Pour les ParentsUn syndrome méconnu lié au cannabis suscite l’inquiétude des médecins

Un syndrome méconnu lié au cannabis suscite l’inquiétude des médecins

Depuis quelques années, les urgences médicales aux États-Unis rapportent une recrudescence d’un syndrome encore peu connu du grand public : le Cannabis Hyperemesis Syndrome (CHS), souvent surnommé « scromiting » (contraction de scream pour crier et vomiting pour vomir). D’après un rapport relayé par CNN, ce trouble touche principalement les consommateurs réguliers de cannabis et provoque des crises de vomissements sévères, parfois accompagnées de douleurs abdominales intenses. Cette pathologie émergente représente un réel enjeu de santé publique, à l’heure où la consommation mondiale de cannabis est en forte hausse et tend à se banaliser.

Un syndrome récemment reconnu, mais en forte croissance

Le syndrome CHS n’a été identifié qu’au début des années 2000, principalement chez des personnes ayant une consommation chronique de cannabis. Pendant longtemps, il est passé inaperçu ou mal diagnostiqué car ses symptômes peuvent facilement être confondus avec une gastro-entérite, une intoxication alimentaire, ou un trouble digestif fonctionnel. Aujourd’hui, grâce à une meilleure connaissance du syndrome, de plus en plus d’établissements hospitaliers enregistrent une hausse des cas. Les spécialistes notent que la teneur élevée en THC des produits à base de cannabis actuels pourrait être un facteur aggravant.

Quels sont les symptômes caractéristiques du CHS ?

cannabis

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde se manifeste en plusieurs étapes bien distinctes :

  • Phase prodromique : nausées matinales persistantes, inconfort abdominal récurrent.
  • Phase hyperémétique : vomissements répétés, déshydratation sévère, perte d’appétit totale.
  • Phase de récupération : amélioration des symptômes après l’arrêt complet de la consommation de cannabis.

Un signe très spécifique attire l’attention des médecins : les patients déclarent un soulagement temporaire en prenant des douches brûlantes. Ce comportement atypique est désormais considéré comme un indicateur clé du CHS.

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Une histoire typique : quand la routine vire au cauchemar

Prenons l’exemple d’Emily, 27 ans (cas fictif inspiré de faits réels). Elle consommait quotidiennement du cannabis pour apaiser son anxiété. Mais après quelques mois, elle a commencé à vomir de manière inexpliquée, parfois plus de dix fois par jour. Pensant à un reflux acide, les médecins ont prescrit des traitements inefficaces… jusqu’à ce qu’un urgentiste suspecte un CHS. Une fois le cannabis totalement arrêté, Emily a vu ses symptômes disparaître en quelques semaines, retrouvant ainsi une vie normale.

Quelles sont les causes possibles du CHS ?

À ce jour, le fonctionnement exact de ce syndrome reste partiellement compris. Les chercheurs avancent l’hypothèse selon laquelle le THC, consommé à haute dose et de façon répétée, pourrait perturber le système endocannabinoïde—le même qui régule la digestion, l’appétit et les nausées. Autrement dit, si le cannabis peut aider à soulager les nausées à court terme, une utilisation excessive pourrait produire l’effet inverse sur le long terme, provoquant justement ces symptômes.

Quels traitements existent et quelles précautions prendre ?

En phase aiguë, les soins se concentrent sur la réhydratation du patient, l’administration de médicaments antiémétiques, voire de benzodiazépines ou d’antipsychotiques en cas de crises sévères. Mais soyons clairs : le seul traitement réellement efficace et durable reste l’arrêt complet du cannabis. En effet, 80 à 90 % des patients voient leurs symptômes disparaître une fois qu’ils arrêtent totalement leur consommation.

Les experts appellent à une meilleure prévention auprès des jeunes adultes, souvent les plus concernés, et rappellent les risques accrus liés à la forte concentration en THC des produits actuels. Un message relayé également par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui alerte sur les effets secondaires d’une banalisation de cette substance.

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