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Josiane a transmis sa maison à ses enfants sans qu’ils aient rien à payer. Un notaire explique comment faire.

Donner sa maison à ses enfants peut coûter cher… ou pas. Abattements, usufruit, droits de donation : explications d’un notaire

Donner sa maison à ses enfants de son vivant peut donner l’impression d’entraîner automatiquement une lourde facture fiscale. Pourtant, lorsque la transmission est bien préparée, il existe plusieurs mécanismes parfaitement légaux permettant de réduire les droits de donation, voire de ne rien payer dans certaines situations.

Entre abattement fiscal, réserve d’usufruit et calcul de la nue-propriété, le montant final dépend surtout de la valeur du logement, de l’âge du parent et des donations déjà réalisées. L’exemple de Josiane permet de comprendre concrètement comment fonctionne cette transmission.

« J’ai donné ma maison à mes enfants » : ce que ça m’a vraiment coûté

À 75 ans, Josiane, retraitée, a décidé de faire ce que de nombreuses familles préfèrent repousser : transmettre sa résidence principale à ses deux enfants de son vivant. Avec une condition essentielle pour elle : continuer à habiter son logement aussi longtemps qu’elle le souhaite.

« Quand mon mari est décédé, je me suis demandé ce que je laisserais à mes enfants. J’ai finalement décidé de leur transmettre la maison dès maintenant. »

La surprise ? Malgré cette donation, aucun droit de donation n’a été à payer. Cette situation n’a rien d’un arrangement exceptionnel. Elle repose sur deux mécanismes bien connus des notaires : l’abattement accordé entre parents et enfants et la donation avec réserve d’usufruit.

Donner sa maison : quelles sont les conditions pour éviter de payer ?

Dans le cas de Josiane, plusieurs éléments jouent en sa faveur. Elle n’avait encore réalisé aucune donation à ses enfants et souhaitait conserver l’usufruit de sa maison, estimée à 250 000 euros.

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Concrètement, cela signifie que Josiane conserve le droit d’habiter sa maison et d’en profiter, tandis que ses enfants reçoivent uniquement la nue-propriété. Ils deviendront pleinement propriétaires au moment de l’extinction de l’usufruit.

Benjamin Duperray, notaire à Lyon, a expliqué au Figaro que deux leviers fiscaux peuvent alors fortement réduire la somme imposable.

  • L’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, qui peut se renouveler tous les 15 ans sous réserve des règles fiscales applicables.
  • La décote liée à la valeur de l’usufruit, calculée notamment en fonction de l’âge du donateur.

À 75 ans, l’usufruit représente, dans cet exemple, 30 % de la valeur du logement. La nue-propriété correspond donc aux 70 % restants.

Pour une maison estimée à 250 000 euros, la valeur transmise fiscalement est ainsi ramenée à 175 000 euros. Répartie entre deux enfants, elle représente 87 500 euros chacun.

Cette somme étant inférieure à l’abattement de 100 000 euros, aucun droit de donation n’est dû dans l’exemple présenté. Autrement dit : la transmission peut être réalisée sans impôt sur la donation.

Et si on donne la pleine propriété ? Attention aux frais…

La situation aurait été différente si Josiane avait choisi de transmettre directement la pleine propriété de son bien, sans conserver l’usufruit.

Pour un logement de 250 000 euros donné à deux enfants, chacun recevrait une part d’une valeur de 125 000 euros. Après application de l’abattement de 100 000 euros, 25 000 euros resteraient soumis aux droits de donation pour chaque enfant.

Selon le calcul présenté dans cet exemple, les droits atteindraient alors 3 194 euros par enfant. Une dépense loin d’être anodine, surtout lorsqu’elle peut être anticipée grâce à une organisation différente de la transmission.

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Autre point intéressant : le parent donateur peut prendre en charge les droits de donation sans que leur paiement soit, en principe, considéré comme une donation supplémentaire.

La donation avec usufruit : transmettre sans quitter sa maison

En choisissant une donation avec réserve d’usufruit, Josiane poursuit deux objectifs à la fois : elle organise la transmission de son patrimoine tout en conservant la possibilité de vivre chez elle.

« Je n’ai plus à me demander ce qu’il se passera si je venais à disparaître. Tout est réglé. »

Cette solution montre surtout l’intérêt d’anticiper la transmission d’un bien immobilier. Selon l’âge du propriétaire, la valeur du logement et la situation familiale, préparer une donation suffisamment tôt peut diminuer sensiblement la fiscalité tout en protégeant les intérêts du parent.

Chaque situation reste toutefois différente. Avant de transmettre une maison, mieux vaut donc faire établir une simulation précise par un notaire, notamment pour tenir compte des donations déjà effectuées et de la fiscalité applicable au moment de l’opération.

En bref

  • Donner sa maison avec réserve d’usufruit peut réduire fortement la valeur soumise aux droits de donation.
  • Chaque enfant peut bénéficier d’un abattement fiscal pouvant atteindre 100 000 € par parent, selon les règles en vigueur.
  • Anticiper la transmission avec un notaire permet de choisir la solution la plus adaptée à sa situation familiale et patrimoniale.

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