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À 70 ans, il vit en EHPAD après une maladie neurologique mais doit encore rembourser 770 € de crédits chaque mois : son fils est obligé de payer à sa place.

Quand un parent perd son autonomie à un âge avancé, les démarches administratives et les dépenses peuvent rapidement devenir très difficiles à gérer pour toute la famille. Un homme raconte comment la maladie de son père et le coût de son EHPAD l’ont obligé à reprendre entièrement les finances de ses parents, jusqu’à verser lui-même près de 1 600 euros chaque mois pour éviter que leurs comptes ne s’enfoncent davantage dans le rouge.

Lorsque son père est entré en EHPAD, Paul, prénom d’emprunt, pensait surtout devoir gérer les conséquences de sa maladie. Mais il a rapidement découvert que les problèmes financiers allaient eux aussi prendre une place considérable dans son quotidien.

Dans un témoignage publié sur Reddit, cet homme explique avoir dû reprendre la gestion des finances de ses parents retraités, devenues particulièrement fragiles. Son père, qui avait environ 70 ans au moment des faits, souffre d’une maladie neurologique ayant provoqué une perte totale d’autonomie. Depuis plusieurs années, il vit donc dans un établissement spécialisé.

Sa mère, de son côté, est restée dans la maison familiale. Paul tente aujourd’hui de vendre ce logement afin d’alléger les dépenses du couple. Une responsabilité d’autant plus lourde qu’il précise être « fils unique » et devoir gérer seul une grande partie de la situation.

Mais le placement en EHPAD n’est pas la seule dépense importante. Avant sa maladie, son père avait également souscrit deux crédits à la consommation. Ces mensualités continuent d’être prélevées alors même que les revenus du couple ne suffisent plus à couvrir toutes les charges.

Le problème est aggravé par l’absence d’épargne disponible. Aucune réserve financière importante ne permet aujourd’hui d’absorber les dépenses supplémentaires, ce qui oblige leur fils à intervenir directement.

En détaillant les comptes de ses parents, Paul montre à quel point le budget est devenu difficile à équilibrer. L’EHPAD coûte environ 2 100 euros par mois. À cette somme s’ajoute un premier crédit d’environ 500 euros mensuels, qui doit encore être remboursé jusqu’en 2027, ainsi qu’un second prêt de 270 euros.

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La maison familiale entraîne elle aussi près de 520 euros de dépenses chaque mois. Il faut ensuite compter environ 500 euros supplémentaires pour les dépenses courantes de sa mère.

Face à toutes ces charges, les revenus restent limités. Selon Paul, son père perçoit une retraite d’environ 2 700 euros tandis que sa mère touche autour de 200 euros par mois. Le couple dispose donc d’environ 2 900 euros de revenus mensuels.

Les dépenses étant largement supérieures à cette somme, Paul estime que les comptes de ses parents affichent un déficit proche de 1 500 euros par mois.

« Je me retrouve à faire un virement d’environ 1 600 € par mois sur le compte de mes parents, ce qui est difficilement soutenable », explique-t-il dans son témoignage.

« En théorie, je ne suis pas responsable des prêts de mes parents » : le casse-tête financier du fils

C’est précisément cette situation qui inquiète Paul. Son salaire lui permet encore d’aider ses parents, mais il explique que ses revenus peuvent également compliquer l’accès à certaines aides destinées à financer l’hébergement en EHPAD.

Chaque mois, il doit donc alimenter le compte de ses parents afin que les factures puissent être réglées. Pourtant, il estime ne pas avoir à assumer personnellement les crédits contractés autrefois par son père.

« En théorie, je ne suis pas responsable des prêts de mes parents. Sauf qu’en donnant de l’argent tous les mois pour payer l’EHPAD, je me retrouve indirectement à payer ces prêts », résume-t-il.

Et c’est là toute la difficulté : l’argent qu’il verse n’est pas directement destiné au remboursement des crédits. Mais puisque les revenus de ses parents servent à payer l’ensemble des dépenses, son aide financière permet indirectement de maintenir tous les prélèvements, y compris ceux liés aux prêts.

