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Odeur des seniors : pourquoi change-t-elle avec l’âge, et à quel moment commence-t-on à la remarquer ?

L’expression « odeur de personne âgée » est souvent employée de façon maladroite et peut facilement alimenter certains clichés. Pourtant, derrière cette idée se cache un phénomène tout à fait naturel : l’odeur corporelle évolue avec l’âge. Notre peau change au fil des années, tout comme elle se transforme à la puberté ou sous l’influence de l’alimentation, de l’activité physique, des hormones et des produits que nous utilisons au quotidien.

Cette évolution ne signifie donc pas qu’une personne âgée manque d’hygiène. Elle s’explique surtout par des changements progressifs au niveau de la peau, de ses lipides et des différentes molécules volatiles qu’elle libère naturellement.

Pourquoi l’odeur corporelle évolue-t-elle ?

Contrairement à une idée répandue, l’odeur du corps ne vient pas uniquement de la transpiration. La sueur elle-même est souvent peu odorante au moment où elle est produite.

L’odeur corporelle résulte en réalité d’un mélange beaucoup plus complexe. Les sécrétions de la peau, le sébum, les lipides, les bactéries présentes naturellement à sa surface et différents composés volatils participent tous à créer une signature olfactive propre à chaque personne.

Avec les années, l’activité des glandes sébacées se modifie et la composition des graisses présentes sur la peau évolue elle aussi. Ces transformations peuvent progressivement changer les molécules libérées par la peau et, par conséquent, modifier légèrement son odeur naturelle.

Le rôle du 2-nonénal

Lorsqu’on s’intéresse à l’odeur corporelle liée au vieillissement, une molécule revient régulièrement : le 2-nonénal.

Dans une étude portant sur des adultes âgés de 26 à 75 ans, cette substance a été détectée uniquement chez les participants de 40 ans ou plus. Les chercheurs ont notamment associé sa formation à l’oxydation de certains acides gras présents naturellement à la surface de la peau.

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Le 2-nonénal possède une odeur souvent décrite comme légèrement grasse, herbacée ou végétale. Il serait toutefois trop simple de lui attribuer à lui seul ce que l’on appelle parfois « l’odeur de vieillesse ». L’odeur corporelle dépend de nombreuses molécules ainsi que de multiples facteurs individuels.

À quel âge commence-t-on à le remarquer ?

Il n’existe pas d’âge précis auquel une personne commencerait soudainement à développer une odeur corporelle différente.

Le fait que le 2-nonénal ait été retrouvé chez des personnes de 40 ans et plus dans certaines recherches ne signifie pas qu’un changement perceptible apparaît automatiquement à cet âge. Le phénomène reste progressif et très variable d’une personne à l’autre.

La génétique, l’alimentation, certains médicaments, le type de peau, les hormones, l’activité physique, le tabagisme, les habitudes d’hygiène ou encore l’environnement peuvent tous influencer l’odeur corporelle. Deux personnes du même âge peuvent ainsi avoir des profils olfactifs très différents.

Les personnes âgées sentent-elles forcément plus fort ?

Non. Et c’est probablement l’un des points les plus intéressants lorsque l’on regarde les recherches consacrées au sujet.

Dans une étude publiée en 2012, l’odeur corporelle de personnes âgées de 75 à 95 ans a même été jugée moins intense et moins désagréable que celle de certains participants plus jeunes. Les volontaires arrivaient cependant plus facilement à identifier cette odeur comme provenant d’un groupe plus âgé.

Autrement dit, une odeur peut être reconnaissable ou distinctive sans pour autant être plus forte ou plus désagréable. Cette nuance est importante, car elle permet d’éviter d’associer automatiquement vieillissement et mauvaise odeur.

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L’hygiène n’est donc pas forcément en cause

Une personne peut avoir une hygiène irréprochable et conserver malgré tout une odeur naturelle liée aux caractéristiques de sa peau. Se laver régulièrement élimine la sueur, les impuretés et une partie des bactéries présentes à la surface du corps, mais cela ne stoppe pas tous les mécanismes naturels responsables de la production de molécules odorantes.

Les savons parfumés, déodorants, eaux de toilette ou parfums peuvent également modifier ou masquer temporairement certaines odeurs. Ils ne changent toutefois pas nécessairement la façon dont la peau produit ses lipides et ses composés volatils.

Associer systématiquement une odeur particulière chez une personne âgée à un manque de propreté est donc réducteur et souvent inexact.

Les vêtements et le logement peuvent accentuer la perception

L’odeur que l’on remarque dans une pièce ou dans un logement ne provient pas forcément uniquement du corps humain. L’environnement joue également un rôle important.

Les vêtements, draps, couvertures, fauteuils, tapis et rideaux absorbent progressivement différentes molécules odorantes. Lorsqu’ils sont peu lavés, rarement aérés ou exposés à l’humidité, ces textiles peuvent conserve

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