La pension de réversion soulève de nombreuses interrogations, surtout lorsqu’une personne a été mariée à plusieurs reprises et que plusieurs conjoints sont décédés. Ce sujet, loin d’être anodin, concerne particulièrement les femmes, dont les parcours de vie incluent parfois plusieurs mariages successifs.
Le cumul de pensions de réversion est bel et bien possible dans certaines situations, mais il répond à des règles très précises. Voici un éclairage complet pour mieux comprendre vos droits.
1. Qu’est-ce que la pension de réversion ?
La pension de réversion est une prestation qui permet à un conjoint ou ex-conjoint survivant de toucher une part de la retraite que percevait – ou aurait pu percevoir – le défunt.
Ce dispositif concerne exclusivement les couples mariés. Ainsi, les personnes ayant été pacsées ou en concubinage sont exclues du dispositif.
Cette aide financière a pour objectif de compenser en partie la perte de ressources causée par le décès du conjoint.
2. Quelles sont les conditions générales pour y avoir droit ?
a. Le statut matrimonial
Pour ouvrir droit à une pension de réversion, il est obligatoire d’avoir été marié(e) au défunt, y compris si le mariage s’est terminé par un divorce.
Un remariage ne fait pas disparaître les droits d’un ex-conjoint à la pension de réversion. Toutefois, il peut influencer le montant ou la répartition de cette pension avec d’éventuels autres bénéficiaires (ex-conjoints ou conjoint actuel).
b. L’âge minimum
Dans le cadre du régime général (Cnav), l’âge minimal requis pour déposer une demande est fixé à 55 ans.
c. Les plafonds de ressources
Cette pension est attribuée sous conditions de ressources. Pour l’année 2025, le seuil est fixé à 24 232 € par an pour une personne seule, et à 38 771,20 € pour un couple.
Si les revenus du demandeur dépassent ces montants, la pension peut être réduite voire refusée.
3. Peut-on toucher plusieurs pensions de réversion ?

La réponse est oui, mais cela dépend de plusieurs critères. Le cumul de pensions de réversion est envisageable si certaines conditions sont remplies :
a. Chaque union doit être légalement reconnue
Il faut avoir été mariée (et non pacsée ou en union libre) à chacun des conjoints décédés pour pouvoir prétendre à une part de leur retraite respective.
b. Les conjoints relevaient de régimes de retraite différents
Le cumul est possible uniquement si les deux défunts étaient affiliés à des régimes de retraite différents. Par exemple, si l’un dépendait du régime général et l’autre d’un régime de la fonction publique, alors le cumul est autorisé.
c. L’absence d’incompatibilité entre les régimes
Certaines caisses de retraite appliquent des règles exclusives. Si une incompatibilité existe entre les deux régimes concernés, il faudra alors choisir entre les deux pensions.
4. Comment est calculée la pension de réversion ?
En général, dans le régime général, la pension de réversion correspond à 54 % de la retraite de base du défunt.
Les régimes complémentaires ou spéciaux appliquent leurs propres taux de réversion, souvent différents.
Si plusieurs ex-conjoints survivants existent, la pension est répartie en fonction de la durée de chaque mariage. Plus le mariage a duré, plus la part de la pension attribuée est élevée.
En résumé : une possibilité réelle mais encadrée
Il est tout à fait possible de percevoir deux pensions de réversion si vous avez été mariée à deux personnes désormais décédées. Toutefois, cela n’est envisageable que si ces derniers étaient affiliés à des régimes de retraite différents et qu’aucune règle d’incompatibilité ne s’applique.
Pour avoir une vision claire et personnalisée de votre situation, il est essentiel de contacter les caisses de retraite concernées. Elles pourront vous informer précisément sur vos droits et sur le montant éventuel de la pension que vous pouvez recevoir.
