L’inflation galopante pousse aujourd’hui de nombreux retraités à reprendre une activité pour compléter leur pension. C’est notamment le cas de Bernadette, 70 ans, qui a traversé une période particulièrement difficile et s’est même retrouvée sans domicile fixe pendant plusieurs mois.
Entre la hausse du coût de la vie, les loyers, l’alimentation et les factures du quotidien, le budget de nombreux retraités devient de plus en plus difficile à équilibrer. Dans ce contexte, la perspective d’un éventuel gel des pensions en 2027 suscite forcément des inquiétudes chez celles et ceux qui peinent déjà à joindre les deux bouts.
Pour certains seniors, la retraite ne signifie donc pas forcément l’arrêt du travail. Faute de revenus suffisants, ils doivent parfois reprendre une activité, même à un âge avancé. À 70 ans, Bernadette fait partie de ces retraités qui continuent à travailler pour conserver un minimum de stabilité financière. Son emploi lui permet surtout d’éviter de retomber dans une situation de grande précarité après avoir connu plusieurs mois sans logement stable.
Une pension de retraite qui ne permet pas de payer son loyer
Interrogée par The Guardian, Bernadette explique avoir travaillé pendant de nombreuses années comme cadre dans les ressources humaines. Lorsqu’elle prend sa retraite à 64 ans, elle perçoit une pension publique ainsi qu’une petite pension privée. Malgré ces deux revenus, elle peine rapidement à couvrir ses dépenses essentielles.
« Même avant la crise, je survivais, je ne vivais pas », confie-t-elle. Avec la flambée des prix, la situation devient encore plus compliquée. « Avec l’augmentation du coût de la vie, c’est devenu impossible », poursuit-elle.
Les difficultés financières prennent une tournure encore plus préoccupante lorsque la propriétaire du logement qu’elle occupait décède. Le fils de cette dernière lui adresse alors un avis d’expulsion. Sans solution immédiate, Bernadette passe environ neuf mois entre des logements de proches et différents foyers.
Elle parvient finalement à retrouver un peu de stabilité en emménageant dans un petit appartement d’une chambre situé dans une résidence adaptée. Une étape essentielle qui lui permet progressivement de reprendre le contrôle de son quotidien.

Un travail qui lui redonne goût à la vie
Une fois installée dans son nouveau logement, Bernadette décroche un emploi à temps partiel comme vendeuse. Ce travail lui apporte un complément de revenus indispensable pour payer ses factures, mais il lui permet aussi de retrouver une certaine autonomie après plusieurs mois particulièrement éprouvants.
Elle explique que son passage dans les foyers lui a également fait prendre conscience de la situation de nombreuses personnes qui, contrairement à elle, ne sont plus en mesure de travailler pour améliorer leurs revenus.
Grâce à son salaire, Bernadette peut désormais s’accorder quelques petits plaisirs du quotidien qu’elle avait dû abandonner. Elle raconte par exemple avoir acheté une paire de chaussures en promotion, un achat pourtant banal mais qu’elle n’avait plus pu se permettre depuis longtemps.
« Je ne me souviens même plus de la dernière fois que j’ai acheté quelque chose de neuf », confie-t-elle. Avant de reprendre un emploi, elle évitait également les sorties avec ses proches, prétextant parfois ne pas avoir faim ou ne pas aimer quelque chose simplement parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer.
Aujourd’hui, son travail lui permet à nouveau de prendre un café, de s’offrir un repas ou de mettre de l’essence dans sa voiture sans devoir calculer chaque dépense avec la même inquiétude. Des choses simples qui représentent pour elle un véritable retour à une vie plus normale.
En bref
- Bernadette, 70 ans, a dû reprendre un travail à temps partiel car sa pension ne suffisait plus à couvrir ses dépenses.
- Après avoir vécu plusieurs mois sans logement stable, elle a finalement retrouvé un appartement et une activité professionnelle.
- Son salaire lui permet aujourd’hui de payer ses factures et de retrouver quelques plaisirs simples du quotidien.
