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Une étude de grande ampleur montre que certaines pilules augmentent le risque de cancer du sein.

Les contraceptions hormonales sont utilisées par des millions de femmes. Une vaste étude menée sur plus de deux millions de personnes montre toutefois que le risque de cancer du sein pourrait varier selon le type de pilule et, surtout, selon les hormones qu’elle contient.

Chaque année, plus de 60 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués en France, selon l’Assurance maladie. Plusieurs facteurs sont déjà bien identifiés : l’âge, notamment après 50 ans, les antécédents familiaux ou personnels, la consommation d’alcool, le tabagisme ou encore le surpoids.

Les hormones jouent également un rôle important. L’âge des premières règles, l’absence de grossesse ou encore certains traitements hormonaux de la ménopause peuvent notamment influencer le risque au cours de la vie.

Une vaste étude suédoise s’est justement intéressée au lien entre contraception hormonale et cancer du sein avant la ménopause. Les chercheurs de l’Université d’Uppsala ont observé que toutes les contraceptions hormonales ne semblaient pas associées au même niveau de risque. Leur étude, publiée le 30 octobre 2025 dans JAMA Oncology, repose sur les données de plus de deux millions de femmes. D’après MedicalXpress, il s’agit de l’une des plus vastes analyses réalisées sur le sujet.

Sur deux millions de femmes suivies, près de 16 400 ont développé un cancer du sein

Les chercheurs ont étudié les données médicales de Suédoises âgées de 13 à 49 ans en 2006, puis les ont suivies jusqu’en 2019. Lorsqu’une participante atteignait 50 ans pendant la période de suivi, ses données n’étaient plus prises en compte à partir de cet âge.

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Au total, près de 16 400 cancers du sein ont été recensés. L’utilisation d’une contraception hormonale, qu’il s’agisse d’une pilule ou d’une autre méthode, était associée à un risque relatif supérieur de 24 % par rapport à l’absence de contraception hormonale.

En valeur absolue, cette différence reste toutefois limitée : elle correspondrait à environ un cas supplémentaire de cancer du sein pour 7 800 utilisatrices. Autre point essentiel : le niveau de risque variait fortement selon la molécule utilisée.

Désogestrel : un risque relatif jusqu’à 50 % plus élevé

Parmi les molécules étudiées, le désogestrel ressort particulièrement. Ce progestatif, utilisé seul ou dans certaines pilules combinées de troisième génération, était associé à une augmentation relative du risque pouvant atteindre 50 %.

Le lévonorgestrel, autre progestatif que l’on retrouve notamment dans plusieurs pilules combinées de deuxième génération, était de son côté associé à une hausse d’environ 20 %.

À l’inverse, les contraceptifs contenant de la drospirénone, présente dans certaines pilules de quatrième génération, n’étaient pas associés dans cette étude à une augmentation du risque de cancer du sein par rapport aux femmes n’utilisant pas de contraception hormonale.

Cette observation ne signifie cependant pas qu’un type de pilule est idéal pour toutes les femmes. Les contraceptifs de troisième et quatrième génération peuvent notamment être associés à un risque plus important de phlébite et d’embolie pulmonaire chez certaines utilisatrices. Le choix d’une contraception doit donc tenir compte de l’ensemble des bénéfices et des risques.

Faut-il arrêter sa contraception hormonale ?

Les auteurs de l’étude se veulent rassurants et ne recommandent pas aux femmes d’interrompre leur contraception sur la seule base de ces résultats.

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« Les contraceptifs hormonaux sont très efficaces et présentent des avantages importants pour la santé, et nous n’encourageons pas les femmes à cesser de les utiliser », rappelle Fatemeh Hadizadeh, l’une des autrices de l’étude, auprès de MedicalXpress.

Les contraceptifs hormonaux ne servent pas uniquement à prévenir une grossesse. Ils peuvent aussi réduire le risque de certains cancers, notamment ceux de l’ovaire et de l’endomètre, diminuer les douleurs menstruelles et les saignements abondants, ou encore améliorer certains problèmes d’acné.

L’enjeu est donc moins de considérer une contraception comme « bonne » ou « mauvaise » que de choisir celle qui correspond le mieux à chaque situation. L’âge, les antécédents familiaux, les facteurs cardiovasculaires, les effets secondaires et les besoins de chaque femme doivent être pris en compte avec un professionnel de santé.

En bref

  • La contraception hormonale était associée dans cette étude à une légère hausse globale du risque de cancer du sein avant 50 ans.
  • Le niveau de risque variait cependant selon le progestatif utilisé, avec une association plus marquée pour le désogestrel.
  • Ces résultats ne justifient pas un arrêt automatique de la pilule : le choix de la contraception doit rester personnalisé avec un professionnel de santé.

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