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PMA : le DPI-A bientôt autorisé en France ? Une avancée attendue depuis des années par les couples en FIV

Des transferts d’embryons qui n’aboutissent pas, des fausses couches à répétition, des années d’attente… Pour beaucoup de couples en parcours de PMA, l’espoir s’use un peu plus à chaque tentative. Et beaucoup se demandent pourquoi un examen pratiqué en Espagne ou en Belgique leur reste interdit en France.

Cela pourrait changer. Une proposition de loi transpartisane vient d’être déposée à l’Assemblée nationale pour autoriser le DPI-A, un test réalisé sur les embryons pendant une FIV. Révélée par le magazine Parents, cette initiative est attendue depuis plus de dix ans par les associations de patients. Voici ce qu’il faut comprendre.

Le DPI-A, c’est quoi exactement ?

DPI-A signifie diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies. Derrière ce nom compliqué se cache une idée simple : vérifier qu’un embryon possède le bon nombre de chromosomes avant de le transférer dans l’utérus.

Concrètement, lors d’une fécondation in vitro, les embryons sont cultivés au laboratoire pendant 5 à 6 jours. On prélève alors quelques cellules sur chacun d’eux pour les analyser. Une « aneuploïdie », c’est un chromosome en trop ou en moins, comme dans la trisomie 21. L’objectif est de transférer en priorité un embryon dont le nombre de chromosomes est normal.

Ce test ne sert pas à choisir le sexe du bébé ni la couleur de ses yeux : la proposition de loi l’interdit explicitement.

Pourquoi ce test compte autant pour les couples en PMA

Une grande partie des échecs de FIV s’explique par des anomalies chromosomiques de l’embryon. Un embryon aneuploïde s’implante souvent mal, ou la grossesse s’arrête au bout de quelques semaines.

Or ces anomalies sont très fréquentes : selon les études, 30 à 60 % des embryons obtenus en FIV seraient concernés, et cette part augmente avec l’âge de la femme. Au-delà de 40 ans, plus de la moitié des embryons présenteraient une anomalie de ce type.

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En France, environ une FIV sur quatre aboutit à une naissance, et il faut en moyenne deux à trois tentatives pour avoir un bébé. Pour les couples, chaque transfert raté est une épreuve, physique comme morale.

Aujourd’hui, c’est interdit en France

La France autorise depuis 1999 le diagnostic préimplantatoire « classique », mais dans un cadre très strict : uniquement lorsqu’un parent porte une maladie génétique grave déjà identifiée dans la famille. Environ 1 000 demandes sont faites chaque année, et deux tiers sont acceptées. Seuls cinq centres le pratiquent.

Rechercher plus largement les anomalies de chromosomes chez des couples infertiles reste en revanche interdit. Lors des débats sur la dernière loi de bioéthique, adoptée en 2021, les députés avaient écarté cette possibilité. Un essai clinique destiné à l’évaluer en France, baptisé DEVIT, a ensuite été stoppé par la justice administrative.

Résultat : les couples qui le peuvent partent en Espagne ou en Belgique, où l’examen est pratiqué. Ce test fait à peu près doubler le prix d’une FIV, une somme que tout le monde ne peut pas avancer. Les associations dénoncent une PMA « à deux vitesses », réservée aux couples qui ont les moyens.

Couple en parcours de PMA qui échange avec un médecin au sujet du DPI-A

Ce que prévoit la proposition de loi

Le texte est porté par Constance de Pélichy, députée LIOT du Loiret, et signé par des élus de sept groupes politiques différents, de la droite à la gauche. Il a été préparé avec le collectif de patients BAMP!, qui milite pour cette autorisation depuis treize ans.

Le DPI-A ne serait pas proposé à tout le monde. Il faudrait se trouver dans au moins une de ces situations :

  • la femme a 35 ans ou plus ;
  • le couple a connu des échecs d’implantation répétés ;
  • la femme a fait des fausses couches à répétition ;
  • l’un des deux membres du couple présente une anomalie qui augmente le risque d’erreurs chromosomiques chez l’embryon.
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Les seuils précis, par exemple le nombre d’échecs nécessaires, seraient fixés plus tard par décret, après avis de l’Agence de la biomédecine et de la Haute Autorité de santé. La décision serait prise au cas par cas par l’équipe médicale du centre de PMA, et le couple devrait donner son accord par écrit, après avoir été informé des limites du test. Personne ne serait obligé d’y recourir. L’examen serait remboursé comme le reste du parcours d’assistance médicale à la procréation.

Un espoir réel, mais pas un test miracle

Les médecins qui soutiennent le texte y voient un moyen de limiter les transferts inutiles et les fausses couches, en particulier chez les femmes plus âgées. Plusieurs spécialistes reconnus de la fertilité ont d’ailleurs publié une tribune en ce sens au mois de juin.

Mais il faut garder la tête froide. Une grande revue d’études publiée par Cochrane n’a pas montré que ce test augmente le nombre de naissances lorsqu’il est utilisé chez toutes les patientes en FIV. Les sociétés savantes européenne et américaine ne le recommandent pas de façon systématique, tout en reconnaissant un intérêt possible pour certains profils.

Autre limite : certains embryons mélangent des cellules normales et anormales. On parle de « mosaïcisme ». Les quelques cellules prélevées ne reflètent donc pas toujours l’embryon entier, et un embryon écarté aurait parfois pu donner un bébé en bonne santé. Enfin, le DPI-A ne crée pas d’embryons supplémentaires : sur huit embryons, il arrive qu’il n’en reste que deux ou trois transférables, voire aucun.

Le sujet reste aussi sensible sur le plan éthique : certaines associations y voient un pas de plus vers la sélection des embryons.

Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?

Le chemin est encore long. Les soutiens du texte espèrent réunir au moins 60 députés cosignataires pour qu’il soit examiné fin novembre, mois consacré à la sensibilisation à l’infertilité. Il faudrait ensuite que le gouvernement accepte d’accélérer la procédure, que le Sénat l’examine cet hiver, puis que les deux chambres trouvent un accord avant la pause des travaux parlementaires, fin février. La députée reconnaît elle-même que ce calendrier très serré demandera beaucoup de chance.

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Vous êtes en parcours de PMA ?

  • parlez de votre situation avec l’équipe de votre centre : elle est la mieux placée pour dire si ce type d’examen aurait un intérêt pour vous ;
  • avant de partir à l’étranger, demandez un devis précis et faites-vous accompagner par un médecin en France ;
  • n’hésitez pas à vous tourner vers les associations de patients et vers un soutien psychologique : un parcours de PMA est éprouvant, et vous n’avez pas à le traverser seuls.

En bref

Une proposition de loi transpartisane veut autoriser en France le DPI-A, un test qui vérifie le nombre de chromosomes des embryons pendant une FIV.
Il serait réservé à certains couples : femme de 35 ans ou plus, échecs répétés ou fausses couches à répétition, et remboursé.
Le texte doit encore être voté par les députés puis les sénateurs, et le test n’est pas une garantie de grossesse.

Et vous, pensez-vous que ce test devrait être autorisé en France ? Donnez-nous votre avis en commentaire.

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