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Face aux viols et à la pédocriminalité, l’Italie songe à la castration chimique : une proposition qui fait débat

La castration chimique pour les auteurs de viols et d’actes pédocriminels ? En Italie, la proposition portée par la Ligue de Matteo Salvini s’impose de nouveau au centre du débat parlementaire. Soutenue par une partie du gouvernement mais vivement contestée par l’opposition, cette mesure suscite de profondes divisions au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Dans plusieurs pays, cette question alimente déjà de vives discussions, et l’Italie n’échappe plus à ce débat sensible. Ces derniers mois, la réponse pénale face aux violences sexuelles a pris une dimension particulièrement émotionnelle. À l’initiative de la Lega, le parti dirigé par Matteo Salvini, un projet de loi visant à instaurer la castration chimique pour certains délinquants sexuels a été déposé au Parlement. L’objectif affiché est clair : renforcer la lutte contre les viols, les agressions sexuelles graves et la pédocriminalité, notamment en cas de récidive.

Bien que la proposition remonte à 2023, elle a récemment regagné en visibilité après plusieurs faits divers très médiatisés. Parmi eux, un viol collectif dans un parc de Rome qui a profondément choqué la population. Dans ce climat tendu, Matteo Salvini a multiplié les interventions publiques pour défendre son texte. Selon lui, les discours symboliques ne suffisent plus face à l’ampleur des crimes sexuels. Sur les réseaux sociaux, il a appelé à soutenir le projet en discussion, affirmant vouloir « mettre fin à la violence ». Le gouvernement de Giorgia Meloni soutient globalement l’initiative, même si des divergences persistent au sein de la majorité.

La castration chimique : une réponse radicale face à l’émotion collective

Sur le plan juridique, la réforme n’a pas encore été adoptée. En septembre 2024, le Parlement italien a approuvé la création d’une commission spéciale chargée d’examiner les modalités d’un éventuel traitement destiné aux délinquants sexuels violents, incluant la castration chimique. Toutefois, le texte demeure bloqué au Sénat et fait l’objet de discussions approfondies.

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Concrètement, la mesure prévoit l’administration d’un traitement hormonal visant à réduire la production de testostérone. Celui-ci serait appliqué sous contrôle médical et décidé par un juge. La posologie serait adaptée en fonction du profil et du niveau de dangerosité du condamné. L’objectif avancé est de diminuer les risques de récidive en limitant certaines pulsions sexuelles.

L’Italie ne serait pas un cas isolé. Des pays comme la Pologne ou l’Estonie ont déjà mis en place des dispositifs comparables, avec des cadres juridiques variables. En France, la castration chimique n’est pas imposée, mais des traitements hormonaux peuvent être proposés à certains détenus volontaires. Pour les partisans de la réforme italienne, il s’agirait d’un outil supplémentaire pour prévenir la récidive et mieux protéger les victimes potentielles. Matteo Salvini défend une politique de « tolérance zéro », estimant qu’aucune réduction de peine ne devrait être accordée aux auteurs de crimes sexuels.

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Droits fondamentaux et lignes de fracture politiques

Pour la Lega, le traitement hormonal représenterait une solution concrète afin de réduire les pulsions et limiter les risques de nouveaux passages à l’acte. La mesure envisagée reposerait sur l’administration d’agonistes de l’hormone lutéinisante (LHRH) ou de substances similaires, capables de bloquer temporairement la production de testostérone. Il ne s’agirait donc pas d’une castration chirurgicale irréversible, mais d’un traitement médical dont les effets cessent à l’arrêt des injections.

Néanmoins, l’efficacité réelle de la castration chimique divise la communauté scientifique. Certains spécialistes estiment qu’elle peut réduire les comportements impulsifs liés à la sexualité. D’autres rappellent que les violences sexuelles ne s’expliquent pas uniquement par des facteurs hormonaux, mais aussi par des dimensions psychologiques, sociales et criminologiques plus complexes.

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Les opposants à la réforme avancent principalement des arguments juridiques et éthiques. Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères et dirigeant de Forza Italia, s’est clairement opposé au projet, estimant que des mesures assimilables à des « châtiments corporels » ne sont pas compatibles avec les principes de l’État de droit. Le Partito Democratico (PD), principal parti d’opposition, considère également que la proposition pourrait entrer en contradiction avec la Constitution italienne et les droits fondamentaux des personnes condamnées.

À ce stade, aucune décision définitive n’a été prise. La commission parlementaire poursuit ses travaux et le Sénat n’a pas encore donné son accord final. Le débat reste donc ouvert, entre volonté de fermeté face aux crimes sexuels et nécessité de respecter les principes fondamentaux du droit.

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