Le drame de Crans-Montana survenu dans la nuit du 1er janvier continue de bouleverser la Suisse et bien au-delà. À ce jour, on déplore 40 morts et près de 120 personnes blessées. Mais au cœur de cette tragédie, un homme s’est illustré par son courage : Paolo Campolo. Après un appel déchirant de sa fille, il s’est précipité au bar en feu pour sauver plusieurs jeunes en danger.

Un Nouvel An qui vire au cauchemar
Le terrible incendie de Crans-Montana est encore dans tous les esprits. En quelques instants, la fête s’est transformée en enfer pour des dizaines de jeunes adultes et adolescents. Les témoignages affluent depuis, entre chocs et récits héroïques. Parmi ceux qui ont risqué leur vie, un nom ressort : Paolo Campolo, un père de famille qui n’a pas hésité à agir.
Un appel qui change tout
Analyste financier de profession, Paolo vit à moins de 100 mètres du bar “La Constellation”. Ce soir-là, il célèbre la nouvelle année chez lui avec sa compagne et des amis. Vers 1h20 du matin, tout bascule. « J’ai vu d’immenses flammes s’échapper des fenêtres, et ma fille Paolina m’a appelé, paniquée : ‘Papa, c’est un massacre, il y a le feu, il y a des blessés.’« , raconte-t-il au média italien Il Messaggero. Hospitalisé à Sion, il confie avoir agi instinctivement, sans réaliser sur le moment qu’il allait sauver de nombreuses vies.
Un père parmi les héros de Crans-Montana
Sans perdre une seconde, Paolo attrape un extincteur et fonce vers le bar. Sur place, il comprend rapidement que le feu est déjà trop puissant. « Une épaisse fumée noire envahissait tout », se rappelle-t-il. Le feu s’est propagé si vite qu’il n’y avait plus d’oxygène, ce qui a rendu la situation encore plus dramatique.
Heureusement, il retrouve sa fille saine et sauve à l’extérieur. Elle attendait son petit ami, bloqué à l’intérieur. Il a réussi à sortir in extremis, mais est actuellement hospitalisé à Bâle dans un état critique. Paolina, elle, a eu la vie sauve grâce à un simple retard de quelques minutes, après être passée dire bonjour à ses parents. « Une minute de plus et tout aurait été différent », souligne Paolo.
Une tentative de sauvetage désespérée
Décidé à aider les autres, Paolo repère une porte arrière, verrouillée. Derrière la vitre, des corps gisent au sol. Avec l’aide d’un inconnu, il force la vitrine. « On s’est appuyés sur la vitre avec un pied et on a tiré de toutes nos forces. Il aurait fallu une hache, mais on n’avait rien. Je ne sais toujours pas comment on a réussi, mais on l’a fait », confie-t-il.

Des dizaines de vies sauvées
La vitre finit par céder, permettant à des dizaines d’adolescents de s’échapper. « Ils étaient vivants, mais blessés, brûlés, intoxiqués… », raconte Paolo, encore ému. « Je les ai sortis un par un, à mains nues. » Il n’a qu’une pensée en tête : « Ça aurait pu être mes enfants. »
Lorsqu’on lui demande s’il existait une autre issue de secours, sa réponse est glaçante : « Non. Ceux qui étaient à l’intérieur n’avaient aucune chance. »
Des souvenirs gravés à jamais
Paolo garde en mémoire deux choses fortes : la solidarité humaine et la terreur dans les yeux des victimes. « Le bar 1900 a accueilli les blessés, les a installés dans la cuisine, les aidait à respirer, à rester conscients. » Puis, il évoque un souvenir plus difficile : « Cette lucidité désespérée dans les regards de ceux qui sentent qu’ils vont mourir. Des jeunes brûlés qui vous regardent et vous supplient de ne pas les laisser. » Des images qu’il n’oubliera jamais.
Un acte de courage salué
Le geste héroïque de Paolo Campolo a permis de sauver de nombreuses vies. Face à l’horreur, il a agi sans réfléchir, poussé par l’amour d’un père et un immense sens de l’humanité. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des héros du drame de Crans-Montana. Son histoire, bouleversante, est aussi une leçon de courage.
