Un détenu partageait un espace avec deux agresseurs d’enfants dans la prison. Il raconte pourquoi et comment il a agi.
Au début de l’année 2020, une affaire troublante a attiré l’attention des médias aux États-Unis. Jonathan Watson, un homme condamné à la prison à perpétuité pour meurtre en 2009, a fait parvenir une lettre de confession au média américain Bay Area News Group. Pourtant, le contenu de cette lettre n’était pas lié au crime pour lequel il avait été jugé.Dans ce témoignage écrit depuis sa cellule, le détenu révèle une autre histoire, survenue plusieurs années après sa condamnation. Il y décrit les événements qui se sont déroulés à l’intérieur de la prison d’État de Corcoran, en Californie, et explique ce qui l’a poussé à agir contre deux autres détenus accusés d’agressions sur mineurs.
« J’allais rendre service à tout le monde »

Dans sa lettre, Jonathan Watson explique qu’il avait récemment été transféré dans un secteur à niveau de sécurité réduit de la prison. Selon lui, ce changement de statut a modifié ses conditions de détention : il est passé d’une cellule individuelle à un dortoir partagé avec plusieurs prisonniers.
D’après son récit, cette décision de l’administration pénitentiaire aurait été une erreur « imprudente ». En effet, parmi les nouveaux détenus installés dans le même espace se trouvait un homme condamné pour crimes sexuels sur enfants.
Watson affirme que la situation l’a profondément dérangé. Dans sa lettre, il raconte que cet homme – qu’il surnomme « agresseur n°1 » – regardait régulièrement des émissions pour enfants dans le dortoir, devant les autres détenus.
Pour Watson, ce comportement ressemblait à une provocation. Il explique avoir passé une nuit agitée, incapable de dormir, avec le sentiment que son instinct lui ordonnait d’agir. Il écrit :
« Je n’arrivais pas à dormir, parce que je n’avais pas fait ce que mon instinct me disait de faire immédiatement. J’ai donc préparé mes affaires, car je savais qu’une chose ou une autre se produirait le lendemain. »
Le lendemain, la tension aurait atteint son point culminant lorsqu’un autre détenu a fait une remarque sur le programme diffusé à la télévision. Watson affirme alors avoir répondu simplement : « Je m’en occupe. »
Selon son témoignage, il se serait ensuite servi de sa canne pour frapper le détenu qu’il accusait d’être un agresseur d’enfants.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Alors qu’il se dirigeait vers un garde afin d’avouer ce qu’il venait de faire, Watson affirme avoir croisé un autre prisonnier connu pour des faits de trafic d’enfants.
À cet instant, il dit avoir pris une décision similaire. Dans sa lettre, il écrit :
« Arrivé au niveau inférieur, j’ai aperçu un trafiquant d’enfants notoire et je me suis dit que j’allais rendre service à tout le monde. »
Le détenu ne regrette rien

Peu de temps après ces événements, les autorités pénitentiaires de Californie ont annoncé l’ouverture d’une enquête concernant la mort de deux détenus. Les victimes avaient subi de graves blessures à la tête.
Selon le California Department of Corrections and Rehabilitation, ces deux hommes purgeaient des peines de prison avec possibilité de libération conditionnelle malgré des condamnations pour agressions sur des enfants de moins de 14 ans.
Depuis ces faits, Jonathan Watson a été placé à l’isolement. Dans sa lettre, il affirme être conscient de sa situation particulière. Déjà condamné à la prison à vie, il estime avoir « peu à perdre ».
Il écrit notamment : « Étant condamné à perpétuité, je me trouve dans une position unique où j’ai parfois accès à ces personnes et où j’ai si peu à perdre. »
Le détenu conclut son témoignage en affirmant qu’il ne ressent aucun regret concernant ses actes. Selon lui, les agresseurs sexuels d’enfants représentent « le pire cauchemar de tous les parents ».
Cette confession a ravivé le débat sur la violence entre détenus, les conditions de détention et la gestion des prisonniers condamnés pour crimes sexuels dans le système carcéral américain.
