Depuis lundi 12 octobre, et jusqu’au dimanche 18, c’est la Semaine mondiale de l’allaitement maternel. Partout en France, des maternités, des PMI et des associations ouvrent leurs portes pour répondre aux questions des futures et jeunes mamans, souvent gratuitement.
Que vous allaitiez déjà, que vous hésitiez encore ou que vous attendiez votre bébé, voici ce qu’il faut savoir sur cette semaine, les vrais chiffres en France et les aides auxquelles vous avez droit.
Le thème de cette année
La campagne 2026 a pour fil rouge : « L’allaitement maternel, un tremplin pour la vie : soutenir et renforcer ce qui fonctionne ». L’idée n’est pas de mettre la pression aux mères, mais de regarder ce qui les aide concrètement à allaiter aussi longtemps qu’elles le souhaitent, et de le développer.
Au niveau international, cette semaine est célébrée début août. En France, elle est organisée à l’automne par la Coordination française pour l’allaitement maternel (CoFAM), qui relaie les initiatives locales.
Des rendez-vous gratuits près de chez vous
Stands d’information, rencontres avec des sages-femmes, cafés-parents, ateliers sur le portage : le programme change d’une ville à l’autre. Quelques exemples cette semaine :
- au CHU d’Orléans, une après-midi d’échanges est prévue le mercredi 14 octobre, de 14 h à 18 h, dans le hall de l’hôpital. Elle est gratuite et ouverte à tous ;
- à l’hôpital Necker-Enfants malades, à Paris, la maternité et le lactarium d’Île-de-France accueillent les familles le jeudi 15 octobre, avec un accent mis sur le don de lait, si précieux pour les bébés prématurés.
Pour trouver ce qui se passe près de chez vous, la CoFAM publie sur son site une carte interactive de tous les événements. Pensez aussi à appeler votre maternité ou votre PMI : beaucoup organisent quelque chose sans forcément le faire savoir.
Les mamans veulent allaiter… mais beaucoup s’arrêtent vite
Les chiffres mis en avant cette année le montrent bien : l’envie est là, c’est l’accompagnement qui manque.
- pendant la grossesse, près de 65 % des femmes disent vouloir allaiter exclusivement, et 8,5 % envisagent un allaitement mixte (enquête nationale périnatale 2021) ;
- à la naissance, 77 % des mères allaitent, soit trois points de plus qu’en 2012 ;
- mais dès le troisième jour, un nouveau-né sur deux a déjà reçu du lait infantile ;
- à 2 mois, seules 34,4 % des mamans allaitent encore exclusivement, et 19,8 % pratiquent un allaitement mixte ;
- à 6 mois, plus d’un bébé sur trois est encore allaité, contre moins d’un sur quatre dix ans plus tôt.
Le progrès est réel, mais la France reste parmi les pays d’Europe où l’on allaite le moins, avec de fortes différences selon les régions et les milieux sociaux.

Ce que recommande l’OMS
C’est un point que beaucoup de familles ignorent : l’Organisation mondiale de la santé conseille un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis de le poursuivre en parallèle de la diversification alimentaire jusqu’à 2 ans ou plus, si la maman et l’enfant le souhaitent.
Allaiter un enfant de 1 an ou plus n’a donc rien d’étrange, même si les mères qui le font entendent encore parfois des remarques déplacées.
Bien démarrer : les gestes qui changent tout
- Une bonne prise du sein : bébé ouvre grand la bouche et prend une bonne partie de l’aréole, pas seulement le mamelon ;
- des tétées à la demande, de jour comme de nuit : un nouveau-né tète en général 8 à 12 fois par 24 heures. Plus il tète, plus la production de lait se met en place ;
- les deux seins à chaque fois, en commençant la tétée suivante par le dernier sein donné ;
- bébé boit bien quand il tète de façon régulière et profonde, avale à chaque succion et respire sans s’essouffler ;
- allaiter ne doit pas faire mal. Une douleur vient le plus souvent d’une mauvaise position : pour retirer bébé sans vous blesser, glissez doucement votre petit doigt au coin de sa bouche, puis réinstallez-le.
Reprise du travail : vos droits
Beaucoup de mamans arrêtent d’allaiter au moment de reprendre le travail, souvent parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits. Pourtant, le Code du travail les protège :
- pendant un an après la naissance, une salariée qui allaite peut disposer d’une heure par jour pendant son temps de travail pour allaiter ou tirer son lait ;
- cette heure se découpe en deux pauses de 30 minutes, une le matin et une l’après-midi, à des horaires fixés avec l’employeur ;
- ces pauses ne sont pas payées, sauf si votre convention collective prévoit mieux : vérifiez-la ;
- si l’entreprise met un local d’allaitement à votre disposition, chaque pause est ramenée à 20 minutes. Les entreprises de plus de 100 salariées peuvent être obligées d’en aménager un.
Le bon réflexe : en parler à votre employeur ou aux ressources humaines avant votre retour, et prévoir un réfrigérateur ou une glacière pour garder votre lait au frais.
À qui demander de l’aide ?
Crevasses, bébé qui ne prend pas de poids, doutes sur la quantité de lait… Plus on demande de l’aide tôt, plus les difficultés se règlent facilement. Vous pouvez vous tourner vers :
- une sage-femme, à la maternité ou en libéral ;
- la PMI de votre secteur, où les puéricultrices reçoivent gratuitement ;
- une consultante en lactation ou votre médecin ;
- les associations de soutien à l’allaitement, comme La Leche League, et les groupes de parents, où l’on trouve une écoute entre mamans.
Le papa ou le co-parent a aussi un vrai rôle à jouer : limiter les visites, s’occuper du bain et des changes, préserver le sommeil de la maman. Le congé de paternité, surtout le premier mois, est précieux pour ça.
Et si ça ne se passe pas comme prévu ?
Allaitement exclusif, mixte, sur quelques semaines ou sur deux ans : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise maman. Le but de cette semaine n’est pas de culpabiliser celles qui ne peuvent pas ou ne veulent pas allaiter, mais de faire en sorte que celles qui le souhaitent soient vraiment soutenues.
En bref
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel a lieu du 12 au 18 octobre 2026, avec des rendez-vous gratuits dans toute la France.
Les trois quarts des mères allaitent à la naissance, mais à 2 mois, à peine plus d’une sur trois allaite encore exclusivement.
Au travail, vous avez droit à une heure par jour pour allaiter ou tirer votre lait pendant la première année de bébé.
Et vous, qu’est-ce qui vous a le plus aidée pendant votre allaitement ? Partagez votre expérience en commentaire, elle peut aider une autre maman.
Sources
- CoFAM – Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2026
- CHU d’Orléans – Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2026
- Hôpital Necker-Enfants malades – Semaine mondiale allaitement maternel 2026
- Santé.fr – Les conseils pour bien démarrer l’allaitement
- Caf.fr – Allaitement et travail, comment s’organiser ?
- Service-public.fr – Une salariée peut-elle allaiter pendant les heures de travail ?
