Licenciée quelques jours après s’être absentée pour rester auprès de son fils hospitalisé à la suite d’une tentative de suicide, une mère de famille se retrouve au centre d’une vive polémique à Genève. Alors que son employeur justifie cette décision par plusieurs absences, les salariés et la direction du musée où elle travaillait ont choisi de lui témoigner leur soutien.
Cette mère de famille a perdu son emploi peu après avoir pris quelques jours pour accompagner son fils, hospitalisé dans une période particulièrement difficile. D’après les informations publiées par 20 Minutes et reprises par Le Figaro, elle travaillait comme agente d’entretien au Musée d’art et d’histoire de Genève. Son contrat ne dépendait toutefois pas directement du musée : elle était salariée de la société LGE, chargée d’assurer les prestations de nettoyage au sein de l’établissement.
Le 25 octobre, son fils aurait tenté de mettre fin à ses jours. Face à cette urgence familiale, la salariée a naturellement choisi de rester à ses côtés. Elle a d’abord pris deux jours d’absence afin de l’accompagner et de le soutenir pendant son hospitalisation. Selon les éléments rapportés, les médecins lui auraient ensuite recommandé de prolonger sa présence auprès de lui.
La mère aurait alors demandé quelques jours supplémentaires à son employeur. L’entreprise aurait refusé, en précisant que son solde de congés ou d’absences disponibles était déjà épuisé. Elle s’est finalement rendue chez un médecin, qui lui aurait prescrit un arrêt maladie de deux jours. À son retour au travail, au début du mois de novembre, elle aurait repris son poste normalement. Pourtant, quelques jours plus tard, son licenciement lui a été annoncé. Une décision qui a rapidement provoqué une forte émotion parmi les salariés du musée genevois.

Licenciée après son absence : l’entreprise évoque plusieurs motifs
« On est vraiment sous le choc », a confié la représentante du personnel du Musée d’art et d’histoire de Genève. L’annonce du licenciement a suscité une incompréhension générale dans l’établissement. Plusieurs salariés, ainsi que la direction du musée, ont tenu à exprimer leur soutien à leur collègue, confrontée à une situation familiale particulièrement éprouvante.
Le musée a néanmoins rappelé qu’il n’était pas l’employeur direct de la salariée. Celle-ci travaillait pour la société LGE, prestataire externe chargée du nettoyage. La décision de mettre fin à son contrat aurait donc été prise uniquement par cette entreprise, sans intervention directe de la direction du musée.
Toujours selon les informations relayées par 20 Minutes, l’employeur aurait d’abord expliqué ce licenciement par une « restructuration ». Mais quatre jours plus tard, une autre version aurait été présentée. L’entreprise aurait cette fois reproché à la salariée « trois absences distinctes ».
Ce changement de justification a renforcé les interrogations autour de l’affaire. Pour les soutiens de l’employée, la proximité entre son absence liée à l’hospitalisation de son fils et la rupture de son contrat soulève de nombreuses questions. Un syndicat a donc décidé d’intervenir afin de demander des explications et de réclamer la réintégration de la salariée.
Le syndicat réclame des « décisions courageuses »
Le syndicat a saisi les autorités de la Ville de Genève, qui exerce une autorité de tutelle sur le Musée d’art et d’histoire. La municipalité est également liée par contrat à l’entreprise LGE, à laquelle elle a attribué un marché public pour les prestations de nettoyage.
Pour Thierry Horner, secrétaire syndical cité par 20 Minutes, les autorités municipales doivent désormais prendre leurs responsabilités. « En cas de refus, le marché public qui lui a été attribué le 1er septembre doit être révoqué par la Ville », a-t-il déclaré. Selon lui, une entreprise bénéficiant d’un contrat public doit respecter la santé, la dignité et les droits de son personnel.
Le représentant syndical estime donc qu’une réaction ferme est nécessaire. « Nous demandons aux autorités de prendre des décisions courageuses », a-t-il ajouté. Par cette démarche, le syndicat espère obtenir non seulement la réintégration de l’employée, mais aussi une prise de position claire de la part des responsables publics.
Les élus municipaux Joëlle Bertossa et Alfonso Gomez ont eux aussi réagi à cette affaire. Ils ont qualifié la situation de « scandaleuse si les faits relatés sont avérés ». Ils ont cependant rappelé qu’une décision de justice pourrait être nécessaire avant toute éventuelle révocation du contrat conclu avec l’entreprise.
La suite du dossier dépendra donc des démarches engagées par le syndicat, des réponses apportées par la société LGE et d’une possible intervention judiciaire. En attendant, cette affaire relance le débat sur la protection des salariés confrontés à une urgence familiale, mais aussi sur la responsabilité des entreprises titulaires de marchés publics.
