Un ancien professeur d’une école privée bordelaise bientôt jugé pour des actes d’une extrême gravité
Un ancien enseignant d’un établissement scolaire catholique très reconnu à Bordeaux va prochainement comparaître devant la cour criminelle de la Gironde. Il est accusé de violences sexuelles et de viols sur ses élèves, alors âgées de 7 à 12 ans. L’affaire, qualifiée d’« exceptionnelle » par les enquêteurs, implique 36 anciennes élèves et met en lumière un système de prédation mis en place sur plusieurs années.
Un dossier judiciaire lourd secoue le milieu éducatif bordelais

Le jeudi 8 janvier 2026, les autorités judiciaires ont annoncé le renvoi devant la justice d’un homme âgé de 54 ans, qui a exercé dans une école privée catholique prisée de Bordeaux. Il est aujourd’hui mis en examen pour des faits très graves commis entre la fin des années 2000 et le début des années 2010. L’enquête a révélé que 36 victimes ont été identifiées, toutes issues du même établissement scolaire.
Les chefs d’accusation sont particulièrement lourds : viols sur 17 élèves et agressions sexuelles sur les autres. Le tout dans un contexte scolaire où le silence et l’omerta semblent avoir prévalu. L’enseignant conteste une partie des faits, mais en reconnaît certains comportements déplacés. Il risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
Le sinistre “jeu du goût” : un stratagème pour abuser des enfants
L’affaire a pris une tournure encore plus sombre lorsqu’en 2023, lors d’un séjour scolaire sur le bassin d’Arcachon, plusieurs élèves de CM2 signalent un comportement suspect. L’enseignant aurait tenté de filmer des enfants sous la douche à l’aide de son téléphone. Ces révélations ont déclenché une enquête plus approfondie, menant à la découverte de contenus compromettants sur son ordinateur personnel.
C’est alors qu’ont émergé des faits bien plus anciens, survenus lors de voyages scolaires ou pendant des activités en classe. Plusieurs anciennes élèves, aujourd’hui adultes, se sont manifestées. Dix-sept d’entre elles dénoncent des actes de viol perpétrés durant leur enfance, lorsqu’elles avaient entre 7 et 12 ans. Toutes décrivent un même procédé glaçant : le “jeu du goût”.
Ce soi-disant jeu éducatif consistait à deviner des aliments les yeux bandés. Mais selon les témoignages, il s’agissait en réalité d’un outil de manipulation utilisé par l’enseignant pour commettre ses crimes. Les gestes étaient banalisés, intégrés à des activités pédagogiques, rendant encore plus difficile leur identification à l’époque.
Une école privée sous le feu des critiques : silence et signalements ignorés
Un document interne de 2011, désormais versé au dossier, montre que la direction de l’école avait été alertée par une mère d’élève. Elle évoquait déjà ce fameux “jeu du goût”. La réaction de l’établissement ? Un simple “entretien de clarification” avec le professeur. Aucun signalement aux autorités, aucune enquête interne sérieuse.
Aujourd’hui, cette inaction est vivement critiquée. L’avocat de plusieurs familles de victimes parle d’un climat de silence pesant et d’une absence de mesures fermes. Ces négligences ont conduit à l’ouverture d’une enquête parallèle pour non-dénonciation de crime. Elle vise l’établissement en tant qu’institution, mais aussi certains de ses anciens responsables.
Des pratiques inquiétantes tolérées au sein de l’établissement
Au-delà des faits eux-mêmes, c’est tout un système de fonctionnement qui est remis en question. Plusieurs anciens élèves et parents évoquent des comportements troublants, déjà connus à l’époque. L’enseignant, par exemple, séparait les filles des garçons pendant le sport et leur demandait de se changer sous sa surveillance. Ces pratiques, jugées anormales, auraient pourtant été ignorées ou minimisées.
Face à l’ampleur de l’affaire, l’établissement scolaire, désormais partie civile, affirme « se tenir aux côtés des victimes ». Par l’intermédiaire de son avocat, il refuse toutefois de commenter l’enquête en cours, notamment sur les éventuelles responsabilités internes. L’affaire met en lumière le besoin urgent de mieux protéger les élèves et d’instaurer une culture de vigilance dans les milieux éducatifs.
