Un couple d’étudiants devient parents… et perd son logement universitaire
Installés dans un logement étudiant au sein de la résidence CROUS Romain-Gary à Nice, Joseph et Saoirse ne s’attendaient pas à vivre une telle situation après la naissance de leur enfant. Quelques semaines seulement après avoir accueilli leur petite fille, le jeune couple a reçu une notification leur demandant de quitter leur appartement universitaire.
Tous les deux poursuivent des études supérieures exigeantes. Joseph est actuellement en cinquième année de médecine, tandis que Saoirse est major de promotion en Master 2 dans sa faculté de lettres. Depuis septembre 2024, ils occupaient un logement CROUS de 40 m² pensé pour les étudiants. Mais l’arrivée de leur bébé semble avoir changé leur situation aux yeux de l’administration.
D’après les témoignages relayés par Nice Matin, les jeunes parents disent avoir été pris de court par cette décision. Ils expliquent avoir multiplié les démarches pour trouver une solution, sans obtenir d’accompagnement concret pour leur relogement.
« Malgré nos démarches, nous nous retrouvons sans solution de logement et sans véritable aide du CROUS pour nous reloger, alors même que leur règlement prévoit un accompagnement », confient-ils.
Une situation jugée incompréhensible par les jeunes parents

Afin de pouvoir s’occuper de leur bébé dans de bonnes conditions, Saoirse a temporairement suspendu ses études. Pourtant, selon le règlement de la résidence universitaire, une seule personne du foyer doit obligatoirement être inscrite dans un établissement d’enseignement supérieur pour conserver le logement.
Malgré cela, le courrier adressé par le CROUS demande à la jeune femme de fournir un justificatif de scolarité. Le document rappelle également que les logements universitaires sont réservés « aux étudiants et aux publics éligibles aux prestations des CROUS ».
Pour le couple, cette demande crée une réelle incompréhension. Joseph poursuit toujours ses études de médecine, ce qui, selon eux, devrait suffire à maintenir leur droit au logement.
Les animaux acceptés, mais pas les enfants ?
En cherchant à mieux comprendre les règles appliquées dans les résidences universitaires, les jeunes parents ont découvert ce qu’ils considèrent comme une contradiction difficile à accepter.
Selon leurs déclarations, une nouvelle politique interne interdirait désormais la présence d’enfants dans certaines résidences étudiantes. En revanche, les animaux domestiques seraient aujourd’hui autorisés, y compris dans de petites surfaces de 9 à 18 m².
« On nous explique que les enfants ne sont plus acceptés dans les résidences universitaires, alors que les animaux domestiques sont désormais autorisés », regrettent-ils. Une situation qu’ils vivent comme particulièrement injuste après la naissance de leur fille.
Le CROUS répond aux accusations d’expulsion
Interrogée par Nice Matin, Mireille Barral, directrice du CROUS, a tenu à apporter des précisions concernant cette affaire. Elle affirme que le couple n’a pas été expulsé de manière immédiate et rejette l’idée d’une pression exercée sur les jeunes parents.
Selon elle, ils disposent d’un délai allant jusqu’à la fin du mois de juin pour quitter le logement universitaire. Elle rappelle également que le règlement interdit « l’hébergement d’une tierce personne, y compris un enfant » au sein de la résidence.
Cette affaire relance aujourd’hui le débat autour des conditions de logement étudiant en France et de la place accordée aux étudiants devenus parents durant leur parcours universitaire.
