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Faut-il craindre une nouvelle pandémie comme le Covid-19 ? Ce que disent vraiment les experts de l’OMS sur le hantavirus

Immobilisé près du Cap-Vert, le navire MV Hondius suscite de fortes inquiétudes après trois décès associés au virus des Andes. Alors que les autorités sanitaires suivent l’évolution de la situation, l’OMS et plusieurs experts cherchent à évaluer le risque réel d’une crise comparable au Covid-19.

Le souvenir du Diamond Princess reste encore marqué dans les mémoires. Cette fois, c’est le MV Hondius, un navire de croisière immobilisé au large du Cap-Vert, qui se retrouve au cœur d’une nouvelle alerte sanitaire. Environ 150 personnes sont confinées à bord après la mort de trois passagers touchés par une infection liée à un hantavirus.

Le navire avait quitté Ushuaïa le 1er avril pour une expédition vers l’archipel du Cap-Vert, puis les Canaries. Ce qui devait être un voyage d’exploration est devenu une situation sous haute surveillance. À bord, la présence possible du virus des Andes, une forme rare d’hantavirus, pousse les autorités à agir avec prudence.

Hantavirus sur le MV Hondius : ce que l’OMS a déjà clarifié

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Photo : Associated Press / Misper Apawu

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le premier passager malade, un Néerlandais âgé de 70 ans, aurait présenté de la fièvre, des maux de tête et des troubles digestifs le 6 avril, avant de décéder le 11 avril. Anaïs Legand, experte technique des fièvres hémorragiques virales à l’OMS, rappelle que la période d’incubation du virus se situe généralement entre une et six semaines, avec une moyenne plus fréquente autour de deux à trois semaines.

Ce détail est important, car il aide les spécialistes à comprendre l’origine probable de l’infection. D’après l’experte, le premier cas n’aurait pas été contaminé à bord du bateau ni lors d’une escale récente. L’exposition serait plutôt survenue avant l’embarquement, probablement lors d’un contact avec un rongeur infecté, en Amérique du Sud.

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Le couple néerlandais concerné avait voyagé dans une région où le virus des Andes circule déjà. En Argentine, plusieurs dizaines de cas ont été signalés depuis le début de l’année, notamment en Patagonie. Pour l’instant, trois décès sont associés au navire, mais une seule infection par hantavirus a été confirmée en laboratoire.

Face à cette situation, l’OMS a envoyé deux représentants sur le MV Hondius. Leur rôle est d’évaluer le niveau de risque, d’accompagner l’équipage et d’aider à transmettre des informations claires aux passagers. Les autorités espagnoles préparent également l’arrivée du navire à Tenerife, où un protocole sanitaire doit être appliqué.

Hantavirus et Covid-19 : les experts de l’OMS écartent un scénario de pandémie

Malgré l’inquiétude, les experts de l’OMS estiment que le virus des Andes ne présente pas le même profil que le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa mortalité peut être élevée, mais sa capacité de transmission semble beaucoup plus limitée.

Anaïs Legand souligne qu’il n’existe pas de preuve montrant qu’une personne puisse transmettre ce virus avant l’apparition des symptômes. C’est un point essentiel : contrairement au Covid-19, la propagation silencieuse paraît beaucoup moins probable. Le risque le plus important se situerait surtout pendant la première semaine de maladie, lorsque la personne malade présente déjà des signes visibles et peut être isolée.

Les spécialistes rappellent aussi que la transmission nécessite généralement un contact étroit entre deux personnes. Il peut s’agir, par exemple, d’un échange de salive au sein d’un couple ou d’un contact rapproché prolongé. Cette caractéristique réduit fortement le risque d’une diffusion massive dans la population.

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Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies juge d’ailleurs le risque de propagation généralisée en Europe comme très faible. De son côté, le directeur général de l’OMS estime que la situation actuelle ne ressemble pas au début de la pandémie de Covid-19. Pour l’organisation, le risque pour le reste du monde reste faible à ce stade.

Un porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a indiqué que des discussions sont en cours avec les autorités nationales, les services médicaux et l’organisation afin de définir la marche à suivre lorsque le navire arrivera à quai. L’objectif est clair : assurer une prise en charge rapide, sécurisée et adaptée des personnes présentes à bord du MV Hondius.

Source : Midi Libre

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