Le gouvernement a inscrit dans le budget de la Sécurité sociale 2026 la création d’un nouveau congé de naissance. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie de réarmement démographique défendue par Emmanuel Macron, dans un contexte marqué par une baisse continue de la natalité en France. L’objectif affiché est de renforcer l’accompagnement des familles au moment de l’arrivée d’un enfant et d’offrir davantage de flexibilité aux parents durant les premiers mois de vie du nouveau-né.
Présenté mardi par l’exécutif dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, ce nouveau dispositif vise à apporter un soutien supplémentaire aux jeunes parents. Selon les informations relayées notamment par Sud Ouest, il permettra à chaque parent de bénéficier d’un temps supplémentaire pour accueillir leur enfant dans de meilleures conditions.
Concrètement, chaque parent pourra disposer de deux mois de congé supplémentaires. Ce temps viendra s’ajouter aux dispositifs déjà existants, à savoir le congé maternité (16 semaines) et le congé paternité (28 jours). Les règles précises concernant l’indemnisation de ce congé seront définies ultérieurement par décret.
D’après le texte présenté par le gouvernement, les deux parents auront la possibilité de prendre ce congé en même temps ou de manière alternée. Cette souplesse permettra au couple d’organiser au mieux la présence auprès de leur enfant. Au total, la durée cumulée pourrait atteindre quatre mois pour le couple.
L’ambition du gouvernement est claire : offrir davantage de temps aux familles pour s’adapter à l’arrivée d’un bébé, une période souvent déterminante pour l’équilibre familial et le bien-être des parents comme de l’enfant.
Une promesse relancée après une pause politique
Le congé de naissance n’est pas une idée nouvelle. Emmanuel Macron l’avait déjà évoqué en janvier 2024 dans le cadre d’une politique visant à soutenir la natalité en France. Cette initiative faisait partie d’un ensemble de mesures destinées à répondre à la baisse du nombre de naissances observée ces dernières années.
Le projet avait cependant été mis en pause après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, un événement politique qui avait bouleversé l’agenda législatif du gouvernement. Sa réintroduction dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026 marque donc une volonté claire de relancer ce chantier prioritaire pour l’exécutif.
Au départ, le gouvernement envisageait même de remplacer le congé parental existant par ce nouveau dispositif. Finalement, cette piste a été réévaluée. Le PLFSS indique désormais que des travaux de réflexion seront engagés afin de réformer le congé parental, considéré comme de moins en moins utilisé par les familles.
Pour autant, sa suppression rapide semble peu probable. En effet, les difficultés persistantes liées aux modes de garde, notamment le manque de places en crèche, rendent ce dispositif encore nécessaire pour de nombreux parents.

Une indemnisation plus avantageuse en préparation
Un point central du futur congé de naissance concerne son niveau d’indemnisation. Le gouvernement souhaite rendre ce congé plus attractif que les dispositifs actuels afin d’inciter davantage de parents à en bénéficier.
La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises que ce nouveau congé serait mieux rémunéré que le congé parental actuel. Aujourd’hui, ce dernier permet de percevoir environ 400 euros par mois, une somme jugée insuffisante par de nombreux foyers.
Or, le congé parental peut durer jusqu’aux trois ans de l’enfant, ce qui explique en partie pourquoi certains parents hésitent à y recourir en raison de l’impact financier qu’il peut représenter.
En offrant davantage de temps aux deux parents et une indemnisation potentiellement plus élevée, l’exécutif espère encourager un meilleur partage des responsabilités familiales. Cette mesure pourrait ainsi contribuer à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle.
À terme, le congé de naissance pourrait devenir un outil stratégique poursuivant deux objectifs majeurs : soutenir la natalité en France et favoriser une plus grande égalité entre les parents dans l’organisation de la vie familiale et professionnelle.

