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Petite section : que risquez-vous si votre enfant va à l’école uniquement le matin ?

À 3 ans, certains enfants s’adaptent très facilement à une journée complète à l’école, tandis que d’autres ont encore besoin de longues périodes de repos et supportent moins bien ce rythme soutenu. Pourtant, depuis 2019, l’instruction est obligatoire dès l’âge de 3 ans. Si votre enfant est en petite section et que vous estimez qu’une scolarisation uniquement le matin correspond davantage à ses besoins, un aménagement est possible. Mais cette organisation doit faire l’objet d’une demande officielle.

Votre enfant va à l’école le matin, rentre déjeuner à la maison et ne revient pas en classe l’après-midi ? Pour certains tout-petits, ce fonctionnement peut être beaucoup plus adapté à leur rythme de sommeil et à leur niveau de fatigue. Il ne suffit toutefois pas de se mettre d’accord oralement avec l’enseignant. En petite section de maternelle, la réglementation prévoit une procédure spécifique permettant d’aménager l’obligation d’assiduité.

À 3 ans, une journée d’école n’a pas la même longueur pour tous

Dans une classe de petite section, les enfants suivent en principe le même emploi du temps. Pourtant, entre 3 ans et presque 4 ans, les différences peuvent être importantes. Certains supportent sans difficulté une journée entière à l’école, tandis que d’autres ont encore besoin d’un temps de repos important l’après-midi.

Même lorsqu’ils ont exactement le même âge, les besoins des enfants peuvent être très différents. Une journée d’école demande énormément d’énergie : séparation avec les parents, bruit, vie en groupe, consignes, activités, repas ou encore gestion des émotions. Pour un enfant qui dort encore beaucoup, cette accumulation peut devenir fatigante.

Cette fatigue peut se manifester de différentes façons : pleurs, irritabilité, agitation, difficultés à se concentrer ou véritable épuisement en fin de journée. Dans certaines familles, permettre à l’enfant de rentrer déjeuner puis de dormir tranquillement à la maison peut donc être bénéfique. Pour d’autres enfants, cela n’apporte aucun avantage particulier. C’est justement pour tenir compte de ces différences que la loi prévoit un aménagement spécifique en petite section.

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Sans aménagement, les après-midi manqués comptent comme des absences

Depuis 2019, l’instruction est obligatoire dès 3 ans. Lorsqu’un enfant est inscrit à l’école, il doit donc respecter une obligation d’assiduité scolaire. En pratique, il doit être présent pendant les heures prévues dans son emploi du temps, sauf en cas d’absence justifiée.

Le Code de l’éducation prévoit plusieurs motifs pouvant justifier une absence :

  • la maladie de l’enfant, ou celle d’un proche lorsqu’elle est contagieuse ;
  • une réunion solennelle de famille, comme un mariage ou un enterrement ;
  • un empêchement lié à un problème accidentel de transport ;
  • le fait pour l’enfant de suivre ses représentants légaux lors d’un déplacement effectué en dehors des vacances scolaires.

En revanche, vouloir permettre à son enfant de faire la sieste à la maison ou considérer qu’il est trop fatigué après la matinée ne constitue pas, à lui seul, un motif classique d’absence justifiée.

D’autres situations peuvent éventuellement être étudiées au cas par cas par les services de l’Éducation nationale. Mais pour la petite section, il existe surtout un dispositif bien précis : l’obligation d’assiduité peut être aménagée à la demande des parents, uniquement pour les heures de classe prévues l’après-midi.

Comment demander cet aménagement

  • La demande doit être écrite et signée par les responsables légaux de l’enfant, puis remise au directeur ou à la directrice de l’école.
  • Le directeur donne ensuite son avis après avoir échangé avec les membres de l’équipe éducative. Le dossier est ensuite transmis à l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription, dans un délai maximal de deux jours ouvrés.
  • Lorsque l’avis du directeur est favorable, l’aménagement peut être appliqué provisoirement sans attendre la réponse définitive de l’inspecteur.
  • Si l’inspecteur ne répond pas dans un délai de quinze jours, la demande est considérée comme acceptée. Les modalités retenues sont ensuite communiquées par écrit aux parents.
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Autre information importante pour les familles : la sieste n’est pas obligatoire à l’école maternelle. Un enfant qui n’a plus besoin de dormir l’après-midi peut rester sous la responsabilité de l’enseignant et participer à une activité calme ou adaptée. Demander un aménagement d’assiduité n’est donc pas forcément nécessaire simplement pour éviter le dortoir.

Et si les parents ne font aucune demande ?

C’est ici que la situation peut devenir problématique. Tant qu’aucun aménagement officiel de l’assiduité n’a été accepté, un après-midi d’école manqué sans motif reconnu reste considéré comme une absence non justifiée. La procédure prévue par l’Éducation nationale se met alors en place progressivement.

  • Dès la première absence non justifiée, l’enseignant ou le directeur prend contact avec la famille. Si aucun motif n’est communiqué, ou si les explications sont considérées comme inexactes, le directeur peut transmettre la situation au Dasen, qui rappelle aux parents leurs obligations et les sanctions prévues.
  • À partir de quatre demi-journées d’absence non justifiée au cours d’un même mois, l’équipe éducative se réunit afin d’identifier les causes de l’absentéisme et de proposer des solutions. Les mesures mises en place peuvent être formalisées dans un document signé avec la famille.
  • Au-delà de dix demi-journées d’absence dans le mois, les parents peuvent être convoqués et un dispositif d’accompagnement peut être instauré. Si les absences persistent malgré les démarches engagées, le Dasen peut saisir le procureur de la République.

Si, après l’avertissement du Dasen, les parents ne respectent toujours pas l’obligation d’assiduité, ils peuvent s’exposer à une contravention de 4e classe, pouvant atteindre 750 euros d’amende.

La sanction beaucoup plus sévère pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende concerne une situation différente : celle dans laquelle les manquements des parents compromettent sérieusement la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de l’enfant. Elle ne vise donc pas quelques après-midi d’absence isolés.

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Autre précision utile : l’absentéisme scolaire n’entraîne pas la suspension des allocations familiales.

L’aménagement peut-il porter sur tous les après-midi ?

Oui. Les textes ne fixent pas de nombre maximal d’après-midi pouvant être concernés par l’aménagement. La demande peut donc porter sur l’ensemble des heures de classe de l’après-midi, à condition que les modalités soient définies dans le cadre de la procédure officielle.

Ces modalités doivent notamment tenir compte des horaires de l’établissement et du règlement intérieur de l’école. Elles peuvent également être modifiées en cours d’année si les besoins de l’enfant évoluent. Dans ce cas, la famille doit effectuer une nouvelle demande selon la même procédure.

Le ministère rappelle néanmoins que ces aménagements sont réévalués régulièrement au cours de l’année scolaire. L’objectif est généralement d’accompagner progressivement l’enfant vers une journée complète, notamment à l’approche de son entrée en moyenne section.

Attention, le dispositif s’arrête à la petite section

L’aménagement de l’obligation d’assiduité l’après-midi est réservé aux enfants inscrits en petite section. Une fois en moyenne section, puis en grande section, ce dispositif particulier n’est plus prévu. L’enfant doit alors être présent pendant l’ensemble des heures inscrites à son emploi du temps, sauf motif d’absence reconnu.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un enfant de moyenne section est obligé de dormir l’après-midi. La sieste dépend toujours de ses besoins et de l’organisation de l’école. En revanche, les parents ne peuvent plus utiliser ce dispositif spécifique pour demander une scolarisation limitée uniquement aux matinées.

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