Retraite : Pourquoi l’Agirc-Arrco durcit les vérifications ?

Après avoir utilisé le 49.3 pour faire adopter le budget 2026, le gouvernement savait que certaines décisions allaient susciter des inquiétudes chez les retraités. Et pour cause : selon plusieurs médias, dont Pleine Vie, près de 400 000 retraités français installés hors de France vont être concernés par un nouveau dispositif de contrôle.
Concrètement, ces bénéficiaires devront répondre à une convocation bancaire obligatoire s’ils souhaitent continuer à percevoir leur pension Agirc-Arrco. En cas d’absence ou de refus de se présenter, le risque est clair : une suspension des paiements jusqu’à régularisation de la situation.
Le régime Agirc-Arrco, qui couvre près de 90 % des retraites complémentaires des salariés du privé, souhaite renforcer ses contrôles concernant les bénéficiaires résidant à l’étranger. L’objectif affiché est simple : sécuriser les versements et limiter les irrégularités.
D’innombrables anomalies constatées
Environ 1,9 million de personnes perçoivent aujourd’hui une pension française hors du territoire, pour un montant total estimé à 5,9 milliards d’euros par an. Des chiffres considérables qui nécessitent un suivi rigoureux.
La Cour des comptes a d’ailleurs signalé des fraudes potentielles représentant parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros dans certains pays. Le problème majeur ? Lorsqu’un retraité décède à l’étranger et que l’information n’est pas transmise, les versements peuvent continuer pendant des années. Sur vingt ans, un seul décès non signalé peut générer plus de 250 000 euros versés indûment.
Les premières expérimentations menées par l’Agirc-Arrco ont révélé qu’environ un quart des pensions contrôlées présentaient des anomalies ayant entraîné une suspension temporaire. Ces résultats ont convaincu le régime de généraliser ces vérifications.
Plusieurs pays ciblés par cette nouvelle mesure

L’objectif est ambitieux : examiner minutieusement 400 000 dossiers d’ici 2030 afin de lutter efficacement contre la fraude aux retraites. Certains pays sont particulièrement concernés.
L’Algérie figure en première ligne avec environ 60 000 convocations par an prévues depuis l’an dernier, afin de contrôler progressivement l’ensemble des retraités sur une période de six ans. Mais ce n’est pas le seul pays visé.
Les bénéficiaires résidant au Maroc, en Tunisie ou encore en Turquie devront également se soumettre à ces nouvelles obligations. Chaque année, ils devront transmettre un certificat de vie attestant qu’ils sont toujours en vie. Dans plusieurs pays européens, cette démarche reste automatisée, ce qui simplifie les procédures.
La grande nouveauté repose sur l’implication directe des banques partenaires locales, qui deviennent un relais essentiel du dispositif. En cas d’empêchement, les retraités pourront les contacter pour reporter leur rendez-vous.
Quels documents faudra-t-il présenter ?
Les retraités concernés recevront une notification ou un courrier de leur établissement bancaire afin de fixer un rendez-vous. Lors de ce contrôle, plusieurs justificatifs seront exigés.
Il faudra présenter : une pièce d’identité valide, un justificatif de domicile dans le pays de résidence ainsi qu’un relevé d’identité bancaire ou un document équivalent. Une fois les documents vérifiés, une confirmation électronique sera transmise directement à l’Agirc-Arrco, permettant la poursuite normale du versement de la pension.
Pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer, une solution numérique est prévue. Grâce à un dispositif via smartphone incluant une reconnaissance faciale sécurisée, le contrôle pourra être effectué à distance en quelques heures seulement.
Un conseil essentiel : pour éviter toute interruption de votre pension, pensez à vérifier régulièrement votre courrier et les messages de votre banque. Assurez-vous également que vos coordonnées sont bien à jour auprès de l’Agirc-Arrco. Une simple négligence administrative pourrait entraîner une suspension temporaire des paiements.
