Que faire quand sa mère se retrouve seule après la mort de son père, et qu’aucune résidence pour seniors ne convient ? Shalini Karnani Bonjour, 50 ans, a trouvé une réponse radicale : faire construire une vraie maison de 100 m² dans son jardin. Sa mère, 78 ans, y vit en toute indépendance, à quelques pas de sa famille. Voici l’histoire en détail, ce qu’elle a coûté, ce qu’elle dit de la façon dont on peut accompagner un parent âgé, et ce qui existe en France si vous êtes dans la même situation.
Le point de départ : une maman de 78 ans, seule, à des milliers de kilomètres
Shalini Karnani Bonjour est agent immobilier et vit en Californie. Sa mère, 78 ans, habitait dans le Michigan, à plusieurs milliers de kilomètres. Depuis le décès de son mari, la vieille dame vivait seule. Malgré les visites de sa fille, la distance posait un vrai problème : comment veiller sur sa maman, sans l’arracher à son quotidien ni la laisser livrée à elle-même ?
Le sujet, raconté par l’intéressée au site Business Insider et relayé par Marie France, touche une situation que connaissent beaucoup de familles : un parent qui vieillit seul, des enfants loin, et la question qui revient, l’Ehpad ou autre chose ?
Les recherches : visiter, tester, et ne rien trouver de parfait
Après la vente de la maison familiale, Shalini a d’abord cherché un lieu où sa mère pourrait s’installer. La famille a loué plusieurs logements successivement, pour que la maman puisse tester et trouver celui qui lui convenait le mieux. Elle a aussi visité des résidences pour personnes âgées et des résidences autonomes. Son constat : aucune ne convenait parfaitement.
Cette étape montre quelque chose d’important : plutôt que de décider à la place de sa mère, Shalini lui a laissé l’occasion d’essayer et de ressentir ce qui lui plaisait. C’est souvent ce qui manque quand on cherche un hébergement en urgence.
La décision : toute la famille déménage
Après de longues recherches, Shalini, son mari et sa mère ont pris une décision collective : acheter ensemble une grande maison dans la vallée de Coachella, en Californie, une région que tous les trois aimaient. Le fils adolescent de Shalini vit aussi avec eux. La maison principale offre 206 m² habitables, quatre chambres et quatre salles de bain.
Ici, c’est donc toute la famille qui s’est adaptée, pas seulement la grand-mère : choix du lieu, déménagement, achat commun. Mais Shalini tenait à un point précis : que sa mère garde son indépendance.

La maison dans le jardin : 100 m² faits pour elle
Pour que la maman reste vraiment chez elle, la famille a fait construire une dépendance d’environ 100 m² dans le jardin. « Certains l’appelleraient une petite maisonnette, mais c’est une véritable habitation », explique Shalini. Les plans ont été personnalisés selon les souhaits de la maman :
- deux chambres, pour pouvoir recevoir des invités ;
- deux salles de bain ;
- une baignoire à porte dans la salle de bain principale, un équipement pensé pour faciliter la toilette des seniors.
Résultat : la grand-mère vit chez elle, avec sa propre porte, juste à côté du reste de la famille. Chacun garde son espace, et la proximité reste là.
Le budget : une solution très chère
Il faut le dire clairement : cette solution est hors de portée de la plupart des familles. Shalini a investi 398 000 dollars pour la construction (environ 348 000 euros), et la facture totale, avec tous les équipements, atteint 475 000 dollars (environ 415 000 euros), d’après Marie France. En échange, sa mère est près d’elle tout en vivant chez elle, chacune dans sa maison.
Ce que cette histoire nous apprend
- L’indépendance compte autant que la sécurité. La mère n’a pas été « placée » : elle a un chez-soi, avec ses propres envies (invités, salle de bain adaptée).
- Tester avant de choisir : les locations successives ont permis de comprendre ce qui convenait.
- Une décision de famille : le mari, la fille, la mère, et même l’adolescent sont concernés.
- Le prix du confort : il existe des solutions moins coûteuses, notamment en France, où le maintien à domicile est soutenu.
