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Retraite : « En France, on a le beurre et l’argent du beurre », cet économiste accuse les retraités de mieux gagner leur vie que les actifs.

Invité sur BFM Business, l’économiste Christian Parisot a réagi aux dernières études présentées devant le Conseil d’orientation des retraites (COR). À ses yeux, les projections confirment que le système de retraite français devra évoluer pour faire face au vieillissement de la population et à un déficit qui pourrait fortement s’accentuer dans les années à venir.

Le dossier des retraites demeure l’un des sujets économiques les plus sensibles en France. À l’occasion de la présentation de plusieurs scénarios par le COR, visant à identifier les solutions permettant de limiter le déficit du régime, Christian Parisot a partagé son analyse sur le plateau de BFM Business. Selon lui, les différentes hypothèses étudiées aboutissent à une même conclusion : préserver le financement des pensions tout en maintenant la performance économique du pays nécessitera des ajustements du modèle actuel.

L’économiste rappelle que le déficit des retraites est actuellement estimé à près de 6 milliards d’euros et pourrait atteindre environ 30 milliards d’euros dans les prochaines années si aucune réforme supplémentaire n’est engagée. Pour lui, le débat dépasse largement la seule question de l’âge légal de départ à la retraite. Il concerne également le niveau de solidarité entre les générations, la répartition des richesses et le partage de l’effort entre les actifs et les retraités. À ses yeux, il s’agit avant tout d’un véritable choix de société.

Pour les retraites : « On a le beurre et l’argent du beurre »

Au cours de son intervention sur BFM Business, Christian Parisot s’est appuyé sur une récente étude de la Drees. Celle-ci indique qu’environ 35 % des retraités bénéficieraient d’un niveau de revenu supérieur à celui qu’ils percevaient lorsqu’ils étaient encore en activité. Une situation qui interpelle l’économiste, lequel estime qu’un tel constat mérite d’être analysé de près afin de mieux comprendre les mécanismes de calcul des pensions et leurs conséquences sur l’équilibre global du système.

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« Moi, je ne comprends pas comment c’est possible », a-t-il déclaré lors de l’émission. Selon Christian Parisot, cette réalité met en évidence certaines limites du fonctionnement actuel des retraites. Il résume son analyse avec une formule marquante : « On a le beurre et l’argent du beurre quand on part à la retraite. » À ses yeux, cette situation alimente le débat sur la nécessité de revoir certains paramètres afin de garantir une meilleure équité entre les générations.

L’économiste estime que plusieurs pistes peuvent être envisagées pour assurer la pérennité financière du système. Les Français pourraient, par exemple, choisir un départ à la retraite plus précoce, mais cela impliquerait d’accepter une pension moins élevée. À l’inverse, un recul de l’âge de départ contribuerait à réduire la pression exercée sur les finances publiques. Il rappelle également que les dépenses consacrées aux pensions représentent près de 14 % du PIB en France, contre environ 12 % en moyenne dans les autres pays européens. Cet écart correspondrait à près de 60 milliards d’euros de dépenses supplémentaires chaque année.

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Photo: Shutterstock

Le vieillissement de la population au cœur des inquiétudes

Christian Parisot met également en avant l’impact grandissant du vieillissement démographique sur le financement des retraites. Selon lui, l’année 2025 constitue un tournant démographique, avec un nombre de décès désormais supérieur au nombre de naissances. Cette évolution devrait se poursuivre au fil des prochaines décennies, entraînant une hausse du nombre de retraités tandis que la population en âge de travailler continuerait de diminuer.

D’après les projections évoquées par l’économiste, la France pourrait compter d’ici 2050 près de quatre millions de personnes âgées de 65 ans et plus supplémentaires, alors que le pays enregistrerait parallèlement environ deux millions d’actifs en moins. Une transformation démographique qui renforcerait mécaniquement les besoins de financement des pensions et accentuerait la pression sur le système actuel.

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Christian Parisot considère enfin qu’une augmentation des cotisations sociales ne représenterait pas une réponse durable au problème. Les études présentées devant le Conseil d’orientation des retraites montrent qu’une hausse du coût du travail pourrait pénaliser la compétitivité, freiner les créations d’emplois et limiter la croissance économique. Pour l’économiste, les évolutions démographiques imposeront inévitablement une adaptation du modèle français. Il estime qu’il sera difficile de concilier durablement un départ précoce à la retraite, un niveau élevé de pension et la volonté d’améliorer la rémunération du travail sans revoir les équilibres du système.

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