ActualitéDPI-A : Stéphanie Rist se dit favorable à l’autorisation de cet examen...

DPI-A : Stéphanie Rist se dit favorable à l’autorisation de cet examen toujours interdit en France

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est dite « à titre personnel » favorable au DPI-A, un examen des embryons conçus par fécondation in vitro qui reste interdit en France. Ce que permet vraiment ce test, ce que prévoit la proposition de loi déposée à l’Assemblée, et pourquoi le sujet divise médecins et spécialistes de l’éthique : voici l’essentiel.

Ce qu’a dit Stéphanie Rist

Interrogée le mercredi 4 novembre 2026 sur Sud Radio, la ministre de la Santé s’est dite favorable, à titre personnel, à l’autorisation du DPI-A. Une prise de position remarquée, car cet examen est demandé depuis des années par des associations de patients engagés dans un parcours de PMA.

La ministre ne s’est toutefois engagée sur aucun calendrier. Selon Magicmaman, elle souhaite que la question soit débattue au Parlement dans le cadre des lois de bioéthique, en tenant compte de l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Le DPI-A, c’est quoi exactement ?

Le DPI-A, ou diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies, se fait pendant une FIV, avant le transfert de l’embryon dans l’utérus. On prélève quelques cellules de l’embryon pour compter ses chromosomes. Normalement, il y en a 46.

Un embryon qui présente un nombre anormal de chromosomes (une « aneuploïdie ») s’implante souvent mal ou peut entraîner une fausse couche. L’idée est donc de transférer en priorité les embryons qui ont le bon nombre de chromosomes.

Il ne faut pas le confondre avec le DPI classique, déjà autorisé en France, mais réservé aux couples qui risquent de transmettre à leur enfant une maladie génétique d’une particulière gravité.

Que prévoit la proposition de loi ?

Une proposition de loi transpartisane, portée par la députée Constance de Pélichy (Liot) et cosignée par des élus de plusieurs groupes, a été déposée à l’Assemblée nationale le 13 octobre 2026. Elle a été rédigée avec le collectif de patients BAMP!. Le texte prévoit :

  • d’autoriser le DPI-A pour les femmes et les couples en parcours de PMA qui sont dans au moins une de ces situations : plus de 35 ans, échecs répétés d’implantation, fausses couches à répétition, ou risque accru d’anomalie chromosomique d’origine maternelle ou paternelle ;
  • d’interdire de s’en servir pour choisir le sexe de l’enfant ou rechercher d’autres caractéristiques génétiques ;
  • une décision au cas par cas, prise par l’équipe médicale du centre, avec le consentement écrit des patients ;
  • une prise en charge par l’Assurance maladie et un suivi par l’Agence de la biomédecine.
LIRE AUSSI :   Leucémie rare : à seulement 4 ans, Elio attend une greffe et un donneur compatible, l’appel bouleversant de ses parents

Selon LCP, ses auteurs souhaitent un examen rapide à l’Assemblée, sans attendre une future loi de bioéthique.

Biologiste en laboratoire de FIV observant des embryons au microscope, pour illustrer le DPI-A

Pourquoi certains couples partent à l’étranger

Le DPI-A est autorisé dans plusieurs pays européens, notamment en Belgique, en Espagne ou en Grèce. Des couples français s’y rendent donc pour en bénéficier, à leurs frais, car il n’est pas remboursé en France.

Pour les défenseurs du texte, cette situation crée une inégalité : seuls ceux qui peuvent payer le voyage et les soins y ont accès. D’après les chiffres cités par les auteurs de la proposition de loi et repris par LCP, sur environ 88 000 FIV réalisées chaque année en France, 65 000 n’aboutissent à aucune naissance.

Petite précision : rien n’est encore autorisé

  • « Favorable à l’autorisation » : la ministre a donné son avis à titre personnel. Ce n’est ni une décision du gouvernement, ni un changement de la loi : le DPI-A reste interdit en France ;
  • pas de calendrier : la ministre veut attendre l’avis du CCNE et un débat parlementaire. La proposition de loi doit encore être examinée et votée ;
  • pas un test pour « choisir son bébé » : le DPI-A compte les chromosomes, il ne sert pas à sélectionner le sexe ou l’apparence, ce que la proposition de loi interdit d’ailleurs ;
  • pas une garantie de grossesse : le test ne rend pas un embryon plus « solide », il aide seulement à choisir lequel transférer en premier.

Utile : ce que disent les études

L’efficacité du DPI-A fait débat chez les scientifiques :

  • Pour ses partisans : un essai espagnol de 2017 (Rubio et al.), mené chez des femmes de 38 à 41 ans et cité dans la proposition de loi, a observé beaucoup moins de fausses couches avec le test (2,7 % contre 39 %) ;
  • Pour les sceptiques : une revue Cochrane de 2020, qui a analysé 13 essais, n’a pas trouvé de preuve claire que le test augmente le nombre total de naissances par femme. Les auteurs jugent les données insuffisantes pour un usage en routine ;
  • en 2021, une grande étude publiée dans le New England Journal of Medicine sur 1 212 femmes de 20 à 37 ans a trouvé un taux cumulé de naissances de 77,2 % avec le test, contre 81,8 % sans : le DPI-A ne l’a pas amélioré chez ces femmes plus jeunes ;
  • certains embryons sont « mosaïques » (un mélange de cellules normales et anormales) et peuvent pourtant donner des bébés en bonne santé : les opposants craignent qu’on écarte des embryons qui auraient pu se développer.
LIRE AUSSI :   Ces champignons vendus dans une grande enseigne pourraient être liés à un décès : surtout, ne les consommez pas

Le débat est aussi éthique. Des opposants, comme la Fondation Jérôme Lejeune, redoutent une forme de tri des embryons. Les associations de patients répondent que le DPI-A ne poursuit aucun objectif de sélection, mais vise seulement à éviter des échecs et des fausses couches.

Utile : si vous êtes en parcours de PMA

Ces conseils ne viennent pas d’une étude : ce sont des réflexes de bon sens.

  1. Parlez-en à votre centre d’AMP : demandez quels examens sont possibles en France dans votre situation, par exemple un bilan en cas de fausses couches à répétition.
  2. Avant de partir à l’étranger, demandez un devis détaillé (FIV, analyses, congélation, transferts) et vérifiez ce qui restera à votre charge.
  3. Demandez les taux de réussite selon votre âge, par transfert et sur l’ensemble du parcours : ce ne sont pas les mêmes chiffres.
  4. Ne restez pas seule face aux décisions : le psychologue du centre et les associations de patients peuvent vous accompagner.

En bref

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est dite à titre personnel favorable au DPI-A, un test des chromosomes de l’embryon pendant une FIV.
L’examen reste interdit en France : une proposition de loi veut l’autoriser après 35 ans, en cas d’échecs répétés ou de fausses couches.
Son efficacité et ses enjeux éthiques font encore débat, et la ministre souhaite attendre l’avis du CCNE.

Sources

LIRE AUSSI :   Décembre 2025 : les retraités recevront leur pension plus tôt – Voici le calendrier complet

Exclusive content

Latest article

More article