En France, le maintien à domicile progresse
Marie France rappelle, d’après un rapport de la Drees publié le 4 novembre 2025, que 697 000 personnes fréquentaient un établissement d’hébergement pour personnes âgées fin 2023, soit une baisse de 4,5 % par rapport à 2019. Plus de 80 % d’entre elles vivent en Ehpad. Cette baisse traduit la politique de maintien à domicile des seniors tant que leur état de santé le permet.
Utile : si vous êtes dans la même situation en France
Voici l’essentiel des aides et règles officielles à connaître, sans avoir besoin de construire.
L’APA à domicile
L’allocation personnalisée d’autonomie, versée par le conseil départemental, s’adresse aux personnes de 60 ans ou plus classées en GIR 1 à 4. Elle peut être versée à domicile, chez un proche qui héberge, ou chez un accueillant familial. Elle finance des heures d’aide à domicile, du matériel adapté, la téléassistance, des travaux d’aménagement du logement ou un accueil temporaire. Plafonds mensuels du plan d’aide au 1er janvier 2026 : 2 080,33 € (GIR 1), 1 682,30 € (GIR 2), 1 215,99 € (GIR 3), 811,52 € (GIR 4). Une équipe du département vient évaluer les besoins à domicile ; le département répond dans les 2 mois suivant un dossier complet. En GIR 5 ou 6, il faut plutôt se tourner vers la caisse de retraite.
Le congé de proche aidant et l’AJPA
- Congé de proche aidant : 3 mois maximum sauf convention différente, renouvelable, dans la limite d’1 an sur la carrière. Prévenir l’employeur au moins 1 mois avant, sauf urgence. Non rémunéré par l’employeur sauf convention collective.
- AJPA (allocation journalière du proche aidant) : environ 66 € par jour (66,64 € d’après Service-public), 66 jours maximum par personne aidée, versée par la Caf. Elle est réservée aux personnes en activité (les retraités n’y ont pas droit) et incompatible avec une rémunération du proche aidant via l’APA ou la PCH. Vérifiez les conditions sur caf.fr.
Si vous pensez à une dépendance dans le jardin
D’après Service-public, pour une annexe permanente : jusqu’à 5 m², aucune formalité hors secteur protégé ; de 5 à 20 m², déclaration préalable ; plus de 20 m², permis de construire. Le plan local d’urbanisme de la commune peut ajouter des règles, et une annexe permanente de plus de 5 m² entraîne la taxe d’aménagement. Pour un vrai logement de 100 m², renseignez-vous auprès de la mairie avant d’engager le moindre euro.
Les questions à se poser en famille
- Que veut votre parent ? Rester chez lui, vous rejoindre, ou une résidence ? Sa parole compte en premier.
- Quel est son niveau d’autonomie aujourd’hui, et dans deux ans ? Le GIR évalué par le département aide à y voir clair.
- Quel budget réel ? Un aménagement du logement existant (barres d’appui, salle de bain adaptée) coûte bien moins qu’une construction.
- Qui fait quoi dans la fratrie ? Partagez rôles et dépenses dès le début.
- Et vous ? Un aidant épuisé ne tient pas longtemps : prévoyez du répit et des relais.
En bref
- Une Américaine de 50 ans a fait construire une maison de 100 m² dans son jardin pour que sa mère de 78 ans, veuve, reste indépendante, pour un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros.
- Sa mère a choisi l’agencement (deux chambres, deux salles de bain, baignoire à porte) après avoir testé plusieurs logements : l’indépendance et la proximité sont au cœur de la solution.
- En France, l’APA, le congé de proche aidant et l’AJPA permettent de garder un parent chez soi sans construire ; une dépendance de plus de 20 m² demande un permis de construire.
Sources
- Marie France : à 50 ans, j’ai construit une maison dans mon jardin pour que ma mère n’aille pas en Ehpad
- Service-public.fr : allocation personnalisée d’autonomie (Apa)
- Pour les personnes âgées (CNSA) : l’APA à domicile
- Service-public.fr : congé de proche aidant
- Caf : l’AJPA, une aide essentielle pour les proches aidants
- Service-public.fr : quelle autorisation d’urbanisme pour une annexe dans son jardin ?