Sur le plan juridique, il faut toutefois distinguer plusieurs choses. En France, un enfant ne devient pas automatiquement responsable des crédits personnels souscrits par ses parents simplement parce qu’il les aide financièrement.

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En revanche, le droit français prévoit une obligation alimentaire entre certains membres d’une même famille. Lorsqu’un parent ne dispose plus des ressources nécessaires pour couvrir ses besoins essentiels, ses enfants peuvent, dans certaines situations, être amenés à participer financièrement.

Cette obligation peut notamment intervenir lorsqu’il faut financer tout ou partie du séjour d’un parent en maison de retraite. Le montant demandé dépend alors de différents éléments, notamment des revenus du parent concerné et de ceux de ses enfants.

Cela ne signifie pas pour autant que Paul soit devenu débiteur des crédits de son père. Le simple fait de verser régulièrement de l’argent à ses parents ne transfère pas automatiquement les dettes à son nom.

La responsabilité concernant les prêts dépend notamment des contrats souscrits, de la présence éventuelle d’un co-emprunteur, d’une caution ou encore des garanties prévues au moment de la signature.

facture impayé

EHPAD, perte d’autonomie, assurance : quelle issue pour la famille ?

Face à cette situation, Paul cherche désormais des solutions pour faire baisser les charges. L’une des premières pistes concerne les assurances associées aux deux crédits souscrits par son père.

Il explique avoir constitué deux dossiers auprès des compagnies concernées en faisant valoir la perte totale et irréversible d’autonomie de son père. Une garantie qui peut, dans certains contrats, permettre la prise en charge de tout ou partie des mensualités restantes.

Paul reste toutefois prudent sur ses chances d’obtenir une indemnisation. Son père avait déjà dépassé les 70 ans lorsque sa perte d’autonomie est survenue, et certains contrats d’assurance prévoient des limites d’âge ou des exclusions précises.

Dans ce type de situation, tout dépend des conditions générales du contrat. La définition de la perte totale et irréversible d’autonomie, l’âge de l’emprunteur au moment du sinistre, les exclusions médicales ou encore la durée de la garantie peuvent avoir une importance déterminante.

Il est donc impossible de savoir, à partir du seul témoignage de Paul, si les assurances accepteront finalement de prendre en charge les deux crédits.

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Une autre solution peut concerner directement le financement de l’EHPAD. Plusieurs dispositifs existent en France pour les personnes âgées dont les ressources ne suffisent pas à couvrir les frais liés à la perte d’autonomie ou à l’hébergement.

Parmi les principales aides figurent notamment l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), certaines aides au logement ainsi que l’aide sociale à l’hébergement (ASH).

L’APA peut notamment contribuer à financer les dépenses liées à la dépendance. Son montant dépend du niveau de perte d’autonomie de la personne et de ses ressources.

L’ASH peut, de son côté, prendre en charge une partie, voire dans certaines situations une part importante, des frais d’hébergement lorsque les revenus de la personne âgée sont insuffisants. Certaines conditions doivent toutefois être respectées, notamment concernant l’établissement choisi, qui doit généralement être habilité à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale.

Dans le cadre d’une demande d’ASH, le département peut aussi examiner les revenus des personnes considérées comme obligés alimentaires, notamment les enfants. Une participation peut alors être demandée en fonction de leurs capacités financières.

Pour Paul, la vente de la maison familiale pourrait également permettre de retrouver une certaine marge de manœuvre et de réduire les charges mensuelles. Mais en attendant qu’une solution durable soit trouvée, il continue à verser chaque mois une somme importante.

Son témoignage met surtout en lumière une réalité à laquelle de nombreuses familles peuvent être confrontées : lorsqu’une perte d’autonomie survient alors que des crédits, un logement et d’autres dépenses sont toujours en cours, l’équilibre financier peut rapidement devenir extrêmement fragile.

Entre le coût de l’EHPAD, les remboursements de prêts, les dépenses courantes et les démarches pour obtenir des aides ou faire jouer les assurances, les proches se retrouvent parfois à devoir gérer en même temps la maladie, l’administratif et les difficultés financières.

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