Depuis le 6 janvier, certains parents doivent changer les couches de leurs enfants directement à l’école. Une nouvelle règle qui provoque de nombreuses réactions.
Depuis le lundi 6 janvier 2025, certaines écoles du Pays de Galles appliquent une mesure assez inhabituelle : les parents doivent venir en classe pour changer eux-mêmes la couche de leur enfant lorsque cela est nécessaire.
Cette règle, annoncée quelques semaines plus tôt, a rapidement lancé le débat. Pour certains parents, elle semble logique. Pour d’autres, elle complique fortement l’organisation des familles au quotidien.
Le conseil du district de Blaenau Gwent est à l’origine de cette décision. Les familles ont été informées par courrier au début du dernier trimestre scolaire.
Dans cette lettre, les parents étaient aussi encouragés à profiter des vacances de Noël pour apprendre à leur enfant à utiliser le pot. L’objectif était simple : éviter que les enfants arrivent encore en couche à l’école après la rentrée.
Si un enfant vient à la crèche ou à l’école avec une couche ou une couche-culotte, ses parents devront se déplacer pour venir le changer en classe.
Une exception est toutefois prévue. Les enfants qui portent des couches pour des raisons médicales ne sont pas concernés par cette nouvelle règle.
La mesure s’applique à tous les enfants inscrits dans les écoles concernées, sauf ceux ayant des besoins éducatifs particuliers. Le but affiché est de responsabiliser les parents, tout en permettant aux enseignants de se concentrer davantage sur leur mission principale : l’apprentissage.
Mais cette décision ne fait pas l’unanimité. Certains y voient une règle nécessaire pour mieux organiser la classe. D’autres estiment qu’elle est trop stricte et qu’elle ne tient pas assez compte des réalités familiales.
Un trop grand nombre d’enfants arrivent encore en couches à l’école
Cette nouvelle politique a été mise en place après un constat inquiétant : en septembre, de nombreux enfants inscrits en crèche ou à l’école sont arrivés en classe sans être encore propres.
Selon les responsables, cette situation obligeait le personnel scolaire à consacrer beaucoup de temps au changement des enfants. Un temps qui, normalement, devrait être réservé aux activités éducatives et à l’accompagnement en classe.
Le conseil explique que cette charge supplémentaire avait un impact direct sur l’enseignement. Quand les enseignants doivent interrompre régulièrement les activités pour gérer les couches, toute la dynamique de la classe peut être perturbée.
Avec cette règle, les écoles souhaitent donc permettre au personnel de se recentrer sur les apprentissages et d’offrir une meilleure expérience à l’ensemble des enfants.
Du côté des parents, les avis restent partagés. Beaucoup comprennent la décision et estiment qu’à un certain âge, l’apprentissage de la propreté devrait déjà être bien avancé.
Sous une vidéo publiée par Netmums, plusieurs internautes ont réagi en posant la même question : si un enfant n’est pas propre à quatre ans, que font les parents ?

24 % des enfants de maternelle ne sont toujours pas propres à leur entrée à l’école
Cette décision intervient aussi dans un contexte plus large. Une étude récente indique que 24 % des enfants commencent l’école sans être totalement propres.
Le rapport a été publié par Kindred, une association caritative spécialisée dans la petite enfance. L’enquête a interrogé 1 000 membres du personnel dans des écoles primaires en Angleterre et au Pays de Galles.
Les résultats montrent une vraie inquiétude dans les établissements. La moitié du personnel interrogé estime que les enfants sont aujourd’hui beaucoup moins prêts à entrer en classe de réception qu’il y a seulement un an et demi.
Ce manque de préparation ne concerne pas seulement la propreté. Il touche aussi l’autonomie, la concentration et la capacité des enfants à suivre le rythme scolaire.
Autre point important : 50 % des parents pensent que l’apprentissage de la propreté devrait être une responsabilité partagée entre les familles et les écoles.
Pour eux, cette étape ne devrait pas reposer uniquement sur les parents à la maison. Les écoles, selon cette vision, auraient aussi un rôle à jouer pour accompagner progressivement les enfants.
Cette nouvelle règle relance donc une question sensible : où s’arrête la responsabilité des enseignants, et où commence celle des parents ? Une chose est sûre, le débat autour de la propreté à l’école est loin d’être terminé.
