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Monique, 65 ans, touche une retraite de 727 euros : « une fois que j’ai tout payé, il me reste 20 euros pour finir le mois »

À 65 ans, Monique Pinte vit avec une retraite de 727 euros par mois. Depuis quatre ans, cette ancienne salariée est contrainte de surveiller la moindre dépense. Une fois son loyer, ses factures et ses charges réglés, elle explique qu’il ne lui reste parfois qu’une vingtaine d’euros pour terminer le mois. Une réalité qui a profondément changé son quotidien.

Son témoignage a été recueilli dans un reportage de France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Monique y raconte sans détour les difficultés qu’elle rencontre depuis son départ à la retraite. Pourtant, elle a commencé à travailler très jeune, dès l’âge de 16 ans. Au fil de sa vie professionnelle, elle a travaillé en usine, effectué des ménages pour faire vivre et élever ses cinq enfants, puis occupé un poste d’agent d’accueil.

Aujourd’hui seule, elle doit composer avec une pension de retraite particulièrement modeste. Chaque achat est calculé et les dépenses imprévues peuvent rapidement déséquilibrer son budget.

Avant son départ à la retraite, Monique disposait d’environ 320 euros de plus chaque mois. Cette somme lui permettait encore de s’accorder quelques moments de détente. « Je pouvais sortir, j’allais au cinéma, je faisais des petits week-ends avec mon fils. C’était bien », raconte-t-elle.

Ces plaisirs simples ont désormais quasiment disparu de son quotidien. « Que pour moi ? Je dirai rien. Rien. Une fois que j’ai tout payé, il me reste quoi ? Je vais dire 20 euros. C’est pour ça que je suis à découvert à la banque », explique-t-elle. Avec un reste à vivre aussi faible, chaque fin de mois devient une véritable épreuve.

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Une retraite qui l’oblige à faire des choix au quotidien

Avec 727 euros de retraite par mois, Monique n’a pratiquement aucune marge de manœuvre. Elle doit choisir en permanence entre les dépenses essentielles et les loisirs. Sorties, cinéma ou petits plaisirs passent désormais après le loyer, les factures et les autres charges incontournables.

« Je ne fais pas d’écart, je ne fais pas de trucs comme ça. C’est soit je paye mes dettes, soit je sors, soit je me paye des loisirs », confie-t-elle. Pour elle, la priorité reste claire : payer ce qu’elle doit, quitte à ne plus avoir grand-chose une fois toutes les dépenses réglées.

« Mais bon, je me dis qu’il vaut mieux que je paye mon loyer, ce que je dois payer. Tant pis pour ce qu’il reste à la fin du mois », poursuit-elle.

La situation est devenue si tendue que Monique a parfois été contrainte de réduire également son budget alimentaire. Un sacrifice qui montre à quel point son équilibre financier est fragile.

Elle raconte notamment être restée deux jours sans véritable repas. « Oui. Deux jours, je n’ai pas mangé. Je ne l’ai pas dit à mes enfants », témoigne-t-elle. Pour tenir, elle se contentait alors de choses très simples. « Je me faisais un café, je trempais du pain. Mes enfants vont le savoir. Ils ne le savaient pas », ajoute-t-elle.

Depuis, ses enfants l’aident ponctuellement lorsqu’elle en a besoin. Cette aide familiale apporte un peu de répit, mais elle ne suffit pas à effacer la difficulté quotidienne de vivre avec un budget aussi limité.

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Retraitée comptant son budget serré avec une petite retraite

À 65 ans, elle n’aurait jamais imaginé vivre une telle situation

Au-delà des difficultés matérielles, cette précarité à la retraite affecte aussi profondément Monique sur le plan moral. Après une vie entière passée à travailler et à élever ses enfants, elle reconnaît avoir du mal à accepter la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

« Quelques fois, je me dis : qu’est-ce que je fais sur cette Terre ? Pourquoi je suis arrivée là ? », confie-t-elle. À 65 ans, elle n’avait jamais imaginé devoir compter chaque euro au point de se priver parfois de nourriture.

« De vivre comme ça. Je n’aurais jamais pensé ça. Arriver à 65 ans puis vivre ce que je vis ? Non. C’est très difficile », poursuit-elle. Ses paroles traduisent le sentiment de déclassement qu’elle ressent depuis son passage à la retraite.

Pour Monique, le niveau de certaines petites pensions de retraite reste insuffisant pour permettre aux personnes concernées de vivre correctement. Elle estime que les retraités ayant travaillé durant de nombreuses années devraient pouvoir bénéficier d’un revenu leur permettant au minimum de couvrir leurs besoins essentiels sans devoir renoncer à tout le reste.

« C’est honteux quoi, c’est honteux », déplore-t-elle. Et de conclure : « On a travaillé. On mérite d’avoir ce qu’on a cotisé. »

En bref

  • Monique, 65 ans, perçoit une retraite de 727 euros par mois et affirme ne disposer que d’une vingtaine d’euros après avoir payé ses principales dépenses.
  • Cette situation l’oblige à renoncer aux loisirs et, certains mois, à réduire fortement son alimentation.
  • Après une longue carrière commencée à 16 ans, elle souhaite aujourd’hui une meilleure revalorisation des petites pensions.
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