Dans un entretien accordé au Figaro, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a réaffirmé sa volonté de remettre la maîtrise de la langue française au cœur des examens scolaires. Selon lui, les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne devraient pas pouvoir obtenir le baccalauréat. Une déclaration forte qui relance le débat autour de l’importance de l’orthographe, de la grammaire et de la qualité d’expression écrite dans le système éducatif français.
Une réforme pour redonner de la valeur au bac et au brevet
Le ministre souhaite renforcer les critères d’évaluation liés à la rédaction afin de valoriser davantage les diplômes nationaux comme le brevet et le baccalauréat. Dans une circulaire publiée le 26 mars et adressée à l’ensemble des recteurs d’académie, le ministère annonce un durcissement des règles de notation concernant la qualité des copies rendues par les élèves.
Le texte précise notamment que les épreuves du DNB et du bac devront désormais accorder une attention particulière à plusieurs éléments essentiels : l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, la clarté de l’expression ainsi que la lisibilité globale du propos. Cette nouvelle orientation concerne toutes les disciplines, y compris les matières scientifiques.
L’orthographe considérée comme un enjeu majeur
Cette décision n’a pas tardé à provoquer des réactions dans le monde politique et éducatif. L’ancienne ministre Cécile Duflot, aujourd’hui directrice générale de l’ONG Oxfam France, a vivement critiqué cette approche en affirmant que « l’orthographe n’est pas une religion ».
Face à ces critiques, Édouard Geffray assume pleinement sa position. Dans son interview, il explique que la mauvaise maîtrise de la langue peut devenir un véritable frein dans la vie professionnelle et universitaire. Selon lui, ne pas savoir écrire correctement reste aujourd’hui un facteur fortement discriminant.
Le ministre insiste également sur le rôle fondamental de la grammaire et de la syntaxe dans la construction de la pensée. Pour lui, apprendre à bien écrire permet aussi de mieux réfléchir, mieux argumenter et mieux communiquer. Il considère donc cette priorité comme indispensable pour préparer les élèves à leur avenir.
Des consignes plus strictes pour les correcteurs
À l’approche des examens du brevet et du baccalauréat, le ministère demande aux examinateurs de se montrer plus exigeants concernant la qualité rédactionnelle des copies. Édouard Geffray estime que, pendant longtemps, l’orthographe a été reléguée au second plan, notamment dans certaines matières scientifiques où seul le raisonnement était réellement valorisé.
Désormais, même une réponse correcte sur le fond pourra être pénalisée si elle est mal formulée ou difficile à comprendre. Le ministre donne un exemple clair : un élève qui réalise un raisonnement mathématique juste mais rédigé de manière insuffisante ne pourra pas obtenir la note maximale.
“Mentir aux élèves sur leur niveau serait une erreur”
Pour Édouard Geffray, accorder le baccalauréat à des élèves qui rencontrent d’importantes difficultés en expression écrite reviendrait à leur donner une image faussée de leur véritable niveau. Il estime qu’un diplôme doit conserver sa crédibilité et refléter des compétences réelles.
Le ministre affirme préférer une baisse du nombre de diplômés plutôt que de voir des étudiants confrontés plus tard à des difficultés importantes dans leurs études supérieures ou dans le monde du travail. Selon lui, cette exigence renforcée permettra de mieux préparer les jeunes aux attentes professionnelles et académiques.
Une mesure qui relance le débat sur l’école française
Cette nouvelle politique éducative ouvre une nouvelle fois le débat sur le niveau des élèves en français et sur la place de l’orthographe dans l’enseignement. Entre ceux qui défendent une école plus exigeante et ceux qui craignent une sélection trop sévère, le sujet continue de diviser.
Une chose reste néanmoins certaine : la maîtrise de la langue française redevient aujourd’hui un élément central dans l’évaluation des élèves et dans l’obtention des grands diplômes nationaux.
Source : 20Minutes
