Cette maman désabusée s’est livrée sur le traitement que l’école a réservé à son fils diagnostiqué autiste
Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) ne sont ni une maladie ni un trouble psychologique. Il s’agit d’une particularité du développement neurologique qui peut avoir un impact sur le comportement, la communication, le langage ou encore les interactions sociales. Chaque personne autiste présente des caractéristiques différentes, ce qui explique la diversité des besoins en matière d’accompagnement et de scolarisation.
Selon les données du ministère de la Santé, les TSA concernent entre 0,9 % et 1,2 % des naissances en France, soit près de 7 500 enfants chaque année. La Haute Autorité de Santé estime par ailleurs que près de 100 000 jeunes de moins de 20 ans et environ 600 000 adultes vivent avec l’autisme sur le territoire français.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années en matière d’inclusion scolaire, de nombreuses familles dénoncent encore un manque de solutions réellement adaptées. L’accès à une scolarité inclusive et respectueuse demeure un défi important pour de nombreux enfants autistes. Plusieurs associations alertent régulièrement sur l’écart existant entre les dispositifs proposés et les besoins concrets des élèves concernés.
Seuls 20 % des élèves autistes disposent aujourd’hui d’un accompagnement réellement adapté, associant scolarisation ordinaire et enseignement spécialisé.
La scolarité de l’enfant autiste : un parcours souvent semé d’obstacles

Les difficultés liées à la scolarisation des enfants autistes ne concernent pas uniquement la France. Au Royaume-Uni également, certaines familles peinent à trouver des établissements capables d’offrir un environnement inclusif et adapté aux besoins spécifiques de leur enfant.
C’est notamment le cas d’Ana Martinez, une mère de famille de 47 ans, qui avait placé beaucoup d’espoir dans l’école primaire de Corstorphine, située dans une banlieue résidentielle proche d’Édimbourg, en Écosse. Son fils Markel, aujourd’hui âgé de six ans, a été diagnostiqué autiste à l’âge de deux ans. Convaincue que l’établissement pourrait lui offrir le soutien nécessaire, la famille a même décidé de déménager afin de faciliter son intégration scolaire.
Dans un témoignage accordé au média britannique Edinburgh Live, Ana Martinez explique avoir été rassurée lors de ses premiers échanges avec l’établissement.
« Lors de ma prise de renseignements, ils ont été très gentils avec moi et m’ont informée que leur école serait parfaite pour mon enfant. »
La maîtresse « cache » son fils derrière un paravent
Cependant, quelques jours seulement après la rentrée scolaire, la mère de famille a découvert une situation qui l’a profondément choquée. Lors d’une rencontre organisée entre les parents et les enseignants, elle a constaté que son fils bénéficiait d’un aménagement très particulier au sein de sa classe.
Selon ses explications, Markel travaillait seul à un bureau installé à l’écart des autres élèves. Devant lui se trouvait un paravent destiné à lui bloquer la vue, le séparant visuellement du reste de la classe.
« Après avoir assisté à une soirée parents-professeurs la semaine dernière, j’ai découvert qu’il avait son propre bureau, un paravent face à lui et qu’il était donc séparé de ses camarades de classe. »
Face à cette découverte, Ana Martinez a immédiatement demandé des explications à l’équipe pédagogique. Selon elle, l’établissement a justifié cette organisation en affirmant qu’elle permettait à l’enfant de mieux se concentrer pendant les cours.
« On m’a dit qu’il était à ce bureau parce qu’il avait besoin de se concentrer et que c’est pour cela qu’il a une sorte de bouclier qui lui bloque la vue. »
Pour cette mère, cette mesure a surtout eu pour conséquence d’isoler son fils de ses camarades et de renforcer son sentiment de différence au sein de la classe.
« Il est autiste, mais il n’est pas stupide »
Profondément bouleversée par la situation, Ana Martinez a pris la décision de retirer immédiatement son fils de l’établissement. Elle a ensuite entrepris de rechercher une école spécialisée capable de répondre à ses besoins tout en favorisant son épanouissement.
Selon son témoignage, cette expérience scolaire a laissé des traces importantes chez le jeune garçon. Le sentiment d’être mis à l’écart aurait fortement affecté sa confiance en lui et son bien-être émotionnel.
« Cette école a nui à sa santé mentale. Il me demande pourquoi personne ne l’aime, s’il est un monstre, tout cela parce qu’il doit s’asseoir à l’écart des autres enfants. Il est autiste, mais il n’est pas stupide. Tout ce qu’il veut, c’est participer. Il est très intelligent et adore apprendre. »
Pour cette maman, l’inclusion scolaire ne doit pas se limiter à la présence physique d’un enfant dans une salle de classe. Elle estime qu’un véritable accompagnement doit favoriser les interactions, l’apprentissage et le sentiment d’appartenance au groupe.
En attendant une solution adaptée, l’école à la maison
Dans l’attente de trouver un établissement correspondant réellement aux besoins de son fils, Ana Martinez a choisi de poursuivre son apprentissage à domicile. Chaque jour, elle organise elle-même les activités éducatives afin de lui permettre de continuer sa progression scolaire dans un environnement rassurant.
Le programme comprend notamment de la lecture, de l’écriture, des mathématiques, de l’anglais ainsi que des exercices de compréhension. Une solution temporaire qui lui permet de préserver l’équilibre émotionnel de son enfant tout en maintenant son niveau d’apprentissage.
« Nous faisons de la compréhension, des mathématiques, de l’anglais, de l’écriture et de la lecture. Bien sûr, je veux qu’il aille à l’école, mais seulement s’il est heureux, et il ne l’est pas en ce moment. C’est tellement frustrant et déchirant. Je pleure pour lui tous les jours et personne ne me comprend. »
Cette histoire met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses familles d’enfants autistes. Au-delà de l’accès à l’éducation, c’est la question de l’inclusion scolaire, du respect des différences et de l’accompagnement adapté qui reste au cœur des préoccupations de nombreux parents à travers l’Europe.
