjà commencé à réduire ses activités avant même l’annonce officielle du Conseil régional.

Alors que cinq camps de vacances avaient été organisés l’an dernier, un seul séjour sera finalement proposé en 2026. Son coût, estimé à 15.000 euros, sera entièrement financé sur les fonds propres de l’association.

Malgré les difficultés, les associations assurent vouloir poursuivre leurs actions afin de permettre au plus grand nombre d’enfants de partir en vacances. Mais sans soutien public durable, leur capacité à maintenir ces dispositifs reste aujourd’hui fortement menacée.

Source : 20Minutes

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