Une récente étude publiée ce jeudi met en lumière une réalité alarmante : près de 40,9 % des enfants à la fois victimes et auteurs de violences scolaires présentent au moins un trouble de santé mentale. Ces troubles apparaissent parfois très tôt, dès la maternelle, selon des témoignages diffusés ce vendredi sur RMC. Valérie, une mère de famille, raconte comment son fils a été poussé à bout par des camarades d’école.
Un enfant sur six potentiellement victime de harcèlement entre 6 et 11 ans

D’après les données de Santé publique France, environ 16 % des enfants âgés de 6 à 11 ans pourraient être concernés par le harcèlement scolaire. Ces enfants sont non seulement plus susceptibles d’être harcelés, mais aussi de présenter des symptômes de troubles mentaux. L’étude note également que certains jeunes cumulent les rôles : ils sont à la fois victimes et auteurs de comportements agressifs.
Des troubles psychologiques plus fréquents chez les enfants concernés
Les résultats sont clairs : qu’ils soient harcelés ou agressifs, ces enfants montrent davantage de signes de souffrance mentale que leurs camarades. Les troubles les plus fréquents sont liés à l’anxiété, l’hyperactivité, l’inattention ou encore des comportements défiants. Ce constat est appuyé par les nombreux témoignages entendus ce jeudi sur RMC, où des parents décrivent des cas de harcèlement vécus dès la maternelle.
“Votre fils n’est pas la priorité” : quand les alertes sont ignorées
Valérie, 54 ans, a partagé l’expérience bouleversante de son fils, alors en CE2. Pendant plusieurs semaines, l’enfant refusait d’aller à l’école et rentrait souvent en larmes. Un soir, il déclare à sa mère avec une inquiétante lucidité : “Je vais me tuer maman”. Un choc pour cette mère, d’autant plus que les autres élèves lui répétaient que “comme son père est mort, lui aussi devrait mourir”.
Quand elle tente de signaler la situation à la direction de l’école, la réponse est glaçante : “Votre fils n’est pas la priorité”. Face à ce rejet, Valérie contacte un psychologue qui confirme la détresse de l’enfant, puis alerte l’inspection académique. Cette fois, les autorités réagissent rapidement : “On est restés deux heures au téléphone, ils ont tout de suite pris des mesures”, se souvient-elle.
“Il a été étranglé” : une violence qui dépasse les mots
Laurence, 58 ans, se rappelle des coups subis par son fils Julian dès la primaire. Un élève arrivé récemment dans l’école s’en est pris à lui de manière répétée pendant plusieurs mois. Le garçon est devenu le souffre-douleur de la classe au point d’en perdre temporairement l’odorat après des violences physiques répétées.
“On l’a même étranglé”, raconte Laurence. Pourtant, l’école reste passive. Pire, lorsque son fils se défend après six mois d’abus, il est puni. Face à cette injustice, elle n’a d’autre choix que de porter plainte. Heureusement, Julian va mieux aujourd’hui. C’est un enfant résilient, capable de prendre du recul sur ce qu’il a vécu.
Des violences dès la maternelle : des parents désemparés

Vincent, 32 ans, raconte que sa fille a reçu un coup à la tête à l’école maternelle, provoquant une commotion. Plus tard, elle est de nouveau impliquée dans un conflit avec un autre élève. Désemparé, le père tente de lui donner des repères : “Tu ne fais pas de mal volontairement, mais tu dois savoir te défendre”.
Ces situations mettent en lumière l’impuissance de nombreux parents, souvent livrés à eux-mêmes, face à des établissements scolaires parfois inactifs ou dépassés par les événements.
Des profils à risque : familles monoparentales et situations précaires
L’étude note que les enfants impliqués dans des situations de harcèlement – qu’ils soient victimes ou agresseurs – viennent plus souvent de familles monoparentales, avec un parent ayant un niveau d’éducation inférieur ou égal au baccalauréat. Ces familles décrivent aussi une situation financière perçue comme difficile.
Enfin, on apprend que les filles sont plus fréquemment identifiées comme des victimes de harcèlement scolaire, mais adoptent moins souvent des comportements agressifs comparées aux garçons. L’étude ne tire pas de conclusions causales mais souligne des tendances préoccupantes à ne pas ignorer.
Source : BFMTV
