Un engagement attendu depuis 2022
Le projet remonte à 2022, quand un rapport avait été commandé sur ce sujet. Pourtant, jusqu’à maintenant, peu d’avancées concrètes avaient été réalisées, à part quelques efforts en recherche, notamment pour améliorer l’efficacité de la procréation médicalement assistée (PMA). Mais ces programmes manquaient encore de financements solides.
La mise en œuvre du plan était même incertaine. L’ancienne ministre de la Santé, Catherine Vautrin, souhaitait l’intégrer à une stratégie plus globale sur le vieillissement et la natalité, ce qui inquiétait les spécialistes. Aujourd’hui, Stéphanie Rist recentre clairement le sujet : les Français veulent des réponses concrètes, pas des graphiques démographiques.
Informer les jeunes sans pression

Parmi les mesures phares, un message d’information sera envoyé à chaque Français à l’âge de 29 ans, dès la fin de l’été. Mais pas question de dicter des choix de vie. « Le rôle du politique n’est pas de dire s’il faut avoir des enfants ni à quel âge », assure Stéphanie Rist. L’idée, c’est d’éviter les regrets du type : « Si j’avais su… »
Cette initiative intervient dans un climat tendu. Emmanuel Macron avait suscité des critiques, notamment de la part d’associations féministes, en liant l’infertilité à un « réarmement démographique », une expression jugée déplacée.
Une campagne d’information et des actions concrètes
Une campagne nationale sur les enjeux de la reproduction est prévue fin 2026. En attendant, un site d’information dédié devrait voir le jour prochainement. Mais ce plan ne se limite pas à de la communication.
Le gouvernement veut aussi faciliter la congélation des ovocytes. Autorisée depuis la loi de bioéthique de 2021, cette pratique reste compliquée à mettre en œuvre à cause de délais très longs. Objectif : d’ici à 2028, habiliter plusieurs dizaines de centres supplémentaires – y compris privés – tout en garantissant la gratuité et l’absence de logique commerciale.
Mieux prendre en charge le SOPK
Autre mesure importante : améliorer la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce trouble hormonal, qui favorise l’infertilité, touche de nombreuses femmes. Contrairement à l’endométriose, qui bénéficie déjà d’un plan spécifique, le SOPK restait jusqu’ici largement ignoré dans les politiques de santé publique.
Un tournant salué par les patients
Le collectif BAMP, qui réunit des personnes concernées par l’infertilité ou engagées dans un parcours de PMA, a salué l’annonce. Sa présidente, Virginie Rio, a déclaré : « On passe dans une nouvelle ère, on n’a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d’infertilité ». Elle rappelle toutefois qu’il ne s’agit que d’un début : beaucoup reste à faire.
Le collectif plaide aussi pour l’autorisation du DPI-A, une technique permettant de repérer les anomalies des embryons avant leur implantation. Cela éviterait de nombreux échecs en PMA. Mais la méthode soulève des questions éthiques, certains y voyant une possible dérive vers une sélection génétique.
Et après ? Une stratégie plus large en cours
Le plan contre l’infertilité sera piloté par les auteurs du rapport de 2022 : le professeur Samir Hamamah et la patiente Salomé Berlioux. En parallèle, le ministère travaille aussi sur la santé autour de la naissance. Et pour cause : la France affiche encore des taux de mortalité infantile et maternelle supérieurs à ceux de nombreux pays européens.
Source : RTL
