Publiés ce jeudi 10 septembre, les résultats de l’étude Epipage 2 apportent un nouvel éclairage sur la santé des enfants nés prématurément, dix ans après leur naissance. Le constat est plutôt rassurant : la grande majorité d’entre eux vont bien. Certaines fragilités restent néanmoins plus fréquentes que chez les enfants nés à terme, ce qui souligne l’intérêt d’un suivi adapté tout au long de l’enfance.
À 10 ans, les enfants nés prématurément en 2011 présentent, dans l’ensemble, un état de santé satisfaisant. C’est ce qui ressort des nouveaux résultats de la cohorte Epipage 2, menée par l’Inserm auprès de 2 181 enfants nés avant terme.
Comparés aux enfants nés à terme suivis dans la cohorte Elfe, ces enfants présentent toutefois plus souvent certaines fragilités. Elles peuvent concerner notamment le développement, les apprentissages ou certains aspects de leur santé. Ces résultats confirment donc l’importance de rester attentif à leur évolution, même plusieurs années après la naissance.
À 10 ans, la majorité des enfants prématurés vont bien

La prématurité concerne environ 7 % des naissances en France. On parle de naissance prématurée lorsqu’un bébé vient au monde avant 37 semaines d’aménorrhée. Les conséquences peuvent cependant varier fortement selon le terme de naissance, le poids du bébé et les éventuelles complications rencontrées au début de sa vie.
Grâce au suivi réalisé dans le cadre d’Epipage 2, les chercheurs disposent aujourd’hui d’une vision plus précise de la santé de ces enfants à l’âge de 10 ans. Le résultat principal est encourageant : la majorité des enfants nés prématurément sont en bonne santé et poursuivent leur développement de manière satisfaisante.
La comparaison avec les enfants nés à terme met néanmoins en évidence quelques différences. Certaines difficultés liées au développement, aux apprentissages ou à la santé restent plus fréquentes chez les enfants nés prématurément.
Pour autant, être né prématurément ne signifie pas qu’un enfant rencontrera forcément des problèmes. L’étude montre surtout que certains enfants peuvent conserver des besoins particuliers qui ne sont pas toujours visibles dans les premières années et qui méritent d’être repérés au bon moment.
Des écarts qui peuvent encore être visibles à l’école primaire
Autre enseignement important de ce suivi : les effets de la prématurité ne se limitent pas nécessairement aux premières années de vie. Certaines fragilités peuvent devenir plus évidentes au fur et à mesure que l’enfant grandit, notamment lorsque les attentes scolaires et sociales augmentent.
Vers 10 ans, les enfants doivent mobiliser davantage leur attention, leur capacité de raisonnement, leur mémoire et leur autonomie. Une difficulté jusque-là discrète peut alors devenir plus perceptible, que ce soit à l’école ou dans la vie quotidienne.
C’est notamment pour cette raison qu’un suivi ne devrait pas s’arrêter une fois les premières années passées. Le développement d’un enfant évolue constamment, et certains besoins peuvent apparaître progressivement ou devenir plus faciles à identifier avec l’âge.
Du côté des parents, il s’agit surtout de rester attentif à d’éventuelles difficultés concernant les apprentissages scolaires, le comportement, l’attention ou le développement. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut attribuer automatiquement chaque difficulté à la prématurité : chaque enfant évolue à son propre rythme et possède son propre parcours.
Pourquoi le suivi reste important après la néonatologie
La sortie du service de néonatologie marque évidemment une étape importante pour l’enfant et sa famille. Mais elle ne signifie pas toujours que tous les enjeux associés à la prématurité sont définitivement derrière eux.
Selon le terme de naissance, les éventuelles complications médicales et l’évolution de l’enfant, un suivi médical et développemental peut rester utile au fil des années. Son principal intérêt est de repérer suffisamment tôt une difficulté afin de proposer, lorsque cela est nécessaire, un accompagnement adapté.
Ce suivi peut associer différents professionnels de santé et, selon les besoins de l’enfant, se poursuivre en lien avec l’école. Une prise en charge précoce permet alors d’apporter un soutien ciblé sans pour autant médicaliser systématiquement le quotidien de tous les enfants nés prématurément.
Les résultats d’Epipage 2 invitent donc à adopter une approche équilibrée. À 10 ans, le bilan reste globalement rassurant et la plupart des enfants nés prématurément vont bien. Mais certaines fragilités peuvent persister ou se révéler avec le temps. L’essentiel est donc de pouvoir les repérer suffisamment tôt et d’adapter l’accompagnement aux besoins réels de chaque enfant.
En bref
- La majorité des enfants nés prématurément sont en bonne santé à 10 ans.
- Certaines fragilités liées au développement ou aux apprentissages restent toutefois plus fréquentes que chez les enfants nés à terme.
- Un suivi adapté au fil de l’enfance permet de repérer rapidement les éventuels besoins et de proposer un accompagnement ciblé.
