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« Obliger un enfant à dire s’il te plaît serait une violence psychologique » : on a demandé l’avis d’une psy

Ces derniers temps, plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux affirmant que demander à un enfant d’être poli pourrait s’apparenter à une forme de violence éducative. Une idée qui fait beaucoup réagir. Pour mieux comprendre cette polémique, nous avons sollicité l’avis d’une spécialiste.

Sur différentes plateformes, certains créateurs de contenus expliquent que demander à un enfant de dire “s’il te plaît” ou “merci” serait inutile, voire nuisible. Selon ces discours, la politesse ne servirait qu’à satisfaire l’ego des parents et à renforcer une forme d’autorité sur l’enfant. Ces arguments s’inscrivent souvent dans les débats autour de la parentalité positive et de l’éducation bienveillante.

Par exemple, une mère de famille devenue influenceuse évoque sur TikTok une situation très répandue : demander à son enfant de prononcer le fameux “mot magique” avant d’obtenir quelque chose. Selon elle, cette habitude pourrait fragiliser la relation de confiance entre parents et enfants et n’apporterait aucun véritable apprentissage.

Face à ces affirmations, nous avons interrogé la psychologue Stella Amiard afin de recueillir un regard professionnel et nuancé sur la question.

« Dire s’il te plaît est avant tout un apprentissage social »

dire s'il vous plait

Stella Amiard, psychothérapeute et créatrice du compte Instagram @stella_lapsy, partage régulièrement des conseils autour de la parentalité et du développement de l’enfant. Après avoir visionné certaines de ces vidéos virales, elle propose une analyse plus équilibrée de la situation.

Pour la spécialiste, il est important de distinguer les discours idéologiques de la réalité éducative. Selon elle, l’éducation ne doit pas être positive à tout prix, mais plutôt réaliste et adaptée aux besoins de l’enfant. C’est d’ailleurs l’approche qu’elle développe dans son prochain livre à paraître au Courrier du Livre.

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La psychologue est claire sur un point : demander à un enfant de dire “s’il te plaît” ou “merci” ne constitue pas, en soi, une violence psychologique. Tout dépend surtout de la manière dont cet apprentissage est transmis.

L’objectif n’est pas simplement d’imposer des mots, mais d’aider l’enfant à comprendre leur sens. La politesse permet notamment de reconnaître l’attention portée par les autres et de développer un sentiment de gratitude. Dans ce processus, l’exemple donné par les adultes joue un rôle fondamental : les enfants apprennent beaucoup en observant les comportements de leurs parents.

Un apprentissage essentiel mais à pratiquer dans la bienveillance

Selon l’experte, enseigner les règles de politesse reste une étape importante du développement social. Ces codes permettent aux enfants d’évoluer plus facilement dans différents environnements — à l’école, en famille ou dans la société — tout en apprenant à respecter les besoins des autres autant que les leurs.

Ce que certaines vidéos tentent parfois de dénoncer, souvent de manière maladroite, concerne surtout les méthodes éducatives employées.

Comme l’explique Stella Amiard : si l’enfant est humilié, menacé ou soumis à une forte pression pour être poli, il peut ressentir une contrainte excessive. Dans ce cas, il risque même de développer un rejet de ces règles.

Dans la majorité des situations, toutefois, les parents transmettent simplement les bases de la vie en société. Il s’agit d’un apprentissage classique qui fait partie du développement normal de l’enfant.

L’approche recommandée consiste donc à accompagner l’enfant avec douceur et pédagogie. Par exemple : “Tu peux dire merci à la dame pour le cadeau.” Avec le temps, ces habitudes deviennent naturelles et s’intègrent progressivement dans le comportement de l’enfant.

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Cette démarche permet aussi de lui apprendre une compétence essentielle : comprendre l’impact de ses actions sur les autres et développer le respect d’autrui.

Déculpabiliser et prendre du recul face aux réseaux sociaux

L’expression “violence éducative” est apparue principalement dans les débats liés aux punitions physiques et aux humiliations dans l’éducation. Ces discussions ont pris de l’ampleur ces dernières années, notamment avec les lois visant à mieux protéger les enfants.

Les réseaux sociaux, quant à eux, mettent souvent en avant des contenus qui provoquent ou divisent. Remettre en question les pratiques des parents génère facilement des réactions, des commentaires… et donc davantage de visibilité.

C’est pourquoi il est important de garder un certain recul face aux messages diffusés en ligne. Tous les conseils éducatifs ne reposent pas nécessairement sur une expertise scientifique.

Dans ce contexte, il peut être utile de limiter la consommation de contenus éducatifs sur les réseaux et de privilégier les avis de professionnels qualifiés.

Pour Stella Amiard, la conclusion est claire : apprendre la politesse à un enfant ne relève pas de la violence psychologique. Il s’agit d’une étape normale du processus de socialisation, à condition que cet apprentissage se fasse avec respect, dialogue et bienveillance.

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