Pour les Parents« Je sais que c'est horrible, mais je suis obligée de sortir...

« Je sais que c’est horrible, mais je suis obligée de sortir mon fils en laisse » : faut-il vraiment juger ces parents ?

Elle sait que la scène choque. Que les passants la regardent de travers, que certains lâchent des remarques blessantes. Pourtant, cette maman l’assume : elle est obligée de sortir son fils « en laisse ». Son aveu, partagé sur les réseaux, a déclenché une avalanche de réactions, entre indignation et immense soulagement de parents qui vivent exactement la même chose.

Le harnais pour enfant, maltraitance ou outil de sécurité ? Avant de juger, mieux vaut comprendre pourquoi tant de parents finissent par l’adopter.

« Un enfant n’est pas un chien » : un objet qui dérange

C’est la phrase qui revient le plus souvent. Pour beaucoup, voir un enfant attaché évoque un animal qu’on promène, et donc un manque de respect. Certains y voient aussi un parent qui n’a pas su « tenir » son enfant.

Pourtant, le harnais n’a rien de nouveau. Il existait déjà dans les années 1930 et était parfaitement accepté à l’époque. C’est seulement à partir de la fin des années 1980 que l’objet est devenu mal vu, et que les parents qui l’utilisent ont commencé à se cacher.

Pourquoi certains parents n’ont pas le choix

Derrière chaque harnais, il y a souvent une histoire que les passants ne voient pas :

  • l’enfant « fusée », qui lâche la main et part en courant sans prévenir, sans aucune notion du danger ;
  • les enfants porteurs d’autisme, de TDAH ou de troubles sensoriels, qui supportent mal qu’on leur tienne la main ou qui s’enfuient au moindre stimulus ;
  • les parents qui sortent seuls avec deux ou trois jeunes enfants, et qui n’ont tout simplement pas assez de mains ;
  • une maman qui se remet d’un accouchement, un parent blessé ou malade qui ne peut pas courir ;
  • les lieux à risque : gares, aéroports, marchés bondés, bords de route, parcs d’attractions.
LIRE AUSSI :   Mes 4 conseils de maman pour aider mon tout-petit à apprendre la propreté

Pour ces familles, le choix n’est pas entre le harnais et la main tenue. Il est entre le harnais et la peur permanente, ou le fait de ne plus sortir du tout.

Ce que les tout-petits ne savent pas encore faire

Si un enfant de 2 ou 3 ans se met en danger, ce n’est pas un problème d’éducation : c’est une question de développement. À cause de sa petite taille, il ne voit pas la circulation dans son ensemble. Il lui faut plusieurs secondes pour comprendre si une voiture roule ou si elle est arrêtée, là où un adulte le sait instantanément.

Jusqu’à 7 ou 8 ans, un enfant a du mal à évaluer la vitesse et la distance des véhicules. Et jusqu’à 10 ans environ, il ne fait attention qu’à une seule chose à la fois. C’est pour cela que les spécialistes de la sécurité routière déconseillent de laisser un enfant circuler seul dans la rue avant 12 ans.

Maman qui promène son jeune fils équipé d'un harnais de sécurité dans une rue animée

Ce qu’en disent les spécialistes

Il n’existe pas d’étude scientifique qui prouve que le harnais soit mauvais pour l’enfant. Un pédiatre de l’Académie américaine de pédiatrie le résume ainsi : c’est un choix personnel, acceptable de façon ponctuelle, mais qui ne doit pas devenir la norme, car l’enfant doit aussi apprendre à respecter des limites par lui-même.

Même le célèbre pédiatre Benjamin Spock, qui critiquait ces dispositifs dans les années 1970, a fini par reconnaître qu’un harnais pouvait être une mesure de sécurité efficace.

En clair : le harnais n’est ni une honte, ni une solution miracle. C’est un outil, qui doit s’accompagner d’un apprentissage.

LIRE AUSSI :   7 choses que je ne peux plus faire à la plage depuis que je suis maman

Bien l’utiliser : nos conseils

  • choisissez un modèle confortable, de type petit sac à dos, qui ne serre pas et ne gêne pas les mouvements ;
  • réservez-le aux situations à risque : foule, bord de route, gare, et pas forcément pour chaque promenade au parc ;
  • ne tirez jamais dessus pour diriger ou punir l’enfant : il sert uniquement à l’empêcher de partir en courant ;
  • continuez l’apprentissage : s’arrêter au bord du trottoir, donner la main pour traverser, attendre le feu. Expliquez et répétez, encore et encore ;
  • présentez-le positivement à votre enfant : « Avec ton sac, tu peux marcher tout seul à côté de moi » ;
  • pensez aux alternatives selon l’âge : bracelet avec votre numéro de téléphone, vêtements de couleur vive dans la foule, poignée de poussette à laquelle l’enfant se tient.

Arrêtons de juger

Les parents d’enfants très actifs ou porteurs de handicap le disent souvent : quand leur enfant court partout, on les juge ; quand il porte un harnais, on les juge aussi. Avant de lancer un regard noir, rappelons-nous qu’aucun parent ne fait ce choix par facilité. Un enfant en sécurité vaut mieux que tous les regards désapprobateurs du monde.

En bref

Le harnais pour enfant choque encore, mais il permet à beaucoup de familles de sortir en sécurité.
Il est surtout utile pour les enfants qui fuguent, les enfants autistes ou avec un TDAH, et dans les lieux très fréquentés.
Bien utilisé, il ne remplace pas l’apprentissage de la sécurité : il le complète.

Et vous, harnais pour enfant : pour ou contre ? L’avez-vous déjà utilisé ? Racontez-nous en commentaire !

LIRE AUSSI :   6 astuces pour bien gérer le retour de maternité

Sources

Exclusive content

Latest article

More article