Vous aimez un prénom, mais il fait partie des plus donnés en France. Votre partenaire en préfère un autre. Faut-il renoncer, ou trouver un compromis ? Une tendance a de plus en plus la cote : le « mix and match », qui consiste à transformer un prénom ou à fusionner deux prénoms pour obtenir quelque chose d’original, sans renier ses origines. Voici ce qu’en dit notre experte prénoms, avec des exemples, puis ce que la loi autorise, où en sont les prénoms les plus donnés en 2025 et nos conseils pour tester votre choix.
Choisir le prénom de bébé : une décision à deux
Le prénom, c’est pour la vie : une responsabilité qui pèse sur les épaules des (futurs) parents. Et comme on est deux à choisir, il faut s’accorder. Il arrive que chacun ait son prénom chouchou ou des goûts qui ne se rencontrent pas du tout. Selon Claire Tabarly-Perrin, experte prénoms de Magicmaman, il y a très souvent deux prénoms préférés, ou deux styles de prénoms qui ne concordent pas. S’ensuit alors un « bras de fer », qu’elle dit avoir été le plus souvent gagné par la femme, autrefois, en riant.
Original, oui. Excentrique, non.
De nombreux parents attendent la publication des tops prénoms de l’année pour être sûrs de ne pas donner un prénom trop fréquent. La règle d’or selon l’article : chercher l’originalité, pas l’excentricité. Un prénom trop original peut avoir un impact sur l’enfant, obligé de l’épeler systématiquement ou parfois mis à l’écart. Magicmaman rappelle aussi que de précédentes études estiment que les personnes portant un prénom peu commun ou difficile à prononcer inspireraient moins facilement confiance à leur entourage. Ces études ne sont pas détaillées dans l’article : à prendre comme une raison de réfléchir, pas comme une loi.
La tendance du mix and match : l’art de transformer un prénom
L’expression « mix and match » (« mélanger et faire correspondre »), qu’on utilise d’ordinaire en déco, s’applique désormais aux prénoms. Claire Tabarly-Perrin, co-auteure avec Stéphanie Rapoport de L’Officiel des Prénoms 2024 (éditions First), explique que cette tendance permet de se singulariser et d’opérer une petite mutation, tout en gardant un prénom assez consensuel. Concrètement, on peut jouer sur la terminaison du prénom, ou fusionner deux prénoms. Deux exemples donnés :
- Cléa devient Cléo : l’un aime Cléa, l’autre trouve que les prénoms en -a sont trop nombreux et trop communs. On change la terminaison.
- Timothé + Maël = Timaël : l’un aime Timothé, jugé trop classique par l’autre. L’autre aime Maël, mais le co-parent ne veut pas d’un prénom du top 20 des plus donnés. On fusionne.
Pour l’experte, il ne s’agit pas de « n’importe quoi » : les prénoms ainsi donnés sont le fruit d’une véritable réflexion. Elle insiste sur le fait qu’il est important d’être heureux du prénom choisi, mais aussi que l’enfant lui-même en soit heureux.

Garder son identité culturelle avec un prénom original
Le mix and match est aussi une façon de choisir un prénom qui garde du sens culturellement. Selon l’experte, des familles arabo-musulmanes peuvent par exemple opter pour un prénom très occidental tout en restant ancrées dans leur identité. Elle cite Naël, qui signifie en arabe « qui a étanché sa soif » et qui se retrouve aussi dans des prénoms comme Gwenaël ou Nathanaël, donc un prénom que des familles protestantes ou catholiques peuvent tout aussi bien choisir. Elle précise toutefois que le mix and match ne renvoie pas vraiment au multiculturalisme : c’est surtout une tendance qui permet de jouer sur la personnalité, avec un prénom peu classique mais consensuel, tout en restant soi-même.
Utile : ce que la loi autorise en France
Avant de fusionner ou d’inventer, voici les règles officielles (Service-public) :
- Pas de liste de prénoms autorisés : vous pouvez reprendre un prénom existant ou en créer un.
- Limites : le prénom, seul ou avec le nom de famille, ne doit pas être contraire à l’intérêt de l’enfant (par exemple un prénom ridicule ou grossier), ni porter atteinte au droit d’une autre personne à protéger son nom (par exemple celui d’une personne célèbre).
- Si le prénom est jugé contraire à l’intérêt de l’enfant : l’officier d’état civil ne peut pas le refuser, mais il signale la situation au procureur de la République, qui peut saisir le juge aux affaires familiales. Celui-ci peut ordonner la suppression du prénom et en attribuer un autre si les parents n’en choisissent pas.
- Prénoms composés : vous indiquez si les prénoms sont séparés par un tiret ou par un espace. Seuls les caractères de l’écriture du français sont admis.
- Ordre et nombre : tout prénom de l’acte peut servir de prénom usuel, quel que soit son rang. Il n’y a pas de limite au nombre de prénoms, mais l’officier d’état civil peut estimer qu’une multiplicité de prénoms est contraire à l’intérêt de l’enfant.
Utile : où en sont les prénoms les plus donnés en 2025 ?
D’après l’Insee (palmarès publié le 16 juillet 2026), voici le top 10 des prénoms donnés aux bébés nés en 2025 en France :
- Filles : Louise, Jade, Ambre, Alma, Alba, Rose, Emma, Romy, Adèle, Alice.
- Garçons : Gabriel (environ 4 625 naissances), Noah, Léo, Raphaël, Louis, Jules, Arthur, Léon, Adam, Maël.
Maël, utilisé dans l’exemple de l’article, figure donc en 10e place du palmarès garçons 2025. Les effectifs sont arrondis au multiple de 5 le plus proche. Si vous voulez éviter les prénoms très courants, ce top 10 est un bon point de départ, mais pensez aussi à regarder le palmarès de votre région ou de votre ville.
Utile : comment tester un prénom transformé avant de le choisir
Ces conseils pratiques ne viennent pas d’une étude : ce sont des réflexes de bon sens.
- Dites-le à voix haute avec votre nom de famille : il se prononce facilement, sans enchaînement de sons étrange ?
- Écrivez-le : l’orthographe est-elle évidente, ou faudra-t-il l’épeler à chaque fois ? C’est le point soulevé dans l’article.
- Imaginez-le à tous les âges : bébé, enfant, adolescent, adulte, au travail.
- Cherchez les diminutifs et les rimes moqueuses possibles à l’école.
- Faites-le tester à votre entourage sans leur dire que c’est le choix final : leurs premières réactions sont instructives.
- Laissez passer quelques jours avant de trancher : un prénom qui plaît toujours après une semaine est un bon signe.
Et si l’on regrette ensuite ?
Un changement de prénom reste possible, mais il faut un intérêt légitime (par exemple un usage prolongé d’un autre prénom). Pour un mineur, la demande est faite par les représentants légaux, et si l’enfant a plus de 13 ans, son accord est nécessaire. Mieux vaut donc bien choisir dès le départ.
En bref
- Le mix and match, qui consiste à changer la terminaison d’un prénom ou à fusionner deux prénoms (Cléa en Cléo, Timothé et Maël en Timaël), permet de mettre un couple d’accord tout en restant original.
- L’experte rappelle qu’il faut chercher l’originalité sans l’excentricité, et que l’enfant doit être heureux de son prénom.
- En France, aucun prénom n’est interdit d’office, mais il ne doit pas être contraire à l’intérêt de l’enfant ; testez-le à voix haute et avec votre nom de famille avant de décider.
