À Brisbane, un couple de jeunes parents a provoqué une vive polémique après avoir envisagé de donner à ses jumeaux monozygotes deux prénoms presque identiques. Ce choix, qui ne différait que par une seule lettre, a rapidement suscité de nombreuses réactions. Entre la question de l’identité des jumeaux, les enjeux psychologiques et les règles encadrant les prénoms, cette histoire a rapidement dépassé le simple cadre familial.
Attribuer à des jumeaux des prénoms quasiment identiques peut sembler attendrissant au premier abord. Pourtant, derrière cette idée se cachent de véritables conséquences pour leur quotidien. Dans cette affaire australienne, un collègue des parents est resté sans voix lorsqu’il a découvert que les deux garçons allaient pratiquement porter le même prénom, déclenchant un débat qui s’est rapidement propagé sur les réseaux sociaux.
Après plusieurs années marquées par un difficile parcours contre l’infertilité, ces parents étaient particulièrement heureux de présenter leurs deux nouveau-nés à leurs collègues. Ce qui devait être un moment de partage et de bonheur s’est toutefois transformé en sujet de controverse lorsqu’un collègue a critiqué ouvertement leur décision, estimant que choisir des prénoms presque identiques pour des jumeaux risquait de leur compliquer la vie.
Sean et Seen : quand deux jumeaux portent (presque) le même prénom
L’histoire a été révélée sur Reddit, où un collègue a raconté cette scène qui l’a profondément surpris. Selon son témoignage, une collègue venait tout juste de devenir maman de deux garçons après un long combat contre l’infertilité. Lors de sa première visite au bureau avec ses bébés, il lui demanda naturellement quels prénoms avaient été choisis.
À sa grande surprise, la jeune mère expliqua que ses deux enfants s’appelaient pratiquement de la même manière. L’un portait le prénom Sean, tandis que l’autre s’appelait Seen, une simple modification d’une lettre permettant, selon elle, de différencier les deux frères. En Australie, où les démarches administratives concernant la déclaration de naissance offrent davantage de délai qu’en France, les parents avaient encore la possibilité de modifier leur choix.
La situation est devenue encore plus étonnante lorsque le collègue a appris que le nom de famille de la mère était également Sean. L’un des enfants devait donc officiellement porter le nom Sean Sean. Lorsque ce détail lui a été signalé, la maman a répondu avec humour en comparant ce choix à des prénoms composés bien connus comme « Tom Tom » ou « Jay Jay ».
Décontenancé, le collègue a immédiatement réagi en déclarant que cette décision était, selon lui, « la chose la plus idiote » qu’il ait entendue et qu’elle risquait de provoquer une confusion permanente. Cette remarque, prononcée devant plusieurs collègues, a créé un profond malaise. Certains ont éclaté de rire tandis que d’autres ont préféré garder le silence. Plus tard, plusieurs employés lui ont rappelé qu’il n’était pas à lui de juger les choix parentaux.

Identité des jumeaux, critiques en ligne et cadre légal
Après la publication de cette histoire sur Internet, les réactions se sont multipliées. Parmi les témoignages les plus remarqués figurait celui d’une femme elle-même jumelle monozygote. Elle expliquait que donner des prénoms presque identiques à deux enfants partageant déjà le même patrimoine génétique pouvait compliquer la construction de leur identité personnelle.
Selon elle, les jumeaux passent déjà une grande partie de leur enfance à être comparés ou confondus par leur entourage. Des prénoms trop similaires renforcent encore davantage cette difficulté et peuvent empêcher chacun de développer sa propre personnalité. Elle rappelait également que certains jumeaux rencontrent déjà des difficultés à s’affirmer individuellement et que ce type de choix risque d’accentuer ce phénomène.
De nombreux internautes ont également évoqué les problèmes administratifs susceptibles d’apparaître tout au long de leur vie. Entre les dossiers scolaires, les documents médicaux, les démarches officielles ou encore les erreurs d’identification, des prénoms différenciés par une seule lettre peuvent générer une confusion permanente.
Face à l’ampleur des critiques, les parents ont finalement décidé de reconsidérer leur choix. Après avoir lu les nombreux commentaires publiés en ligne, ils ont reconnu avec humour que le manque de sommeil lié à l’arrivée de deux nouveau-nés n’avait probablement pas favorisé une réflexion totalement objective. Ils ont donc choisi de modifier la déclaration de naissance afin de remplacer le prénom Seen, tout en conservant celui de Sean.
Le collègue à l’origine de la publication a précisé que les jeunes parents n’avaient pas gardé de rancune malgré ses paroles particulièrement directes. Selon lui, ils ont préféré prendre cette histoire avec humour, reconnaissant qu’il avait certainement dépassé les limites, même si son franc-parler faisait partie de sa personnalité.
En France, ce type de situation peut également relever du droit. L’article 57 du Code civil autorise l’officier d’état civil à saisir le procureur de la République lorsqu’un prénom apparaît contraire à l’intérêt de l’enfant. Plusieurs décisions de justice ont déjà conduit au refus de certains prénoms jugés susceptibles de provoquer des moqueries ou une confusion durable, notamment pour des jumeaux portant des prénoms trop proches.
Des exemples comme Dyclan et Dylan, Joyeux et Pastriste ou encore Bâbord et Tribord illustrent cette volonté de protéger les enfants contre des choix pouvant avoir des conséquences sur leur vie sociale ou leur développement personnel.
Les spécialistes des prénoms recommandent généralement de privilégier des prénoms qui partagent un même univers ou une même harmonie, sans pour autant être presque identiques. Cette approche permet de préserver le lien particulier entre les jumeaux tout en respectant leur individualité. Les psychologues rappellent également que lorsqu’un proche s’inquiète d’un choix de prénom, il est préférable d’aborder le sujet avec bienveillance, en expliquant les conséquences concrètes plutôt qu’en portant un jugement sur les parents.
