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Après 20 ans de débat, une étude tranche enfin sur les risques des traitements hormonaux de la ménopause.

Une étude menée sur 800 000 femmes fait le point sur le risque de décès par cancer ou maladies cardiovasculaires notamment, associé aux traitements hormonaux de la ménopause

Les traitements hormonaux de la ménopause (THM) continuent d’alimenter de nombreuses interrogations. Depuis plus de vingt ans, beaucoup de femmes hésitent à y avoir recours, craignant une augmentation du risque de cancer du sein, de maladies cardiovasculaires ou d’autres complications graves. Pourtant, une nouvelle étude d’envergure apporte un éclairage rassurant et pourrait contribuer à faire évoluer les perceptions autour de ces traitements largement prescrits pour améliorer la qualité de vie pendant la ménopause.

Pourquoi les traitements hormonaux de la ménopause suscitent-ils encore autant de méfiance ?

Pour de nombreuses femmes, la ménopause s’accompagne de symptômes qui peuvent devenir particulièrement difficiles à vivre au quotidien. Les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil, la fatigue persistante ou encore l’irritabilité peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie. Afin d’atténuer ces manifestations, les médecins peuvent proposer un traitement hormonal de la ménopause, destiné à compenser la diminution naturelle des œstrogènes, généralement associés à un progestatif lorsque cela est nécessaire.

Malgré leurs bénéfices, ces traitements restent entourés d’une certaine prudence. Cette méfiance trouve son origine dans une étude américaine publiée en 2002, qui avait établi un lien entre les THM et une hausse du risque de cancer du sein ainsi que d’accidents cardiovasculaires. À la suite de cette publication très médiatisée, les prescriptions ont fortement diminué dans plusieurs pays, notamment en France et aux États-Unis, tandis que de nombreuses patientes ont préféré interrompre ou éviter ce traitement.

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Une vaste étude portant sur près de 800 000 femmes apporte un regard nouveau

Une nouvelle recherche publiée le 19 février dans la prestigieuse revue médicale BMJ vient aujourd’hui enrichir les connaissances sur le sujet. Les chercheurs danois ont analysé les données médicales de près de 800 000 femmes nées entre 1950 et 1977. Parmi elles, environ 100 000 femmes ont bénéficié d’un traitement hormonal de la ménopause afin de soulager leurs symptômes.

Grâce à un suivi réalisé sur une période d’environ dix ans, les scientifiques ont pu comparer les risques de mortalité entre les femmes ayant reçu un traitement hormonal et celles qui n’y avaient pas eu recours. Cette analyse de grande ampleur offre ainsi des données particulièrement solides pour mieux comprendre les effets des THM sur la santé à long terme.

Aucun excès de mortalité observé chez les femmes sous traitement hormonal

Les conclusions de cette étude sont rassurantes. Les chercheurs indiquent n’avoir trouvé aucune preuve épidémiologique d’une augmentation de la mortalité chez les femmes ayant utilisé un traitement hormonal de la ménopause. En d’autres termes, les THM ne sont pas associés à un risque plus élevé de décès, qu’il soit lié à un cancer, à une maladie cardiovasculaire ou à une autre cause majeure.

Ces résultats viennent confirmer les observations de plusieurs études publiées au cours des dernières années. En effet, de nombreux spécialistes avaient déjà souligné que les conclusions de l’étude américaine de 2002 devaient être interprétées avec prudence. Les participantes étaient en moyenne plus âgées que les femmes qui commencent habituellement un traitement hormonal, ce qui pouvait influencer les résultats observés.

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Avec une population étudiée beaucoup plus importante et un suivi prolongé, cette nouvelle recherche apporte donc des éléments supplémentaires qui renforcent les connaissances scientifiques actuelles sur la sécurité des traitements hormonaux lorsqu’ils sont prescrits dans les conditions recommandées.

Des recommandations internationales confortées par ces nouveaux résultats

Selon les auteurs de l’étude, ces conclusions soutiennent les recommandations des principales sociétés savantes, notamment celles de l’Endocrine Society. Ces dernières préconisent l’utilisation des traitements hormonaux de la ménopause chez les femmes qui présentent des symptômes modérés à sévères, particulièrement lorsqu’elles sont au début de la ménopause et qu’elles ne présentent pas de contre-indications, notamment sur le plan cardiovasculaire.

Les chercheurs rappellent toutefois que ces traitements ne doivent pas être considérés comme un moyen d’allonger l’espérance de vie. Les résultats montrent qu’ils n’augmentent pas le risque de décès, mais qu’ils ne permettent pas non plus de réduire de façon significative la mortalité dans la population générale.

Une exception importante chez les femmes ayant subi une ablation des deux ovaires

L’étude met néanmoins en évidence une situation particulière. Chez les femmes ayant subi une ablation des deux ovaires, une intervention parfois réalisée afin de prévenir certains cancers chez des patientes présentant un risque élevé, les bénéfices du traitement hormonal semblent plus marqués.

Dans ce groupe spécifique, la prise d’un traitement hormonal de la ménopause est associée à une réduction d’environ un tiers du risque de décès. Ce résultat souligne l’importance d’une prise en charge personnalisée, tenant compte de l’histoire médicale, du profil de risque et des besoins propres à chaque femme.

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Ce qu’il faut retenir de cette nouvelle étude

Cette vaste étude menée auprès de près de 800 000 femmes apporte un message rassurant concernant les traitements hormonaux de la ménopause. Contrairement aux inquiétudes qui persistent depuis plus de vingt ans, les chercheurs n’ont constaté aucune augmentation du risque de décès liée à leur utilisation. Si chaque situation doit être évaluée individuellement avec un professionnel de santé, ces nouvelles données renforcent les recommandations actuelles et confirment que les THM peuvent représenter une solution efficace et sûre pour soulager les symptômes de la ménopause chez les femmes qui y sont éligibles.

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