Le restaurateur, qui attendait leur retour, n’a ni revu la famille ni récupéré son argent. Une histoire digne d’un film, mais qui reflète malheureusement une réalité bien moins comique pour les commerçants.
Un repas copieux et des indices suspects dès le début
D’après Tyrone Reese, le propriétaire du restaurant, la famille n’avait pas hésité à commander les plats les plus onéreux du menu. Entre les steaks T-bone et une quinzaine de boissons non alcoolisées, rien ne semblait trop cher pour eux. Pourtant, certains comportements avaient éveillé la méfiance : « Ils remplissaient leurs assiettes mais renvoyaient les plats à moitié pleins », confie la femme du gérant, qui avait immédiatement flairé quelque chose d’anormal.
Cette abondance inhabituelle de commandes, combinée à une attitude étrange, laissait déjà présager une issue pour le moins douteuse.
La mère abandonne son fils comme garantie avant de disparaître
Lorsque le moment de régler la note est arrivé, la carte bancaire de la mère a été refusée plusieurs fois. En guise de “solution”, elle a promis de revenir avec une autre carte, laissant son propre fils en gage au restaurant. Mais contre toute attente, elle n’a jamais refait surface.
Peu après, le fils resté seul a reçu un appel sur son téléphone et a discrètement quitté les lieux. C’est alors que le restaurateur a compris qu’il avait été victime d’une véritable escroquerie. « Mon fils voulait le poursuivre dans la rue, mais je lui ai dit de ne pas prendre de risques », raconte M. Reese.
Un mode opératoire déjà bien rodé
Les soupçons du restaurateur se sont vite confirmés. En effet, le numéro de téléphone laissé par la famille était faux. En diffusant des photos et vidéos de la scène sur les réseaux sociaux, l’affaire a pris une tournure virale : plus de 12 millions de vues sur X (anciennement Twitter). Rapidement, d’autres restaurateurs de la région ont affirmé avoir déjà été victimes de cette même famille. Ce n’était donc pas une première.
Mais cette mésaventure a aussi déclenché une vague de solidarité. Dès le lendemain, le Bella Ciao a reçu un afflux de réservations : 40 tables le vendredi, et jusqu’à 120 le samedi, preuve que les clients ont souhaité soutenir le restaurant dans cette situation injuste.
Un soutien massif face à une grande frustration
« Le matin même, nous avons reçu une quinzaine d’appels de personnes qui voulaient réserver une table. J’ai perçu cela comme un geste de solidarité, et cela m’a redonné le sourire », explique le restaurateur. Pour lui, ce n’était pas seulement une question d’argent, mais un signe que la communauté se serre les coudes face à l’injustice.

Cependant, malgré les preuves et les témoignages, la famille reste introuvable. Tyrone Reese regrette également le manque de réactivité des forces de l’ordre : « Je ne comprends pas comment ils peuvent s’en tirer aussi facilement. Je paie mes impôts, et pourtant je me sens totalement impuissant ». Un sentiment amer, d’autant plus que ce type de délit peut être puni de deux ans de prison.